Homesick James

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Homesick James

Message par Flovia le Lun 10 Déc 2018 - 20:15

Homesick James
(2 mai 1924 – 13 Décembre 2006)


(Cliché, signé Jerry Griffith, figurant au recto de la pochette du LP 'Homesick James - Ain't sick no more' /Bluesway records – 1973)


James Henry Williams(on), alias 'Jick', alias William Henserson, alias 'Homesick' James est né à Somerville, dans le comté de Lafayette – Tennessee, très probablement en Mai 1924 (selon la source fiable du site web ''Wirz' american music''), alors que lui-même modifiait à l'envi la date de sa naissance, selon son humeur et les circonstances du moment, déclarant tantôt être né en 1905, 1910, ou 1914.

La jeunesse d'Homesick James demeure, malgré ce qu'il en a raconté de-ci delà, toujours très floue.
Les différents témoignages nous apprennent néanmoins que son père, Plez Williamson Rivers, métayer, jouait de la caisse claire dans l'orchestre légendaire du 'Broadnax fife and drum band' , tandis que sa mère, Cordelia Henderson, bonne chanteuse, pratiquait aussi la guitare.
Et, comme la plupart des bluesmen, il a chanté à l'église dès son plus jeune âge.

Il disait s'être formé au jeu de guitare slide en autodidacte dès l'age de 8 ans, et dans le dos de sa mère, celle-ci n'ayant jamais voulu lui en montrer les rudiments de peur qu'il n'embrasse cette profession hasardeuse de bluesman itinérant. Il semblerait aussi qu'il ait appris quelques rudiments auprès de Red Howell,  lui-même fermier au Tennessee.

L'envie de pratiquer la slide lui est pourtant venue de sa mère qui aimait jouer le morceau 'John Henry' en faisant naviguer un canif sur le manche de sa guitare, posée à plat sur ses genoux, ce qui produisait des sonorités pleurnichardes, aussi étranges qu'obsédantes, technique que le jeune James reprit à son compte pour jouer le blues.


(Cliché, signé Frank Nazareth, figurant au recto de l'album 'Homesick James and Snooky Prior 1973 -Shake your money maker' /Krazy Kat records – 1984)

Blind Blake, de passage à Somerville,  fut le premier guitariste qu'il se rappelle avoir vu employer le bottleneck.
Comme beaucoup, il s'est ensuite attaché à reproduire ce qu'il entendait jouer sur les disques.

Il dit aussi avoir débuté ses prestations publiques à l'adolescence, dans des réunions dansantes locales, pique-niques, soupers campagnards, dans les rues et petites tavernes de Somerville en échange de menus pourboires.

Personnage plutôt énigmatique, James n'hésitait pas à enjoliver son statut et parcours, déclarant être le cousin aîné d' Elmore James (né en 1918), affirmant lui avoir acheté sa première guitare et lui avoir enseigné la slide. Rien de moins ! Elmo James démentit leur cousinage, sans toutefois attacher de l'importance à la propagation de ces fables auxquelles Homesick tenait visiblement beaucoup.

De même, Homesick prétendait avoir fait la connaissance de Robert Johnson (bluesman, pour rappel, né en 1911 et actif de 1929 à 1936). Il disait encore avoir joué avec Blind Boy Fuller (né en 1907, actif dès 1928).
Dès lors, l'on ne peut que constater une certaine cohérence entre ses différentes déclarations et les libertés prises avec sa date de naissance, puisque que chacune d'elles tendait à corroborer ses dires. (Étant entendu qu'il serait décédé centenaire s'il était véritablement né en 1905 : soit une belle longévité !)


Cliché de Homesick James chez et avec ses parents, signé Pete Lowry, et figurant au dos du LP 'Homesick James : Goin' back home' /Trix records -1977)

L'énumération de ses collaborations avec Yank Rachell, Sleepy John Estes, et Big Joe Williams  paraissent déjà plus vraisemblables, dans la mesure où tous furent un bon moment ses contemporains.

Homesick  raconte s'être enfui du foyer parental à l'âge de douze ans, afin d'échapper au travail de la ferme et des champs, avoir traversé le Tennessee et s'être arrêté un moment en Caroline du Nord, avant de remonter vers le nord du pays pour échapper de nouveau à ses parents qui avaient réussi à le localiser. Il assure ne les avoir pas revus avant l'aube de ses 21 ans.

Tantôt il dit avoir gagné Chicago à l'âge de 16 ans, tantôt s'y être rendu dans sa dix-neuvième année.
Sans autre précision, son installation dans l'Illinois se voit couramment située au milieu des années 30.  
Il pose d'abord ses pénates à Morris (Illinois) où il travaille dans un restaurant jusqu'à ce qu'il ait suffisamment économisé pour s'offrir une bonne guitare acoustique.

De là,  il gagne Chicago, et s'infiltre avec beaucoup d'aplomb dans différents petits clubs de la métropole, sur Madison Street, State Street, Clark Street. Sa méthode consistait à s'asseoir à l'écart, de longs moments, tout en grattant innocemment sa guitare.
Les gérants, tolérants, le laissent faire. Petit à petit, il gagne ainsi du terrain jusqu'à parvenir à se faire rémunérer un ou deux dollars la soirée. Le reste du temps, il joue aux dés et aux cartes in-situ.
Nombre de ses anciens copains ont procédé de la même manière pour arriver à se faire connaître, dont l'artiste John Henry Barbee.

Toujours sur place, il part également à la recherche des meilleurs bluesmen chicagoan.
Il se rappelle avoir ainsi suivi de près Big Bill Broonzy et Lonnie Johnson dont il appréciait particulièrement le travail.

Homesick n'est ensuite pas long à se produire dans différentes petites tavernes de la Windy city, gagnant peu, mais engrangeant expérience et confiance en lui.


(Cliché figurant au dos du LP 'Homesick James : The Country blues' (BlueOnBlues records – 1971)

Toujours selon les affirmations du bluesman, il aurait commencé à enregistrer pour Victor/ RCA records en 1937 à l’hôtel Peabody de Memphis, se remémorant y avoir gravé sur cire le titre 'Whiskey Headed Woman' , quoique cet enregistrement n'ait jamais pu se voir confirmé.

Il soutient aussi avoir débuté la guitare électrique en 1938, sur une Sears/Roebuck et petit ampli 'Shoebox'.

L'année suivante, il dit avoir enregistré chez Vocalion, en tant que second guitariste, sur quelques titres du chanteur-guitariste Little Buddy Doyle. Ce jour-là, raconte-t-il, il jouait en alternance avec Willie Tango, autre guitariste, et en compagnie de Big Walter Hornton à l'harmonica.

Vers la toute fin des années 30, Homesick forme un petit orchestre avec lequel il parcourt les routes du Sud.
Il s'arrête tout d'abord dans des villes comme Dyersburg et Brownsville (Tennessee), où il se souvient avoir partagé la scène avec le mandoliniste Yank Rachell et le chanteur-guitariste Sleepy John Estes. Il aurait ainsi voyagé dans tout le pays, et même plusieurs fois jusqu'à la côte Ouest.

Il continue dans cette voie jusqu'à la fin des années 40, et signale que 'Baby Face' Leroy Foster , James 'Snooky' Prior et le batteur Jimmy Robertson furent plusieurs fois ses sidemen.

Sur Chicago, et en dehors de son travail journalier en usine, il se produit les vendredis et samedis soirs avec la formation d'Horace Henderson au 'Circle Inn'. Il travaille aussi avec le pianiste Jimmy Walker qui a ses habitudes au 'Square Deal Club'.

A la fin des années 40 et durant les années 50, il joue avec Sonny Boy Williamson II (alias Rice Miller) et avec Elmore James.

Au début des 50's, il travaille aussi au sein d'autres formations comme celles de 'Baby Face' Leroy Foster, Snooky Prior, Floyd Jones, et Lazy Bill Lucas.

Ses premiers enregistrements guitare/ chant connus datent de 1952, avec les singles ''Lonesome Ole Train" & ' Farmers blues'' gravés chez Chance records. Il y est soutenu par Bill Lucas au piano et Alfred Elkins à la basse.
Le titre "Homesick'', un single de 1953 gravé sous le patronyme de James Williamson & his trio (avec le renfort de Johnny Shines à la guitare) lui fournit, quant à lui, son sobriquet de scène.

'Homesick' – James Williamson (1953)


A partir de 1954, il commence à sporadiquement tenir la basse pour  Elmore James, avant de devenir son bassiste attitré, de 1958 à Avril 1960.
Il est ensuite promu deuxième guitariste des Broomdusters, assurant occasionnellement la guitare lead, et contribue à des titres aussi connus que 'Dust my broom', 'The sky is crying' , 'Can't hold out' ou 'Rollin and tumblin'.

Elmore James aurait succombé sur le canapé de Homesick, le 24 Mai 1963, alors que celui-ci cherchait désespérément ses pilules pour le cœur.

Après le décès d'Elmo, Homesick joue avec son propre groupe dans les petits clubs du Southside et Westside chicagoans, tels le 'Sham rock' & le 'Pride and Joy' , parmi d'autres.

En 1962, Homesick enregistre pour les labels Colt (notamment les titres 'Can't afford to do it'/ 'Set a date' avec le concours de 'Hound Dog' Taylor à la basse).

'Set a day' – Homesick James


Il poursuit ses sessions studio chez USA records, en 1963, avec la reprise du 'Crossroads' de R. Johnson (joué à l'époque dans un style de slide plus proche de Johnson que d'Elmo James), et 'My baby's sweet', chanson qui remporte un gros succès sur Chicago, assied sa notoriété et participe à le faire repérer par le label Prestige.

'Crossroads' – Homesick James (1963)


'My Baby's Sweet' – Homesick James (1963)


En Janvier 1964, il enregistre à Chicago son premier album 'Blues on the Southside' chez Prestige records, avec Lafayette Leake au piano, Lee Jackson à la basse & Clifton James aux drums.

Il ne reprendra le chemin des studios pour son propre compte qu'en 1970, à l'occasion d'une tournée du Chicago blues festival en Europe. Et c'est à Bordeaux qu'il enregistre, sous la houlette de Jean-Marie Monestier, pour le label Français Black & Blue, et aux côtés de Roosevelt Sykes, Eddie Taylor, Louis Myers, Dave Myers et Fred Below.


(cliché de Roosevelt Sykes & Homesick James, signé Jean-Pierre Tahmazian et figurant au recto dudit LP  'Roosevelt Sykes/ Homesick James – Chicago blues Festival' , Vol 1 /Black & Blue, 1971)

Car en effet, au cours des années 70, l'enthousiasme européen pour le blues lui procurant de nouveaux engagements, il effectue pas moins de cinq déplacements sur le vieux continent, où il se produit souvent en duo avec Snooky Prior.

En 1973, il remporte un franc succès au cours de la tournée européenne de l'American Blues Legends.
C'est aussi à cette même époque qu'en compagnie de Floyd Jones il renoue publiquement sur Chicago avec le jeu en acoustique (délaissé depuis une bonne trentaine d'années), alors qu'au cours de ses tournées européennes il s'y était déjà plusieurs fois livré.

Homesick disait apprécier cet accompagnement en acoustique solo, ce qui lui évitait des problèmes d'open tuning en mode électrique avec ses sidemen, lesquels n'assimilaient guère ni son accordage un rien spécial, ni son sens du timing musical approximatif, trop souvent décalé.

Homesick James – 'Highway 51' (1975/ LP 'Home Sweet Homesick James' - Big Bear records)


Ses performances à la guitare acoustique révèlent l'influence de grands noms du country blues comme Blind Boy Fuller, Lonnie Johnson, Tommy McClennan, Brownie McGhee, Sleepy John Estes, Big Bill Broonzy, Robert Johnson et Memphis Minnie .

Homesick James - 'Lonesome train' (1975)


Mais James reconnaît volontiers que par manque de méthode initiale il n'a jamais vraiment pu les imiter avec succès, de même qu'il a adapté les paroles à sa manière et c'est pourquoi toutes ses reprises ressemblent tant à ses propres compositions.

Homesick James – 'Homesick's original dust my broom' (1975 / LP 'Home Sweet Homesick James' - Big Bear records)


Il n'a pas renoncé pour autant à l'électricité, seul moyen de se faire entendre au milieu de cette circulation automobile infernale et de tous ces gratte-ciels.

En Septembre 2000, Homesick James, Robert Lockwood Jr, Henry Townsend & David Honeyboy Edwards rendent hommage à la légende du Delta blues, Robert Johnson, à l'occasion de deux concerts donnés au BB King's club de New York.

En Juillet 2006, Homesick, toujours vif mais déjà malade, apparaît pour la dernière fois sur la scène anglaise, à l'occasion du Maryport blues festival, toujours aux côtés de David Honeyboy Edwards et de Robert Lockwood Jr.

Il est décédé chez lui, à Springfield (Greene county - Missouri), le 13 Décembre 2006 et repose désormais à Covington dans le Comté de Tipton , au Tennessee.



(cliché de Homesick James par Mary-Ann Brandon - pochette verso du LP  'Homesick James & The Hypnotics - 'Sweet home Tennessee /Appaloosa records -1992)


Chez Homesick, le jeu de slide est sobre, plus sévère et doté d'une tonalité plus acide que celui d'Elmo James. Son style de guitare était, au départ, généralement considéré plus agressif et haché que celui de son prétendu cousin, quoique d'une intensité similaire. Mais il s'est raffiné au fil des années, on le constate nettement au fil de sa discographie.  
Il utilisait des open tunings peu courants comme l'accordage en B (Si).

Côté chant, sa voix vibrante s'accordait au mieux avec les inflexions de sa guitare baptisée 'Nellie Bell', créant une atmosphère envoûtante, assez unique.


(clichés de Homesick par Pete Lowry, présent au dos du LP 'Homesick James : Goin' back home' /Trix records -1977)


Sources :  Notes de Keith Tillman figurant au verso de l'album 'Bottleneck guitar blues by Homesick James & his Chicago blues band' (Juke records – 1965) ; notes de Pete Welding transcrites au dos de l'album 'Homesick James – Blues on the southside' (Prestige – 1965) ; notes de Samuel Charters - LP 'Chicago/The Blues/ Today ! Vol  2 (Vanguard records – 1966) ; notes de Jacques Morgantini – LP 'Roosevelt Sykes/Homesick James – Chicago blues Festival – Vol 1' (Black & Blue -1971) ; notes de Homesick James – LP 'Homesick James :The Country blues' (BOB records – 1971) ; notes de Jim O'Neal – LP 'Homesick James : Goin' back home' (Trix – 1977) ;
Site Earwigmusic / Blog Life blues highway/ Homesick James veteran blues– commentaire de Michael Frank ; Site The Guardian (27 Janv 2007) ; Site Wirz' American Music ; Wikipedia.



Discographie :

*Homesick James – 'Blues on the Southside' (1965 – Prestige) = 'Bottleneck guitar blues' – Homesick James & his Chicago blues band (Juke JLP records)

*Homesick James – 'The country blues' (1971 – BoB records) avec Dave Myers, Eddie Taylor, Snooky Prior, Willie Williams.
*Homesick James & Roosvevelt Sykes – Chicago blues festival Vol 1 (1971 – Black & blue)
*Homesick James – Ain' sick no more (1973 – Bluesway records)
*Homesick James  & Snooky Prior (1973 – Big Bear records)
*Homesick James – Home sweet (1975 - Big Bear records) (dont les quatre premiers titres sont joués en acoustique).
*Homesick James – ''Chance'' vintage Blues R1B crops - Vol 2 (compil unissued tracks 1977 / P-Vine)
*Homesick James – 'Goin' back home' (compil 1977 – Trix records) , joué en acoustique avec Lou Ella Smith au conga.
*Homesick James  & Snooky Prior – 'Sad and lonesome' (1980 – Wolf records, enregistré à Vienne -Autriche, en 1979)
*Homesick James & Snooky Prior – 'Shake your monet maker - Live 1973 Germany'(1984 -Krazy Kat records)
*Homesick James & the Hypnotics – 'Sweet home Tennessee' (1992 – Appaloosa records )
*Homesick James – 'Juanita' (1993 – Evidence records)
*Homesick James – 'Goin' back in the times' (1994 - compil Earwig records)
*Homesick James – 'Got to move' (1995 - Trix records)
*Homesick James – 'Live from the Stanhope house' (1995 – Stanhope House HR records)
*Homesick James – 'Words of wisdom' (1997 - Icehouse records, enregistré en 1992,93 & 95 à  Nashville)
*Homesick James – 'Last of the Broomdusters' (1998 – Fedora records)
*Homesick James – 'Chicago slide guitar legend' (compil 1998 – Official records)
*Homesick James - 'My home ain't here' -The New Orleans session (2004 – Fedora records)


(Cliché signé Frank Nazareth, avec de G à D : Snooky Prior, Homesick James & Eddie Taylor, et figurant au verso du LP 'Homesick James and Snooky Prior 1973 -Shake your money maker' /Krazy Kat records – 1984)


Liens d'écoute d'albums complets:

¤ Roosevelt Sykes/ Homesick James – 'Chicago blues Festival 1970' (face B – Black & Blue /Blues greatest names)
https://youtu.be/aShQoQWqH2w
(titres 'I believe my baby's gone' ; 'I've got to move' ; 'Can't do it' ; 'Homesick's rock' ; 'That's all right for you' ; 'Shake your money maker')


¤ Homesick James – 'Ain't sick no more' (Bluesway records, 1973)
(enregistré à Chicago en 1973 avec Homesick James/vocaux, guitare ; Snooky Prior/ harmonica ; Eddie Taylor/guitare ; Dave Myers/ basse ; Willie 'Big eye' Smith/ batterie)
https://youtu.be/e29dAITBvLI

¤ Homesick James & Snooky Prior (Big Bear records, 1973)
(enregistré aux studios de Chalk Farm en Fév & Mars 1973 avec Homesick James/ vocaux & guitare ; Snooky Prior/vocaux & harmonica ; Bob Brunning/basse ; John Hunt/batterie ; Bob Hall/piano)
https://youtu.be/RIZxglEFc2M
(titre 'Crossroads' , puis laisser en lecture auto pour les 10 titres suivants)


¤ Homesick James & the Hypnotics – 'Sweet home Tennessee' (Appaloosa records, 1992)
(enregistré en Juillet 1991 à Nashville, avec Homesick James/vocaux, guitare ; Casey Lutton, Fred James & Bleu Jackson/ guitare; Doug Cook/ basse ; Richard Fleming & Walter Ferguson/piano ; Billy C.Farlow & Rags Murtagh/ harmonica ; Waldo Latowsky/ batterie)
https://youtu.be/9ysTzJ7KokA


¤ Homesick James – 'Juanita' (Appaloosa, 1993)
(enregistré à Nashville en Fév 1993,  avec Homesick James/vocaux, guitare ; Fred James & David 'Guitar' Jones/ guitare rythmique; Casey Lutton/ basse; Jim Carstein/ batterie)
https://youtu.be/J9VNPFg14wA


¤ Homesick James – 'Words of wisdom' (Icehouse records 1997)
(enregistré à Nashville en 1992,1993 &1995,  avec Homesick James/vocaux, guitare ; Billy C.Farlow/harmonica ; Fred James / guitare, basse, drums ; David 'Guitar' Jones/ guitare rythmique; Casey Lutton/ guitare; Waldo Latowsky & Jim Karstein/ batterie)
https://youtu.be/wkmqxfzYELI


¤ Homesick James - 'Shake your money maker' (2007 Blue Label records)
(Compil' Enregistrements live de 1999, Suisse, avec Homesick James/ Vocaux, slide guitare ; Fred James/guitare ; Jeff 'Stick' Davis/basse ; Andy Arrows/ batterie & Bleu Jackson/guitare)
https://youtu.be/5F4Enz2uSdU



Cliché de Homesick par Mary-Ann Brandon - pochette recto du LP  'Homesick James & The Hypnotics - Sweet home Tennessee /Appaloosa records -1992)


PS: Bio à rapprocher du sujet créé par Jungleland et consacré au  'Décès de Homesick James'
(cf :  http://www.aupaysdublues.com/t1021-dcs-de-homesick-james-williamson?highlight=homesick+james )


Dernière édition par Flovia le Mer 12 Déc 2018 - 18:19, édité 1 fois
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Re: Homesick James

Message par Mirage3 le Lun 10 Déc 2018 - 20:47

Merci Flovia. C'est bien intéressant.
Sait-on pourquoi avoir choisi le pseudo de Homesick au début de sa carrière ?

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Re: Homesick James

Message par Flovia le Mar 11 Déc 2018 - 11:39

Mirage3 a écrit:
Sait-on pourquoi avoir choisi le pseudo de Homesick au début de sa carrière ?

Eh bien, en dehors de l'un de ses premiers morceaux, 'Homesick' (revisité plus tard en 'Homesick blues'), qui a certainement influencé son entourage à lui donner ce sobriquet, je n'ai rien lu à ce sujet, Jean-Paul.
Les lyrics du titre 'Homesick' laissent néanmoins supposer qu'il a dû, à un moment ou à un autre, avoir le mal du pays, surtout après s'être enfui si jeune du domicile familial.


Ta question me rappelle que l'artiste bénéficiait d'un autre surnom: 'Lookquick'.
Sur le site web du label Earwig, Michael Frank l'évoque dans son article consacré à Homesick James. *

D'après lui, le musicien ne tenait pas en place.
Il explique que Homesick se déplaçait très souvent, sans prendre la peine de prévenir qui que ce soit.
Il avait d'ailleurs déménagé plusieurs fois sur Chicago-même, puis était parti s'installer à Nashville, puis à Atlanta, ensuite dans le nord de la Californie, puis à Covington (Tennessee), et à Springfield (Missouri), tout cela au cours de leurs vingt-trois années de fréquentation. Ainsi, 'Lookquick', son deuxième surnom, lui était-il, selon Franck, tout à fait approprié.

En effet, 'Homesick' / 'Lookquick' avertissait son monde de la façon suivante: '' Regardez-moi 'vite fait, bien fait', parce que demain je serai peut-être parti.''.

Frank raconte ainsi qu'un beau jour il avait accompagné Homesick se faire renouveler son passeport. Alors qu'il attendait patiemment son retour des locaux administratifs dans sa voiture, Homesick avait abandonné l'idée sur un coup de tête, et regagné son domicile en taxi sans en prévenir le producteur.
H.J.  lui avait plus tard confié s'être inquiété pour Mama Rosa, sa femme, qui avait décidé de les rejoindre afin de passer davantage de temps avec lui. Tous deux s'étaient pourtant séparés plusieurs années auparavant, et Homesick avait depuis longtemps quitté cette ville. Et cependant, il avait néanmoins séjourné chez elle durant toute la période où il était à Chicago pour enregistrer ses sessions pour Earwig music.
Ce genre de décision cavalière, a priori spontanée, puisque reflet de ses sentiments du moment, mais sans mesurer préalablement l'impact sur les autres personnes de son entourage, était, selon Franck, typique du bluesman.


* Cf : Blog 'Life on the blues Highway'/ Homesick James - Veteran blues of the Blues.

Wink
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Re: Homesick James

Message par Phil cotton color le Mar 11 Déc 2018 - 15:06

Vraiment un personnage ce Homesick James, un genre de talent et de vie tout court évidemment bien éloignés de ceux des musiciens de notre époque. Un vrai bluesman quoi...

J'ai toujours aimé sa musique pourtant plutôt fruste et peu flashy, parfois assez répétitive et un peu foutraque, que ce soit dans un contexte orchestral ou en solitaire.
Alors certainement pas un grand technicien et styliste, ni un grand créateur d'ailleurs, mais il se dégage pourtant de ses enregistrements, voix et guitare, un charme et un feeling très particuliers qui me touchent.

Et puis, je n'oublie pas qu'il a commis avec son compère Snooky Pryor une galette que je considère comme l'un des meilleurs albums de Chicago Blues de tous les temps : le Big Bear (Caroline) "Homesick James & Snooky Pryor".
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Re: Homesick James

Message par Flovia le Mer 12 Déc 2018 - 18:50

Le Big Bear / Caroline 'Snooky Prior & Homesick James' de 1973 est aussi l'un de mes LP préférés d'Homesick James, avec le Big Bear 'Home Sweet Homesick James' de 1975. Je lui trouve beaucoup de feeling, seul en acoustique (bien davantage qu'en formation électrique, à mon sens).

Phil cotton color a écrit:
J'ai toujours aimé sa musique pourtant plutôt fruste et peu flashy, parfois assez répétitive et un peu foutraque, que ce soit dans un contexte orchestral ou en solitaire.
Oui, je reconnais qu'il part parfois un peu en vrille, y compris en solo (ses vocaux dérapent, par moments, eux-aussi...) mais c'est plus touchant que vraiment gênant.


...Autre anecdote de Michael Frank, à ce propos:

D'après lui, Homesick était un homme orgueilleux, mais qui tenait la plupart du temps parole. Il était également satisfait de pouvoir réparer lui-même ses guitares, et tout aussi fier de l'ampleur de ses connaissances musicales.

Et pourtant, Frank explique sur son blog que jouer avec Homesick James relevait du véritable défi, car le guitariste avait tendance à être en avance sur les grilles d'accords, ce qui l'obligeait à des ''redressements'' (turnarounds)  assez imprévisibles.
Ses partenaires musiciens devaient donc être en mesure d'anticiper ce qu'il allait faire.

Et c'est la raison pour laquelle Frank avait embauché, pour l'album 'Goin' back in the times', les meilleurs musiciens de Chicago, parmi ceux qui connaissaient bien sa façon de jouer.
Homesick et lui avaient arrêté leur choix sur le pianiste Sunnyland Slim, le bassiste Bob Stroger, le batteur Robert Covington et l'harmoniciste Lester Davenport.

Le pdg d'Earwig évoque la veille de la session, où Homesick, pourtant logé à proximité, refusa de venir à la séance de répétition organisée à son domicile.
Les musiciens étaient déjà tous arrivés lorsque Michael Frank décida d'aller le chercher à son motel. Mais le bluesman ne voulut tout simplement pas répéter, et ne fournit aucune explication à ce sujet.  
Le lendemain, 27 Août 1992, jour d'enregistrement aux studios Delmark, Homesick se disputa dès le début de la séance avec Bob, Robert et Lester, leur reprochant de mal interpréter sa musique.
Des injures prirent le relais.
Stroger et Covington, connaissant pourtant fort bien le tempérament vif-argent de Homesick, répliquèrent qu'il était le seul à foirer, et qu'ils n'allaient certainement pas se laisser insulter sans broncher.
Lester, en revanche beaucoup plus pragmatique, essaya de calmer le jeu afin que tous puissent terminer la séance.
Sunnyland dut probablement adopter la même attitude, bien que Michael Frank ne se souvînt plus trop de sa réaction face à l'odieux comportement de James.
Le producteur dit avoir paniqué, ce jour-là, parce qu'il avait beaucoup dépensé pour cette session et craignait qu'elle ne soit ratée.
Aucun enregistrement de cette session ne fut d'ailleurs utilisé pour l'album, ni jamais réécouté, depuis.
De retour à son hôtel, Homesick s'était comporté comme si de rien n'était, bien qu'il ait constaté colère et déception chez Frank.
Il s'était assis sur son lit et s'était mis à jouer du Lonnie Johnson en attendant que son producteur se calmât.
Et il avait si bien joué, à ce moment-là, que son vis-à-vis eût la conviction qu'il essayait sciemment de lui faire oublier sa piètre prestation studio.
Frank lui avait alors fait promettre de jouer aussi bien le lendemain, pour la partie des morceaux en acoustique qu'il devait encore enregistrer en solo, et en duo avec Honeyboy Edwards.
Homesick tint parole et interpréta des morceaux inédits, avec de belles variations dans différents styles.

Source: Site earwigmusic;com/ blog-life-blues-highway/Homesick James - Veteran of the Blues
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Re: Homesick James

Message par Jipes le Mer 12 Déc 2018 - 20:43

Superbe portrait de ce slideur brut de décoffrage je suis longtemps passé à côté lui préférant Hound Dog voire même Elmore James mais avoir écouté tous ces clips You Tube me donnent envie de m'y replonger. Il me semble bien que j'ai un LP de lui sur Ace Records faut que je farfouille dans mes étagères lol!
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https://www.mixcloud.com/radio-mne/playlists/kind-of-blues/

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Re: Homesick James

Message par Phil cotton color le Jeu 13 Déc 2018 - 16:05

Flovia a écrit:...Autre anecdote de Michael Frank, à ce propos:
...
Cette anecdote reflète bien le caractère parfois très difficile de beaucoup de bluesmen de la grande époque, souvent méfiants, individualistes et volontiers susceptibles et colériques, caractère évidemment façonné ou accentué par leur vie dure et mouvementée, par l'alcool aussi (ou la drogue) il faut bien le dire. Pas du romantisme à l'eau de rose la vie de bluesman, et pas des petits anges les lascars !  Evil or Very Mad

Evidemment la personne extérieure qui devait ou voulait les côtoyer, eux et leur monde, avait souvent des surprises ! On pense bien sûr à Mike Bloomfield, malade à crever à vouloir suivre Big Joe Williams en virée , ou à Don Law bien surpris par Robert Johnson la veille au soir de sa première session d'enregistrement à San Antonio : Johnson l'appelle de l'office de Police pour que Don vienne le faire libérer, car il a été embarqué et à moitié tabassé par les flics.Rolling Eyes  Puis après l'avoir ramené à son hôtel, Law reçoit un second coup de fil de Johnson une heure plus tard : il a trouvé une fille qui veut coucher avec lui, mais il n'a pas assez d'argent... Laughing


Dernière édition par Phil cotton color le Ven 14 Déc 2018 - 11:56, édité 1 fois
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Re: Homesick James

Message par Old_Debris le Ven 14 Déc 2018 - 8:14

Toujours sur le pont et avec le même talent.....   sunny

Juste un petit mot pour signaler sur le sujet consacré à son décès (ton PS), l'intervention de Les Richard Forgue sous le pseudo de Tumvleweed les un guitariste de Chicago qui participait au forum il y a quelques années et était ami avec Homesick ayant apprit la guitare avec lui.
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Re: Homesick James

Message par Flovia le Ven 14 Déc 2018 - 15:09

C'est gentil, Titi!    

... Je me souviens bien de 'Tumbleweed Les', également inscrit sous les différents pseudo de 'Red Lester Forgue', et 'Les Richard Forgue', qui intervenait très épisodiquement (d'où l'oubli de ses mots de passe, j'imagine...), et dont nous n'avons plus de nouvelles depuis probablement six, voire huit ans.
Je savais qu'il était guitariste et chanteur, habitait Chicago, mais j'ignorais totalement qu'il avait étudié le blues avec Homesick James.
Es-tu sûr de cette information?  
Si tel est le cas, je vais essayer de le contacter par l'intermédiaire du blindman's blues forum, sait-on jamais... Peut-être nous en apprendra-t-il davantage au sujet de H.J.? Wink
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Re: Homesick James

Message par Flovia le Ven 14 Déc 2018 - 15:12

Jipes a écrit: Il me semble bien que j'ai un LP de lui sur Ace Records faut que je farfouille dans mes étagères lol!

Il doit probablement s'agir d'une réédition Ace en CD de l'enregistrement 1964 Prestige 'Blues on the southside'. Wink
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Re: Homesick James

Message par Flovia le Ven 14 Déc 2018 - 15:55

Phil cotton color a écrit:
Flovia a écrit:...Autre anecdote de Michael Frank, à ce propos:
...
Cette anecdote reflète bien le caractère parfois très difficile de beaucoup de bluesmen de la grande époque, souvent méfiants, individualistes et volontiers susceptibles et colériques, caractère évidemment façonné ou accentué par leur vie dure et mouvementée, par l'alcool aussi (ou la drogue) il faut bien le dire. Pas du romantisme à l'eau de rose la vie de bluesman, et pas des petits anges les lascars !  Evil or Very Mad

Evidemment la personne extérieure qui devait ou voulait les côtoyer, eux et leur monde, avait souvent des surprises ! On pense bien sûr à Mike Bloomfield, malade à crever à vouloir suivre Big Joe Williams en virée , ou à Don Law bien surpris par Robert Johnson la veille au soir de sa première session d'enregistrement à San Antonio : Johnson l'appelle de l'office de Police pour que Don vienne le faire libérer, car il a été embarqué et à moitié tabassé par les flics.Rolling Eyes  Puis après l'avoir ramené à son hôtel, Law reçoit un second coup de fil de Johnson une heure plus tard : il a trouvé une fille qui veut coucher avec lui, mais il n'a pas assez d'argent... Laughing

Ils étaient véritablement impayables, nos anciens bluesmen! Et pas non plus enfants de cœur pour un sou!...
A cet égard, la petite bio que j'avais rassemblée au sujet de Pate Hare était un modèle en soi.... Jaloux comme un pou, leveur de coude invétéré, bagarreur en diable une fois ivre, Pate jouait promptement du couteau ou de la gâchette... L'ultime carton qu'il fit au domicile de sa dernière bonne amie en témoigne tragiquement...

Bref, pour la plupart inconstants, infidèles, menteurs comme des arracheurs de dents, fainéants, magouilleurs, pochetrons finis, souvent le flingue ou le coutelas facile, repris de justice pour certains, mais... attachants, quoi!!! Et tellement talentueux qu'on leur pardonne bien des travers!

On pourrait presque élargir l'inventaire à l'infini. Et jusque parmi les blueswomen, où il y avait aussi quelques jolis spécimens du genre, comme par exemple la louve Jessie Mae Hemphill, la guitare dans une main, son pistolet dans l'autre (et j'exagère à peine). lol!
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Re: Homesick James

Message par sergio88 le Lun 17 Déc 2018 - 9:48

Flovia a écrit:
Je savais qu'il était guitariste et chanteur, habitait Chicago, mais j'ignorais totalement qu'il avait étudié le blues avec Homesick James.
Es-tu sûr de cette information?

Oui, il en a parlé dans un de ses posts.

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Re: Homesick James

Message par Flovia le Lun 17 Déc 2018 - 17:43

Oui oui, Serge, je m'en suis aperçue en relisant le sujet de Didier jusqu'à son terme.
...Et puis, j'abandonne l'idée d'en savoir davantage par l'intermédiaire du Blindman's forum, n'ayant aucune envie de m'inscrire sur tapatatalk, plateforme par laquelle il faut impérativement passer pour y accéder. Tant pis!...
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