Le blues et le cinéma

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Re: Le blues et le cinéma

Message par jb28 le Lun 30 Nov 2009 - 10:42

Sympa ce petit trailer, mais n'étant pas en situation d'investisseur, on va faire comme tu dis, on va attendre que ça se fasse ... Cool
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Re: Le blues et le cinéma

Message par Invité le Lun 30 Nov 2009 - 10:46

Pareil que JB Twisted Evil

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Re: Le blues et le cinéma

Message par Invité le Ven 7 Mai 2010 - 20:41

Kikavussa...?








C'est un court-métrage à voir ici en entier ( et en anglais..)
...
http://www.imdb.com/video/wab/vi76219417/
...

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Re: Le blues et le cinéma

Message par Jungleland le Lun 10 Mai 2010 - 14:38

totalement inconnu en ce qui me concerne confused

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Re: Le blues et le cinéma

Message par Invité le Lun 10 Mai 2010 - 16:46

Pareillement en ce qui concerne les zicos également Evil or Very Mad

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Re: Le blues et le cinéma

Message par Jungleland le Lun 10 Mai 2010 - 17:04

il y a un site qui en dit un peu plus sur ce court métrage : http://www.travelintrains.com/

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Re: Le blues et le cinéma

Message par Invité le Ven 20 Aoû 2010 - 10:40

On en à déjà parlé ici mais pour les petits nouveaux...

» TRACKS « est un documentaire de 26 minutes qui s’adresse aux fans de BLUES et à tous les curieux qui s’interrogent sur l’Amérique.
...
http://filmsjohndoe.wordpress.com/across-the-tracks/
...
Le film est visible en streaming ici:( cliquez sur la petite flèche rouge puis verte...)
...
http://www.megavideo.com/?d=HL2KGL1C
...
Si vous n'avez pas 26 minutes, vous pouvez regardez au moins la première chanson,
C'est une très sobre et très belle version de : Strange Fruits...

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lightning in a bottle "a one night history of the blues"

Message par Invité le Jeu 2 Fév 2012 - 14:43

Ça vous dit kekchose ce concert.? scratch

Lightning in a bottle " A one night history of the blues " (2004)



Super Set liste... Shocked

01. Senie Zelie - Angalique Kidjo
02. See That My Grave Is Kept Clean - Mavis Staples
03. Gamblin' Man - David "Honeyboy" Edwards
04. Love in Vain - Keb' Mo'
05. Sittin' On Top Of The World - Alison Krauss
06. Jim Crow Blues - Odetta
07. St. Louis Blues - Natalie Cole
08. Men Are Just Like Street Cars - Natalie Cole
09. I Can't Be Satisfied - Buddy Guy
10. Strange Fruit - India.Arie
11. Hound Dog - Macy Gray
12. The Midnight Special - John Fogerty
13. Where'd You Get That Sound - Larry Johnson
14. Okie Dokie Stomp - Clarence 'Gatemouth' Brown
15. Coming Home - Bonnie Raitt
16. The Sky Is Crying - Warren Haynes
17. I'm a King Bee - Steven Tyler
18. The First Time I Met the Blues - Buddy Guy
19. Big Chief - The Neville Brothers
20. I Pity The Fool - Robert Cray
21. Killing Floor - Hubert Sumlin
22. Turn on Your Love Light - Solomon Burke
23. Down In The Valley - Solomon Burke
24. Voodoo Child - Buddy Guy
25. Minnesota Blues A.K.A. 'Black Jack Blues' - Mos Def
26. (No) Boom Boom - Chuck D.
27. Sweet Sixteen - B.B. King


Le trailer fait vraiment envie !!! I love you



On peut voir le concert en entier et en streaming ici:
...
http://video.yandex.ru/users/lib-books/view/148/#
...

Performances by:
B.B. King, India Arie, Natalie Cole, John Fogerty, Macy Gray, Buddy Guy, The Neville Brothers, Bonnie RAitt, Steven Tyler and Joe Perry, and more.

Produced by: Martin Scorsese in 2004.

ou l'acheter sur Amazon
...
http://www.amazon.com/gp/product/B00078RPGW/ref=pd_lpo_k2_dp_sr_1?pf_rd_p=1278548962&pf_rd_s=lpo-top-stripe-1&pf_rd_t=201&pf_rd_i=B004BR61QU&pf_rd_m=ATVPDKIKX0DER&pf_rd_r=047BXVHVAHYJEZKC7G64
...

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Re: Le blues et le cinéma

Message par Gut bucket le Mar 10 Mar 2015 - 20:32

Sortie française demain de "Selma", le premier film sur la vie de Martin Luther King et du combat pour l'obtention des droits civiques.



07 mars 1965, le bloody sunday...
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Re: Le blues et le cinéma

Message par BAYOU le Mar 10 Mar 2015 - 20:35

Je vais surement y aller ce week end

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Re: Le blues et le cinéma

Message par Jipes le Mer 11 Mar 2015 - 21:43

Invité a écrit:Ça vous dit kekchose ce concert.?  scratch

Lightning in a bottle " A one night history of the blues " (2004)



Le trailer fait vraiment envie !!!   I love you.

Je viens de le visionner en entier et franchement c'est vraiment bien il y a de belles performances et puis revoir BB King et Hubert Sumlin au sommet de leur forme malgré leur grand âge c'est vraiment super

Je vous le conseille vivement cheers
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http://www.mojo.fr/

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Re: Le blues et le cinéma

Message par Gut bucket le Mer 6 Avr 2016 - 15:29

Site du film "I am the blues":

http://iamthebluesmovie.com/
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Re: Le blues et le cinéma

Message par Loic le Sam 16 Avr 2016 - 11:21

Garbage Man a écrit:

Je pense que ce film a sa place dans ce topic. Même si il n'est pas au premier plan le Blues y tiens une place importante. Puis le personnage de Samuel L. Jackson est inspiré de R.L Burnside.

Vu tout récemment.
J'avais quelques craintes en voyant l'affiche mais c'est un bon film. Le blues y tient effectivement une place centrale, on a d'ailleurs droit à l'interprétation de standards du delta blues et de morceaux phares du répertoire de Burnside comme Alice Mae, avec la participation de Cédric Burnside et Kenny Brown.
Un film à voir.

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Re: Le blues et le cinéma

Message par el335 le Sam 16 Avr 2016 - 17:17

Invité a écrit:Ça vous dit kekchose ce concert.?  scratch

Lightning in a bottle " A one night history of the blues " (2004)



Super Set liste...  Shocked

01. Senie Zelie - Angalique Kidjo
02. See That My Grave Is Kept Clean - Mavis Staples
03. Gamblin' Man - David "Honeyboy" Edwards
04. Love in Vain - Keb' Mo'
05. Sittin' On Top Of The World - Alison Krauss
06. Jim Crow Blues - Odetta
07. St. Louis Blues - Natalie Cole
08. Men Are Just Like Street Cars - Natalie Cole
09. I Can't Be Satisfied - Buddy Guy
10. Strange Fruit - India.Arie
11. Hound Dog - Macy Gray
12. The Midnight Special - John Fogerty
13. Where'd You Get That Sound - Larry Johnson
14. Okie Dokie Stomp - Clarence 'Gatemouth' Brown
15. Coming Home - Bonnie Raitt
16. The Sky Is Crying - Warren Haynes
17. I'm a King Bee - Steven Tyler
18. The First Time I Met the Blues - Buddy Guy
19. Big Chief - The Neville Brothers
20. I Pity The Fool - Robert Cray
21. Killing Floor - Hubert Sumlin
22. Turn on Your Love Light - Solomon Burke
23. Down In The Valley - Solomon Burke
24. Voodoo Child - Buddy Guy
25. Minnesota Blues A.K.A. 'Black Jack Blues' - Mos Def
26. (No) Boom Boom - Chuck D.
27. Sweet Sixteen - B.B. King

Vu.
Franchement David Johansen est plutôt limite… Mick Jagger aurait fait 50 fois mieux (pareil pour son imitateur d'Aerosmith, Steven Tyler…).
Mais j'ai passé un très bon moment.
Petite question: Qui chante Voodoo Child ?
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Re: Le blues et le cinéma

Message par NikkGiggs le Jeu 28 Avr 2016 - 11:27

Loic a écrit:
Garbage Man a écrit:

Je pense que ce film a sa place dans ce topic. Même si il n'est pas au premier plan le Blues y tiens une place importante. Puis le personnage de Samuel L. Jackson est inspiré de R.L Burnside.

Vu tout récemment.
J'avais quelques craintes en voyant l'affiche mais c'est un bon film. Le blues y tient effectivement une place centrale, on a d'ailleurs droit à l'interprétation de standards du delta blues et de morceaux phares du répertoire de Burnside comme Alice Mae, avec la participation de Cédric Burnside et Kenny Brown.
Un film à voir.


Vraiment un bon film effectivement !!
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http://kill-gallon.com/

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Re: Le blues et le cinéma

Message par LE PAPE FRANCOIS le Mer 7 Déc 2016 - 22:45

J'étais sûr qu'on en avait causé sur le Forum mais je ne retrouve pas..  Rolling Eyes



Ce Film Documentaire a de très bonnes critiques sur allociné.
...
http://www.allocine.fr/film/fichefilm-34311/critiques/presse/
...
Il y a un papier très intéressant sur  le site Africultures ! ( avec l'avis d'un certain Jipes qui date de 2007 )  Cool
...
http://www.africultures.com/php/index.php?nav=film&no=992
...

Freddy et Hattie, un jeune couple de Noirs, vivent dans Harlem chez la mère de Freddy, une étonnante et réelle ancienne chanteuse des années 30.

Freddy fait du business "pas très clair" pour survivre, s'en sortir et avoir une vie dont il rêve. Un jour Hattie succombe aux charmes d'un pianiste de bar et part avec lui. Freddy est perdu, traîne son blues dans les rues de Harlem à la recherche de Hattie.

Leur histoire, chaque blues la raconte sous une forme ou une autre. Elle est ponctuée de perles de "blues vécus" de bluesmen légendaires, de cris de joie et de douleur qui se chantent "entre les dents".

Et c'est aussi la trajectoire d'un peuple issu de l'esclavage qui se retrouve un siècle plus tard, dans le ghetto d'une prison.

Réalisateur : Robert Manthoulis

Avec la participation de BB KING, Buddy GUY, Sonny THERRY...

Copies restaurées par les Archives Françaises du Film
France / 1973 / couleur / fiction / VOSTF

"Et si le blues parle souvent des femmes, c'est parce qu'il est surtout chanté par des hommes."


Propos du réalisateur

J'ai tourné mon film "Le blues entre les dents", il y a 33 ans.

Je pense que c'est le tout premier film qui a été fait sur le sujet. Même aux Etats-Unis.

Le documentaire que nous avons tiré de ce tournage, deux heures sur l'histoire du blues, a aussi été le premier sur le sujet. J'ai cherché partout, avant de démarrer le tournage, je n'ai trouvé, aux Etats-Unis, aucun film sur le blues ! Il n'y avait que des concerts de jazz filmés surtout pour la télévision. A l'époque, les Noirs n'écoutaient pas le blues, ils écoutaient James Brown. Les Noirs engagés écoutaient les "Black Poets". C'était l'époque des "Black Panthers". Le FBI nous avait à l'œil. Les Blancs politisés aimaient le blues mais les Noirs n'admettaient pas les cinéastes blancs dans les ghettos. Moi-même j'ai été jeté dehors quelquefois, par les habitants du ghetto. Ils m'ont accepté uniquement parce que je n'étais pas Américain. Souvent, on était armés de pistolets quand on tournait. Dans le Sud, le racisme était encore plus évident. Surtout dans les prisons!J'ai réussi à entrer dans une prison-ferme du Texas avec une fausse autorisation. Ils m'ont cru car j'avais les noms des prisonniers chanteurs de "work-songs". Un ethnologue américain les connaissait. On n'avait jamais laissé entrer une caméra dans ces prisons où existait encore la ségrégation. Les Noirs vivaient à part. Les Mexicains aussi. Bien entendu, 90% des prisonniers étaient des Noirs. Les "work-songs" n'existent plus aux Etats-Unis parmi les Noirs. C'étaient les chants que les esclaves chantaient dans les champs puis ce fut au tour des travailleurs noirs au moment des grands travaux de construction du début du siècle. Ceux qui ont bâti les chemins de fer, les ponts et les autoroutes. Ces chants que j'ai enregistrés sont les seuls qui existent filmés. Les chanteurs que j'ai filmés étaient très contents de participer au film, payés avec des cachets ridicules. On avait très peu d'argent. Le seul qui était plus au moins célèbre c'était B.B. King. Je lui ai proposé une part importante des recettes aux Etats-Unis. Malheureusement pour lui, le film n'est pas sorti aux Etats-Unis. Et lui n'était pas intéressé par le marché européen. Du coup, il a accepté d'y participer sans être payé !



Le documentaire ("En remontant le Mississippi") a inauguré la 3ème chaîne en France, le soir du 3 Janvier 1973. Le long-métrage est sorti au cinéma dans la salle "Les Trois Luxembourg", la même année. Les Américains qui ont vu le film cherchaient à me connaître. Ils disaient "Moi, j'habite à quelques mètres de l'autre côté de la 5ème Avenue, je n'ai jamais su comment vivaient les Noirs dans Harlem". Les "comédiens" formaient une seule famille et ils ont d'ailleurs reconstitué leurs propres vies dans ce film. Ils ont joué leurs propres rôles. J'avais imaginé un scénario à Paris, en lisant beaucoup de livres de sociologues américains écrits par des Noirs sur la vie dans les ghettos. Les comédiens ont ajouté leur propre expérience et ont improvisé les dialogues. Car nous étions incapables d'écrire les dialogues du ghetto. On a seulement fait des choix. Dans l'avion du retour, j'ai pris le négatif avec moi sur mon siège, dans mes bras. Je n'ai pas voulu le confier aux bagagistes...



Le blues a été ressuscité, dans les années 60, par les musiciens anglais, les Beatles, les Rolling Stones, Eric Clapton, John Mayall à Londres (sur lequel j'avais déjà fait un documentaire pour le magazine "A l'Affiche du Monde" de Claude Fléouter et Christophe Izard). Mance Lipscomb m'a montré comment les Beatles avaient changé ses chansons (écrites en 1910 ! "Inventées", il disait, car il ne savait pas écrire des notes). On est arrivé à Memphis le soir et on a été tout de suite chez Walter Ferry Lewis (avec plusieurs bouteilles de whisky). Il dormait et on l'a réveillé. Il était aux anges (surtout quand il a vu les bouteilles). Bukka White vivait en face. Il a écouté la musique et il est arrivé immédiatement pour ne pas rater l'occasion.



La prison de Ricker's Island est à New York. C'était plus facile d'y pénétrer. J'ai remarqué un tableau intéressant du Christ dans le hall et l'ai mis dans le champ. Il a été révélé, il y a un an seulement, que ce tableau était peint par Salvador Dali. Dali l'avait donné comme un cadeau à la prison. Ce tableau a été volé et c'est comme ça que l'on a su qui en était l'auteur... !

Neuf bluesmen sur dix avaient fait de la prison.

Bukka White, Robert Pete Williams nous ont raconté leur vie en prison. Robert Furry Lewis était balayeur de rue à Memphis. Ils sont presque tous morts. Certains étaient déjà vieux à l'époque. Je crois que les seuls qui sont encore vivants ce sont B.B.King et Buddy Guy. Son complice Junior Wells est mort l'année passée, je crois. Après la sortie du film, beaucoup de gens en France ont découvert Robert Pete Williams. On l'a fait venir à Paris et ce ferrailleur de Baton Rouge a donné un concert à la Salle Pleyel ! Quelques années auparavant, j'avais fait un petit film sur Sunra, qui était complètement oublié. Après la diffusion du sujet, il a reconstitué son orchestre ("l'Orkestra", comme il l'appelait) et a donné des concerts à Paris ! A la même époque j'ai découvert une étonnante chanteuse de blues, Karel Dalton, une fille blanche, avec une voix à la Billie Holliday. J'avais planté ma caméra un soir au "Gas Light", un club du Greenwitch Village et elle est venue faire une audition. Quand on l'a écouté en France, les managers se sont précipités de la retrouver. Malheureusement elle a été complètement cassée par la drogue.
Robert Manthoulis

LE BLUES

Le blues, forme musicale développée depuis la fin du XIXe siècle par la communauté noire du sud des Etats-Unis, traduisant toute la gamme des émotions humaines, du désespoir à l'orgasme, dans leur expression la plus immédiate. Musique traditionnelle mais très évolutive, le blues constitue une part importante du répertoire du jazz. Dans le monde entier, l'emploi du terme "I've got the blues" désigne un état de spleen, de cafard ou de nostalgie.

L'origine du blues est controversée. Pour certains, il est né dans les champs de coton américains et était perpétué par les esclaves. Pour d'autres, il est un descendant direct du negro spiritual et du gospel. Dans tous les cas, les premiers disques de blues sont apparus aux Etats-Unis dans les années 20 sous l'impulsion de W.C. Handy qui a signé en 1923 Father of the Blues.

Basé en général sur trois accords, le blues met en avant surtout la guitare. Il est empreint de tristesse et relate en général des histoires qui finissent mal. Il a pris ensuite différents noms suivant la zone géographique où il s'est développé (Delta Blues, Memphis Blues, Chicago Blues, New York Blues...). Le blues est à la base du rock. Il a été une grande influence pour les groupes rock anglophones des années 60/70 (The Beatles, Rolling Stones, Led Zepellin, Cream...). Il continue aujourd'hui d'exercer une influence sur de nombreux artistes tels que les White Stripes ou Ben Harper qui se réfèrent volontiers à Robert Johnson, une référence en la matière au même titre que John Lee Hooker, BB King, Blind Lemon Jefferson ou encore Charley Patton...

Il est introuvable en DVD mais on le trouve, sous titré en Français ,  sur un célèbre site de téléchargement pour ceux que ça intéresse. Wink
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Re: Le blues et le cinéma

Message par LE PAPE FRANCOIS le Mer 7 Déc 2016 - 23:05

En même temps qu'il tournait ce Film/Documentaire " Le Blues entre les  dents " , il a tourné le Documentaire " En Remontant le Mississippi " lui aussi introuvable en DVD mais qui est en Intégralité et en Français sur YouTube  depuis peu.  Cool





Au début des années 70, deux Français partent aux USA  pour réaliser un documentaire sur le blues, commandé par FR3. Jusqu’alors inédit en DVD, le film qu’ils ramènent est un joyau. Ce n’est pas un documentaire sur l’histoire du blues, mais sur des tranches de vie, des lieux et des moments de musique. Rencontrés dans le Sud et à Chicago (“en remontant le Mississippi”, donc), les musiciens sont filmés à domicile ou dans des petits clubs. Avec amour, les réalisateurs s’installent, prennent leur temps, filment des maisons, des objets, des visages, des corps, des regards, des attitudes. Ils parviennent à faire ce que peu ont réussi avant eux : restituer l’image du blues dans sa dimension la plus évidente et mystérieuse à la fois, l’érotisme. La battle entre les vieux grigous Bukka White et Furry Lewis, qui s’envoient des vannes et jouent comme des diables, est un immense moment de blues filmé.


L' Interview de ROBERT MANTHOULIS " En remontant le Mississippi "
...
http://bluesagain.com/p_interviews/robert%20manthoulis.html
...
En 1972 Robert Manthoulis réalisait ‘En Remontant Le Mississippi’, témoignage remarquable sur une période déterminante du blues. Il revient sur le tournage du premier long-métrage consacré à cette musique.

Blues Again : Comment est née l’idée d’un long-métrage documentaire sur le blues ?
Robert Manthoulis : Je travaillais pour la télévision française avec Claude Fléouter, qui était critique de variété au Monde, et Christophe Izard, blues mississippiégalement critique à France-Soir. Ils avaient une émission sur le monde de la pop et du rock qui s’appelait ‘À l’affiche du monde’, et ils ont fait appel à moi pour la mettre en forme. Je faisais du cinéma à l’époque, mais je voulais faire de la télé et voyager. Il faut préciser qu’il n’y avait alors que deux chaînes, dont une seule en couleurs. L’émission était populaire et, quand on a su qu’une troisième chaîne allait être créée, on a proposé un film sociologique sur le blues dans lequel le blues ne serait pas traité seulement comme un genre musical, mais comme la représentation d’un peuple. Et ce peuple, il est toujours là. La troisième chaîne, qui ne diffusait donc pas encore, a accepté de financer le film. Pendant deux semaines j’ai eu, avec mon assistant, un bureau à l’ORTF et deux téléphones. J’avais lu pas mal de bouquins anglais sur le blues, ce qui m’a aidé, mais pour le reste, il a fallu appeler des contacts aux Etats-Unis pour retrouver la trace des bluesmen. Même quand on obtenait leur adresse, on ne pouvait pas les joindre. Pendant tout le tournage, on a débarqué à l’improviste chez les gens.

Comment réagissaient-ils quand vous débarquiez comme ça ?
Ah, c’était le bonheur. Le bonheur absolu ! On était reçus par des bluesmen qui jouaient depuis des années, mais qui n’avaient jamais été filmés.

blues mississippiDeux semaines de préparation, c’est peu…
En arrivant aux Etats-Unis pour tourner, je me suis trouvé devant deux déceptions. D’abord les Noirs n’aimaient plus le blues. C’étaient des étudiants blancs qui aimaient le blues, et pour des raisons presque politiques, antiracistes. Le blues était considéré par les Noirs comme un héritage de l’esclavage. Ce qui était à la mode, c’était les poèmes politiques récités sur les toits de Harlem et, pour le peuple, c’était la soul et tout ce qui imitait un peu la musique blanche. Le vrai country blues, ça, c’était l’esclavage. Les jeunes Noirs ne voulaient pas de cette image-là. À Harlem par exemple, il n’y avait pas de blues. C’est la première chose qui m’a frappé. Le blues était plus apprécié en France qu’aux Etats-Unis. Ensuite, quand je cherche à voir les films sur le blues déjà réalisés, on m’apprend qu’il n’y en a pas. Pas un seul. Il se tourne des milliers de films par an aux Etats-Unis, le cinéma existe depuis le début du siècle, et il n’y a rien sur le blues. Je connaissais un peu les Etats-Unis, j’y avais fait mes études, et bien j’avais quand même du mal à le croire. Il y avait bien des groupes qui avaient été filmés pour la télévision, ou des petites séquences de blues dans des fictions, mais pas de vrai film. Il y avait eu aussi pas mal de recherche sur le blues, par des universitaires ou des journalistes, quelques bouquins, mais ça restait confidentiel. J’ai réalisé alors que j’abordais un terrain vierge. Les Noirs n’aimaient plus le blues, mais les Blancs ne réalisaient pas de films sur le sujet, parce qu’un cinéaste blanc n’était pas admis dans les ghettos. Il incarnait l’ennemi.

Mais vous, on vous a accepté…
On a parfois été chassés dans la rue par des « go away, you bastards » mais, quand on se présentait officiellement, accueillis par les amis noirs qui travaillaient avec nous, il n’y avait pas de problème. D’abord, on n’était pas américains. C’était important. Les Noirs américains se souvenaient avoir bien accueillis en Europe, après la guerre. En France en particulier, avec beaucoup moins de racisme qu’encore maintenant aux Etats-Unis. Ils avaient une image extraordinaire de la France où, en plus, on aime le jazz et le blues. Être français était un passeport qui nous a permis d’aller partout. Un Américain n’aurait pas pu faire ça. Un jour, on tournait en plein Harlem, dans la 125e rue, quand on voit un gang se diriger vers nous. On remballe le matériel, on monte dans la voiture. La voiture ne démarre pas ! Et le gang qui se rapproche… Un vrai thriller. Finalement, on leur explique ce qu’on fait, quel genre de film et surtout, on leur précise bien qu’on n’est pas américains. Ça les a touchés. Ils sont allés chercher une voiture, des câbles de démarrage, et nous ont aidés à repartir.

Comment avez-vous fait pour tourner en prison ?
Un professeur  d’université de San Francisco m’avait dit qu’il restait quelques Noirs qui chantaient encore des work-songs dans une prison du Texas. Il m’avait même donné leurs noms. « Le problème, m’avait-il dit, c’est qu’on ne te laissera pas filmer une prison. » J’ai d’ailleurs compris pourquoi, par la suite. Filmer une prison du Sud, c’était montrer que la ségrégation existait encore, au sein même d’une institution officielle. Je me rends quand même sur place avec l’équipe, je raconte que je viens de France tout spécialement, qu’il y a un accord entre les ministères de la Justice français et américain, et surtout, je donne au directeur les noms des prisonniers que je veux filmer. C’est ce qui l’a convaincu : si j’avais les noms de ses prisonniers, c’est que ma présence était officielle. C’est la première fois qu’on filmait des work-songs. Ce sont les seules images sur le sujet. Les work-songs existaient depuis des siècles aux Etats-Unis, mais il n’y avait pas d’images.

Comment a été mise en place la séquence avec Bukka White et Furry Lewis ?
C’était complètement improvisé. On avait l’adresse de Furry Lewis à Memphis. On arrive le soir chez lui vers 22 heures, avec du whisky. Il dormait. On lui explique ce qu’on vient faire, il nous laisse entrer. On commence à bavarder. Il joue. On frappe à la porte. C’est Bukka White. Il habite en face et il a entendu du bruit. Le plus incroyable, c’est qu’on cherchait à contacter aussi Bukka White pour le film, mais on ne parvenait pas à dénicher son adresse. Et il arrive, là, avec toute sa famille, sa guitare et du whisky. Chacun voulait chanter, je n’ai rien fait d’autre que filmer. Vers quatre heures du matin, on arrête. Bukka White rentre chez lui. On range le matériel dans la voiture et, au moment de lui dire au revoir, Furry Lewis nous dit : « Non, revenez. Asseyez-vous. Maintenant je vais vous jouer du vrai blues. » Effectivement, il nous joue un truc exquis, un blues dans lequel il chantait ses propres funérailles. C’était fabuleux mais, le matériel étant rangé, je n’ai rien pu filmer. Je n’ai jamais plus entendu cette chanson par la suite.

blues mississippi

Une autre séquence forte du film est celle tournée chez Robert Pete Williams, en particulier le moment où il raconte son arrestation en voix off.
On arrive chez lui, il ne nous attendait pas. On tourne la séquence. Je lui demande : « Tu es ferrailleur, tu n’as pas une chanson là-dessus ? ». Il n’y avait jamais pensé. Il cherche plusieurs minutes une musique et des paroles, et comme il est devant la caméra, il transpire. On voit son effort. On filme donc sa chanson et, avant de partir, je lui demande d’évoquer son arrestation. Je savais qu’il était allé en prison, mais je n’osais pas lui en parler. C’était le début du tournage, je ne savais pas trop comment aborder ces bluesmen. Et puis, je ne voulais pas le blesser. Il commence à me parler de ça, mais il n’y avait plus de pellicule. On devait justement aller à Nouvelle-Orléans pour en acheter. On a donc pris juste le son. Comme il cherchait son impro, on a de longs passages de musique où il ne chante pas et dans lesquels on a intercalé son récit. Il avait été arrêté pour meurtre, il se défendait contre une agression raciste.

Cette séquence met en évidence le rôle du montage dans le film.
Quand on est réalisateur, il faut déjà monter le film dans sa tête, au tournage. C’est ça qui guide le tournage. Quand on arrive au montage, on a la matière. Il faut aussi avoir un bon cameraman en qui on a une confiance totale. Il faut qu’il soit le double du réalisateur parce que, quand on tourne camera à l’épaule, le réalisateur ne voit jamais l’image.

À l’opposé de Robert Pete Williams, Furry Lewis ou Bukka White, il y a BB King, la seule vedette du film.
Il y avait vraiment deux personnages différents en lui. D’un côté, le BB King bluesy et sentimental chez les Noirs. De l’autre, le BB King héroïque, presque révolutionnaire, chez les Blancs. J’ai pu le suivre pendant trois jours. J’aimais bien l’idée de l’interview dans l’ascenseur qui s’élève au-dessus de San Francisco. Symboliquement, c’est intéressant.

Pourquoi avoir fait une seconde version du film avec des scènes de fiction ?
Le problème quand on travaille pour la télévision, c’est qu’on n’a pas beaucoup de temps. Pour ‘À L’Affiche du Monde’, j’avais fait à peu près 80 petits films musicaux, mais ça se limitait souvent à montrer un personnage qui parle et qui joue. Moi, j’ai été appelé pour apporter une écriture, un aspect cinématographique. Ça peut être très intéressant de voir quelqu’un parler devant la caméra. J’avais beaucoup aimé le film de Shirley Clark, ‘Portrait Of Jason’, dans lequel Jason Holiday, un Noir homosexuel, parle pendant plus de 90 minutes devant la caméra. Mais pour la télé, le manque de temps empêche d’aller en profondeur, donc le type devant la caméra n’est plus le même. Le blues parle du vécu, mais si on se contente de montrer la chanson, on endort le spectateur qui oublie l’essentiel : d’où est sorti ce truc-là. Comment faire alors pour réveiller un peu les gens et donner l’essentiel, l’âme ? Je me suis dit : « On va garder le documentaire, on a deux heures d’images, mais il faut aussi des tranches de vie liées au blues ». Peu importe que ça ne soit pas très élaboré sur le plan du scénario. Ce n’est pas l’histoire qui doit émouvoir les gens, c’est l’héritage que cette histoire véhicule. Donc, on a une histoire simple, parce que les chansons parlent de choses simples, de séparation, de problèmes quotidiens…

Quelle a été la part d’improvisation dans la partie scénarisée ?
J’avais juste une trame de scénario, tissée après la lecture d’un bouquin très intéressant, écrit par un psychanalyste de Harlem. Il décrivait ses séances. Une série de portraits, les relations de couple, le rapport à la mère – qui est très important. On avait très peu de temps pour trouver des comédiens. J’ai improvisé un casting dans le hall de l’hôtel, ce qui nous a valu la visite de la police qui a pris des photos. Heureusement, j’avais un copain qui venait de monter ‘Les Paravents’ de Genet à Brooklyn, avec des acteurs noirs, dont un couple d’acteurs. Je leur ai montré la trame de scénario, ça leur a plu et ils ont improvisé des situations et des dialogues. Il y a une bonne part d’improvisation, parce que seuls les comédiens pouvaient rendre les situations authentiques. Je suis incapable d’écrire des dialogues de Noirs du ghetto.

blues mississippi Le film avec les séquences de fiction est sorti en salles sous le titre ‘Le Blues Entre Les Dents’. Comment a-t-il été reçu ?
Fantastiquement. Il est même ressorti en 2005 en salle, à l’Action Christine. En 1973, il était sorti aux Trois Luxembourg, et était resté trois mois à l’affiche. Il y avait des chanteurs de blues qui jouaient spontanément à l’entracte, des Américains me cherchaient partout. Le film est sorti dans plusieurs pays, mais pas aux Etats-Unis. Je l’avais montré à un distributeur américain qui l’avait aimé, mais qui pensait qu’il ne pouvait pas être montré aux Etats-Unis.



La partie documentaire, qui vient de ressortir en DVD sous le titre ‘En Remontant Le Mississippi’, a-t-elle fait l’objet d’une exploitation ?
Les deux films se sont faits en même temps. ‘En Remontant Le Mississippi’ a été diffusé pour l’inauguration de la troisième chaîne, le 3 janvier 1973. C’était le premier programme de la chaîne et Paris Match qui, par ailleurs, avait bien noté le film, jugeait anormal qu’une chaîne de télévision française ouvre ses programmes avec un film en américain tourné par un Grec ! Mais les deux films ont quand même eu de très bonnes critiques partout où ils ont été diffusés.

Avez-vous vu la série de Martin Scorsese sur le blues ?
Oui, mais je ne suis pas vraiment ému par ces films, je les trouve un peu académiques. Le mot n’est pas tout à fait juste, mais j’ai l’impression que ces films sont faits parce qu’on pense qu’on doit quelque chose au blues, qu’il faut faire quelque chose sur le blues. Dans ce sens-là, c’est académique. Il y a dans le blues une profondeur populaire, et je crois que pour faire un film sur ce sujet, il faut vraiment vivre ça, filmer comme si on le vivait. Là, on a un regard trop extérieur. Comme le film de Wim Wenders à Cuba, ‘Buena Vista Social Club’. Ce sont des films honnêtes, très bien faits, mais un peu froids. Fabriqués. Pour des films comme ceux-là, même le tournage doit être en phase avec le thème. C’est-à-dire qu’il faut laisser une part de hasard, d’imprévu. Je n’ai jamais fait un film où il n’y ait pas de problème au tournage. Il faut se battre pour affronter ces problèmes, et cette lutte rentre dans le film.

Est-ce que les protagonistes ont vu le film ?
Non. Je suis retourné aux Etats-Unis avec une copie, j’ai organisé une séance pour les comédiens de la fiction. Les autres étaient éparpillés partout, en tournée. Deux ou trois ans plus tard, je vois que Robert Pete Williams est à Paris. Il donne un concert à la salle Pleyel. Je ne sais pas si le film y est pour quelque chose, mais ça m’a ému de voir le ferrailleur de Louisiane, l’ancien prisonnier, programmé dans une salle prestigieuse.

Benoit Chanal

La critique du "  Monde " de 2005...


Reprise : le blues comme on le voyait il y a trente ans

C'est sans doute à l'intérêt suscité par la récente série de documentaires sur le blues produite par Martin Scorsese, que ce film de Robert Manthoulis, tourné en 1972, doit sa ressortie.

C'est sans doute à l'intérêt suscité par la récente série de documentaires sur le blues produite par Martin Scorsese, que ce film de Robert Manthoulis, tourné en 1972, doit sa ressortie. Mélange de fiction et de captation de la réalité, Le Blues entre les dents doit à cette nature ambiguë d'être deux fois un documentaire. D'abord parce qu'il offre quelques témoignages rares sur son sujet avoué, le blues, mais aussi parce qu'il témoigne d'une vision datée, et aujourd'hui obsolète, de la culture afro-américaine.

Manthoulis a tourné Le Blues entre les dents en même temps qu'un documentaire pur ­ - En remontant le Mississippi. Ce double projet lui permet de nourrir le film de fiction de séquences musicales remarquables : dans un pénitencier du Texas, il filme les derniers prisonniers (ils sont détenus depuis plus de trente ans, et en paraissent à peine soixante) à chanter encore les worksongs qu'avait collectés le musicologue Alan Lomax dans les années 1930 et 1940 ; dans le Mississippi ou le Tennessee, il filme des hommes au seuil de la tombe, les contemporains de Robert Johnson ­ Mance Lipscomb, né en 1805, ou Bukka White, né en 1906 ­ et leur cadet, B.B. King, qui a su devenir une vedette du show-business.

La caméra attentive de Robert Manthoulis, son sens du détail composent un tableau extraordinairement frais et photogénique des campagnes du Sud. Son talent de portraitiste fait sentir, malgré la brièveté de certaines séquences, la profondeur des personnalités de ces sujets.

On l'a dit, Le Blues entre les dents n'est pas seulement un documentaire. C'est aussi l'histoire de Hattie et Freddie, un jeune couple qui vivote dans l'appartement de la mère du garçon, à Harlem. Elle travaille dans un salon de beauté, il chôme. Ils se disputent, elle tente de le quitter pour un pianiste de blues. Ces scènes donnent le sentiment d'être en grande partie improvisées et reflètent bien la terrible dépression qui s'est abattue sur l'Amérique noire après l'assassinat de Martin Luther King, les émeutes et la répression qui suivirent.

Mais elles ne s'articulent que très imparfaitement avec les séquences musicales, tournées à travers tous les Etats de l'Union. La raison de cette dissonance, on la découvre au détour d'une séquence montrant B.B. King en concert. Le guitariste fait gémir Lucille, sa guitare, pour le plus grand plaisir d'une immense foule, dans laquelle on ne distingue aucun visage noir, seulement des jeunes gens chevelus et barbus et des jeunes filles en blouse indienne, qui voudraient faire de chaque concert un nouveau Woodstock.

A cette époque, et depuis au moins une dizaine d'années, le blues n'était plus la musique d'élection de la communauté noire des Etats-Unis, une place qu'il avait dû céder à la soul music et au rhythm'n'blues. Kidnappé par la jeunesse blanche en révolte, le genre traînait même une réputation douteuse auprès des militants de la cause afro-américaine. Robert Manthoulis le savait bien (il le confesse dans un entretien que l'on trouve sur l'édition en DVD du film), mais il préfère maintenir la fiction d'une expression constante de l'âme noire.

C'est sans doute aussi à ce titre qu'il se permet un raccourci saisissant en expliquant que le blues est né lors de l'abolition de l'esclavage alors que quarante ans séparent les deux événements. Mais ces corrections, qu'on les apporte ou pas, ne changent pas grand-chose au plaisir que l'on peut prendre à un film marqué par l'émerveillement d'une série de rencontres avec des hommes d'exception.
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Re: Le blues et le cinéma

Message par Marc_R le Jeu 11 Mai 2017 - 16:19

Hello ! Je trouve que ce sujet est une bonne idée. J’arrive un peu tard, à mon avis ! Toutes les propositions auxquelles j’ai pensé ont été citées. Toutefois, je dois bien avouer que ça m’a donné envie d’aller écouter quelques titres que je n’avais plus entendus depuis longtemps. Merci bien !

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Re: Le blues et le cinéma

Message par LE PAPE FRANCOIS le Mar 19 Sep 2017 - 8:49

Dans le dernier Soulbag, il y a un article sur ces deux films qui parlent de Blues..

Sidemen: Long Road to Glory:
...
http://www.sidemenfilm.com/
...


Un documentaire consacré à trois légendes du blues, le pianiste Pinetop Perkins, le guitariste Hubert Sumlin et le batteur Willie “Big Eyes” Smith.



Et  aussi:

Two Trains Runnin'
...
http://www.twotrainsrunnin.com/abouthefilm/
...


Dans ce documentaire incandescent, Sam Pollard fait revivre l’atmosphère explosive du Mississippi de 1964. Le Freedom Summer coïncide alors avec la recherche de deux bluesmen célèbres plusieurs décennies auparavant, mais entrés dans l’anonymat : Son House et Skip James.

L’histoire d’une quête rythmée par les musiques inédites de Gary Clark Jr. et narrée par Common, et des thèmes toujours d’actualité : brutalités policières, racisme, droits civiques et héritage de la musique afro-américaine.
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Re: Le blues et le cinéma

Message par T.Jiel le Mar 19 Sep 2017 - 19:36

Le second docu a l'air passionnant. Mais je ne trouve pas où il serait éventuellement visible...
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Re: Le blues et le cinéma

Message par LE PAPE FRANCOIS le Mar 19 Sep 2017 - 21:50

Il vient juste de sortir ce mois d'Août en salle aux USA...

Sur ce lien tu as toutes les dates et les salles. Smile
...
http://www.twotrainsrunnin.com/watchthefilm/
...


Pas sûr qu'il sorte en France, avec un peu de chance ou pourra le voir sur ARTE ( avec des sous-titres... ) d'ici 1 an ou 2...?? Laughing
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Re: Le blues et le cinéma

Message par T.Jiel le Mar 19 Sep 2017 - 22:37

Merci François.


Dernière édition par T.Jiel le Mer 20 Sep 2017 - 19:14, édité 3 fois
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Re: Le blues et le cinéma

Message par LE PAPE FRANCOIS le Mer 20 Sep 2017 - 11:07

Toujours dans Soulbag, on nous parle de American Epic





Ca à l'air bien intéressant aussi, plus  d'info sur le site de la FNAC.
...
https://www.fnac.com/American-Epic-Jack-White-nous-offre-un-formidable-retour-aux-sources-du-sillon/cp35257/w-4
...
Delta Blues à New York et violons cajuns à Los Angeles

Ce film documentaire en 4 épisodes (diffusion et DVD à la rentrée), multiprimé dans des festivals au travers de la planète, s’accompagne d’une prodigieuse bande-son illustrant les débuts de la musique enregistrée, et du même coup la naissance de l’industrie de la musique moderne aux États-Unis dans les années 20 et 30. Comme le résume en une simple phrase une des productrices du film : "c’était la première fois que cet immense pays pouvait enfin s’écouter". Des musiques qui auparavant étaient uniquement jouées localement et « live », pouvaient soudainement être entendues et diffusées dans tout le pays : une révolution !

Les deux premiers épisodes sont sur YouTube en Anglais  !
...
https://www.youtube.com/watch?v=Wbx7Pn87uGQ
...


...
https://www.youtube.com/watch?v=61IjWcTrzHk
...
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Re: Le blues et le cinéma

Message par Jonselis le Ven 10 Nov 2017 - 15:18

J'ai eu beau remonter ce topic depuis le début, je n'ai pas trouvé de message consacré au film dont la bande originale a fait de moi un fan d'Eric Clapton.
Il s'agit de Rush, réalisé par Lili Fini Zanuck et sorti en 1991. L'histoire se passe au Texas, au début des seventies, où un duo de flics des stups incarné par Jason Patric et Jennifer Jason Leigh vont se faire passer pour des junkies afin de faire tomber un dealer (interprété par Gregg Allman).
La bande originale a été entièrement écrite par Clapton. Le majorité des morceaux sont instrumentaux, à l'exception des chansons 'Help me up' et 'Tears in Heaven'.
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Re: Le blues et le cinéma

Message par BAYOU le Ven 10 Nov 2017 - 16:31

Oui super BO en plus Gregg ALLMAN  n'a pas eu vraiment de mal à endosser le rôle !

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