Stevie Ray Vaughan

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Re: Stevie Ray Vaughan

Message par Invité le Mar 24 Jan 2006 - 0:39

Si c'est pas de l'amour ça....... Very Happy

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Re: Stevie Ray Vaughan

Message par Tartine le Mar 24 Jan 2006 - 10:32

C'est pas de l'amour, c'est de l'intégrisme!
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Re: Stevie Ray Vaughan

Message par Invité le Mar 24 Jan 2006 - 10:47

Elle l'a dans la peau...(facile...)

Tient c'est interressant, je viens de remarquer que l'horloge qui donne la date et l'heure de sa mort indique le 27/08/90 et en remontant le topic sur la première page "Jungleland "indique le 26/08/90....
Hahah....chercher l'erreur...
J'espère pour elle qu'elle ne s'est pas tromper dans la date parceque ça doit pas ètre facile à rectifier... Very Happy

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Re: Stevie Ray Vaughan

Message par Jungleland le Mar 24 Jan 2006 - 21:51

ben je crois que c'est moi qui me suis trompé mais C'EST A CAUSE DU DECALAGE HORAIRE What a Face
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Re: Stevie Ray Vaughan

Message par magicmarl le Sam 28 Jan 2006 - 20:17

François a écrit:Sur un forum de guitaristes
Y'a un gars qui parle de cet album en disant que c'est le meilleur de SRV....
Quelqu'un parmis vous le connait cet album..? ...Moi Pas du tout...




C'est un album que j'ai à la maison que j'avais déniché je ne sais où..
Il est excellent mais ne ressemble pas vraiment à ce que l'on connaît de lui, plus soft, plus doux, en même temps il est pas tout jeune, cela a été enregistré en 1979.

Mme Lou Ann Barton vient lui prêter sa voix sur quelques morceaux très sympa, mais c'est vraiment différent..
Enfin j'aime beaucoup, on lui trouve un autre jeu, une autre dynamique...
Ceci dit c'était quand même 4 ans avant que sorte son premier album : Texas Flood donc bon !!!!
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Re: Stevie Ray Vaughan

Message par Leekarbonat le Jeu 16 Fév 2006 - 22:24

J'ai une biographie très intéressente sur Stevie, je pourrais la poster si ça vous dit Wink
Bon moi vous allez finir par le savoir, Stevie est moi c'est une longue histoire d'amour ! Je ne serais surement pas le "guitariste" que je suis aujourd'hui sans lui. J'ai tout appris de lui Cool
J'ai moi aussi un bon nombre de bootlegs, mais il me manque quelques raretés Mad
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Re: Stevie Ray Vaughan

Message par Tartine le Ven 17 Fév 2006 - 15:48

on se rend compte en se retrouvant sur les différents forums combien certains artistes d'exception ont pu influencer les simples individus que nous sommes.
C'est du à quoi???? essayer de se mesurer à eux? je ne crois pas...... la modestie de chacun est quand même là!!!!!
Le charisme de l'idole qui subjugue le fan???? je crois davantage à ça!
C'est valable pour SRV comme pour tout autre! Very Happy
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Re: Stevie Ray Vaughan

Message par Jungleland le Ven 17 Fév 2006 - 16:02

Leekarbonat a écrit:J'ai une biographie très intéressente sur Stevie, je pourrais la poster si ça vous dit Wink

volontiers

elle sera certainement plus complète que celle que j'ai faite

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Re: Stevie Ray Vaughan

Message par Leekarbonat le Ven 17 Fév 2006 - 16:31

Tartine a écrit:on se rend compte en se retrouvant sur les différents forums combien certains artistes d'exception ont pu influencer les simples individus que nous sommes.
C'est du à quoi???? essayer de se mesurer à eux? je ne crois pas...... la modestie de chacun est quand même là!!!!!
Le charisme de l'idole qui subjugue le fan???? je crois davantage à ça!
C'est valable pour SRV comme pour tout autre! Very Happy


C'est du à quoi ?? j'en c'est rien j'ai regarder le live à El Mocambo alors que je ne connaissais pas du tout l'artiste(c'était un cadeau pour mon père) je suis rester devant la télé à me demander si je ne rêvais pas, j'ne croyais pas mes yeux Shocked C'était exactement le style de musique que je cherchais à jouer, et il était devant moi. J'ai donc travaillé pendant des heures et des heures mon style de jeux en me basant sur lui, sans jamais éssayer d'égaler quoi que se soit.

Arrow Je met la biographie dans la soirée Wink
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Re: Stevie Ray Vaughan

Message par Leekarbonat le Lun 20 Fév 2006 - 20:28

Stevie Ray Vaughan
Biographie



Stevie Ray Vaughan naît à Oak Cliff, banlieue de Dallas, Texas, le 3 octobre 1954. Dès l'âge de 7 ans, il a en mains sa première guitare : "Je voulais jouer du saxophone, mais tout ce que je pouvais en sortir, c'était quelques couacs. Alors, comme mon grand frère jouait de la guitare, je me suis dit que je pourrais essayer aussi."

Le frère en question est Jimmie Vaughan, son aîné de 3 ans. Jimmie joue un rôle clé dans l'apprentissage musical de Stevie. Ce dernier apprend de lui ses premiers accords et s'initie, grâce aux disques qu'il ramène à la maison, au rock 'n roll, au rhythm 'n blues et surtout au blues. Les frères Vaughan grandissent à l'écoute des B.B. King, Buddy Guy, Eric Clapton… Stevie prête une oreille encore plus attentive à Albert King, Jimi Hendrix et Lonnie Mack. Il est doué et progresse vite, en s'entraînant à reproduire note pour note les riffs de ses idoles.

Le jeune Stevie commence à officier dans ses premiers groupes à l'âge de 12 ans. En 1970, il fait partie de Blackbird, une formation de rhythm 'n blues qui se taille une sérieuse réputation sur Dallas. Quelque temps plus tard, il décide de devenir musicien professionnel, et la guitare prend définitivement le pas sur les études : "Je jouais jusqu'à 6 heures du matin puis j'allais à l'école à 7h15, et ça ne marchait pas..." En 1972, à 17 ans, il quitte le lycée et Dallas pour Austin avec son groupe Blackbird, la scène musicale y étant plus active et surtout plus réceptive au blues, musique à laquelle il a désormais décidé de se consacrer. Et là commence pour lui le circuit des bars et des clubs.

A Austin, son jeu de guitare déjà affirmé s'aguerrit. Il se fait rapidement un nom - Little Stevie Vaughan - dans le milieu des musiciens locaux. Les groupes se succèdent : il laisse Blackbird pour Krackerjack où il côtoie pour la première fois Tommy Shannon, ex-bassiste de Johnny Winter (notamment à ses côtés à Woodstock en 1969). Puis ce sont les Nightcrawlers en 1973, emmenés par le chanteur et batteur Doyle Bramhall (qui coécrira plusieurs morceaux du futur répertoire de SRV). C'est au sein de cette formation que l'énergie et la virtuosité du jeu de Stevie commencent à sérieusement attirer l'attention du public. Il a alors 19 ans.

Fin 1974, Stevie est convié à rejoindre Paul Ray & The Cobras, un des groupes phares de la scène d'Austin avec les Fabulous Thunderbirds de son frère Jimmie. Courant 1975, un amoureux du blues, Clifford Antone, ouvre un night-club dédié à sa passion musicale. C'est la naissance du Antone's, un temple du blues désormais devenu mythique. En effet, Clifford Antone n'hésite pas à faire venir des quatre coins du pays la crème des bluesmen : Muddy Waters, Willie Dixon, Jimmy Reed, Otis Rush, B.B. King, Albert King, Buddy Guy & Junior Wells… Pour Stevie, c'est le rêve qui devient réalité. Il croise sur la scène du Antone's ses idoles de toujours, et parfois tape le boeuf avec elles.

La meilleure musique que j'aie jamais entendue, c'est au Antone's, et une bonne partie de celle que j'aie jamais jouée, c'est là-bas. Je ne sais vraiment pas où je serais ou ce que je ferais aujourd'hui sans le Antone's. - Stevie Ray Vaughan

Jusqu'alors cantonné au seul rôle de guitariste, Stevie commence de temps à autre, au sein des Cobras, à chanter et prendre le rôle de frontman. Sa voix légèrement écorchée et nasillarde colle parfaitement aux morceaux qu'il interprète, parmi lesquels l'enlevé Thunderbird, All Your Love (I Miss Loving) d'Otis Rush, et surtout le blues lent Texas Flood qui donnera son nom au premier album de SRV & Double Trouble.

Fin 1976, il quitte Paul Ray et ses Cobras pour former Triple Threat Revue avec la chanteuse Lou Ann Barton. La composition du groupe évolue, un certain Chris Layton vient tenir les baguettes. Stevie prend de plus en plus confiance en ses qualités vocales tandis que son travail à la guitare modèle le son de la bande. La formation écume les clubs texans devant des parterres de fidèles. Mais des divergences musicales l'amènent finalement à se séparer.

Stevie et Lou Ann Barton fondent Double Trouble en 1978, du nom d'une composition d'Otis Rush. Le groupe connaît plusieurs changements de line-up, Lou Ann Barton change d'horizon, et la formation finit par trouver sa configuration définitive en 1981 sous la forme d'un "power trio", Stevie assumant désormais seul le rôle de band leader en tant que chanteur et guitariste. Les deux autres musiciens sont des amis de longue date de Stevie : Tommy Shannon (basse) et Chris Layton (batterie).

Le jeune artiste décide alors d'utiliser pour son nom de scène son deuxième prénom : Little Stevie devient Stevie Ray Vaughan, et son groupe se baptise Stevie Ray Vaughan & Double Trouble.

Stevie Ray Vaughan & Double Trouble sont désormais devenus un groupe incontournable de la scène musicale texane. Leur réputation commence à franchir les frontières du Lone Star State et à attirer l'attention de gens importants du business.

En 1982, une vidéo d'un concert du trio parvient, par l'intermédiaire de leur manager, à Mick Jagger. Le Rolling Stone se montre immédiatement emballé et invite SRV et ses deux acolytes à venir jouer à New York à l'occasion d'un show privé. Les Rolling Stones parlent un moment de signer le groupe sur leur label RS, mais finalement l'affaire reste sans suite.

Ce n'est que partie remise. Peu de temps après, le fameux producteur Jerry Wexler, impressionné par le jeu de Stevie lors d'un concert à Austin, obtient une invitation pour le groupe au prestigieux Festival de Jazz de Montreux en Suisse. Une vraie première dans les annales du festival, car la bande n'a encore aucun disque son actif. Le fait d'être ainsi exposé à la scène européenne, hors de ses bases texanes, intimide quelque peu SRV : "Nous n'étions pas sûrs de la façon dont nous serions acceptés." Le public reçoit de plein fouet le blues énergique et sans concession de la formation, et en effet sa réaction est pour le moins mitigée, malgré la prestation remarquable de Stevie et ses compères. Ce show helvétique sera d'ailleurs immortalisé en 2001 sur le double album Live At Montreux 1982 & 1985.

Cependant, au milieu de ce public se trouvent deux auditeurs plus éclairés, dont le rôle va se révéler prépondérant dans la suite de la carrière de SRV. Le premier est le dandy du pop-rock David Bowie, qui, impressionné par la maestria du guitariste, lui demande de tenir la guitare sur l'album qu'il est en train de concocter, Let's Dance. Il propose également à Stevie de participer à sa future tournée mondiale. SRV accepte de jouer sur l'album, sur lequel il décoche quelques-uns de ses riffs brûlants. Mais il décline la tournée, préférant continuer l'aventure Double Trouble - restant ainsi fidèle à son groupe et à sa musique. Le succès de Let's Dance, sa couverture médiatique ainsi que les déclarations de Bowie aux médias : "Stevie est le styliste de blues urbain le plus enthousiasmant que j'aie entendu depuis des années", commencent à exposer le talent de Stevie Ray Vaughan au monde entier.

La plupart de mes guitaristes préférés, Fripp, Belew ou Reeves, ont une dose d'ironie dans leur jeu. Avec Stevie Ray Vaughan, chaque note sortait directement du coeur. Il reste l'un des guitaristes les plus purs avec qui il m'ait été donné de travailler. - David Bowie
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Re: Stevie Ray Vaughan

Message par Leekarbonat le Lun 20 Fév 2006 - 20:30

Un deuxième auditeur extrêmement attentif est le musicien californien Jackson Browne. Etonné lui aussi par la vista du guitariste texan, il devient immédiatement fan et lui ouvre gracieusement les portes de son studio Down Town à Los Angeles.

De retour aux Etats-Unis, SRV & Double Trouble y enregistrent une maquette. La bande ne tarde pas à arriver sur le bureau du légendaire producteur et chasseur de talents John Hammond Sr., qui révéla entre autres Bob Dylan, Aretha Franklin et Bruce Springsteen. Celui-ci est emballé par la musique de SRV, et fait signer le groupe chez Epic. "J'étais vraiment séduit par le son de Stevie, qui ne ressemblait à aucun autre, et c'était un improvisateur si fabuleux, ne répétant jamais exactement la même chose deux fois", se souvient-il. Désormais, le premier disque du groupe est en route...

Après la sortie de "Let's Dance", j'ai remarqué comment les producteurs et les non-guitaristes continuaient à mentionner Stevie Ray. Son son et son style étaient devenus un vrai point de référence pour eux. C'est important parce que tellement souvent, seulement les guitaristes assimilent ce qu'un autre joueur fait. Le son et l'aura de Stevie Ray étaient devenus un point d'attraction pour tout le monde. La seule autre fois que j'ai remarqué ce genre de chose se produire, c'était avec Hendrix. - Steve Stevens

Texas Flood, le premier album de Stevie Ray Vaughan & Double Trouble, est enregistré en deux jours à Los Angeles, au studio Down Town de Jackson Browne. Tommy Shannon se souvient : "On s'est installés en cercle pour se voir et s'entendre mutuellement et on a joué comme un groupe live." Chris Layton ajoute : "L'expérience entière n'aurait pas pu être plus innocente ou naïve. On jouait, simplement. Si on avait su ce qui allait arriver avec tout ça, on aurait pu tout foirer… On est juste entrés là-dedans et on l'a fait. La magie était là et elle est passée sur la bande." En effet, le trio pense être en train de réaliser une simple maquette. Mais les morceaux qu'il enregistre, longuement rodés nuit après nuit dans les clubs du Texas, sonnent de façon si aboutie que le producteur John Hammond décide d'utiliser directement ce matériel. Seules quelques parties vocales seront reprises lors du mixage de l'album à New York.

Au milieu d'un des morceaux, j'ai cassé une corde et on a du s'arrêter. Après que j'ai eu changé la corde, on a repris juste là où on s'était arrêtés, en redémarrant en même temps. Je ne sais pas si ça avait déjà été fait avant. L'ingénieur du son nous regardait d'une façon plutôt bizarre, mais ç'a été bon à la première prise. - Stevie Ray Vaughan

Texas Flood sort en 1983, et c'est une véritable bombe dans le paysage musical de l'époque. Le blues-rock direct et sans concession de la formation texane détonne sérieusement au milieu des mélodies pop et des instrumentations électroniques de la new wave ambiante. Le son du groupe est sans fioritures : la basse de Tommy Shannon et la batterie de Chris Layton soutiennent la voix et la guitare de SRV, une Fender Stratocaster au vernis presque entièrement disparu qu'il utilise avec de rares pédales d'effets. Cette guitare qui passe alors pour un instrument passé de mode, voué à jouer au mieux les seconds rôles derrière les omniprésents synthés.

Quand j'ai été signé, on m'a dit que personne ne voulait entendre ce truc. - Stevie Ray Vaughan

La musique de Stevie est donc totalement inattendue, tout comme le succès de l'album qui vend plus de 500 000 exemplaires en quelques mois - un fait sans précédent pour un disque de blues. Avec Texas Flood, Stevie Ray Vaughan réalise un véritable tour de force. Par son énergie, sa fraîcheur, son jeu de guitare virtuose et cette touche de magie indéfinissable, le musicien dépoussière et revitalise les traditionnelles douze mesures, et remet le blues au goût du jour.

SRV montre ainsi le chemin à une nouvelle génération de bluesmen : Robert Cray, Jeff Healey, Robben Ford lui emboîtent bientôt le pas, suivis quelques années plus tard par Lucky Peterson, Bernard Allison, Kenny Wayne Shepherd, Jonny Lang... Ses illustres aînés tels B.B. King, John Lee Hooker, Buddy Guy profitent également de l'appel d'air pour sortir de leur semi-retraite et se refaire une seconde jeunesse, en enregistrant de nouveau avec à la clé des ventes d'albums jusque-là jamais atteintes. De vieux routiers du rock n'hésitent pas à revenir à leurs premières amours, comme Gary Moore qui relance sa carrière avec le superbe Still Got The Blues. En ce sens, Stevie Ray Vaughan est l'artisan essentiel du blues-revival des années 80, qui redonne au style ses lettres de noblesse peu-à-peu perdues après le "british blues-boom" des années 60.

Stevie Ray Vaughan fut une surprise. Non seulement la puissance et la grâce véritables de son jeu établirent un nouveau standard de la guitare blues, mais il se tailla une place, pour lui-même et pour le blues, dans une grande partie du public pop, initiant une nouvelle génération à cette musique. - Jackson Browne

Texas Flood est aussi la révélation d'un nouveau monstre de la six cordes. SRV apparaît comme le guitariste ultime de blues et de rock, suscitant l'admiration de pointures telles qu'Eric Clapton ou Jeff Beck. La diversité des titres de l'album montre l'étendue du savoir-faire du texan : du rock 'n roll Love Struck Baby à la ballade jazzy aux accents hendrixiens Lenny, en passant par les blues lents Texas Flood et Dirty Pool ou les titres plus enlevés Tell Me et Mary Had A Little Lamb, l'homme sait tout faire. Les shuffles Pride And Joy et I'm Crying démontrent son implacable maîtrise rythmique, un aspect primordial de son jeu tout autant que sa technique lead. Les étourdissants instrumentaux Testify et Rude Mood montrent son extraordinaire virtuosité, tandis que son étonnant sens de l'improvisation transparaît dans chacun de ses solos, intenses mais jamais démonstratifs.

Musicalement et socialement, ce que Stevie Ray Vaughan et Double Trouble accomplirent était pratiquement sans précédent. Depuis Eric Clapton ou Johnny Winter, pas un vrai guitar-hero n'avait émergé en jouant du blues pur et dur. En fait, il y avait pénurie de guitar-heroes, point. Et alors que Clapton et Winter atteignirent leur audience la plus large après s'être écartés du genre, et qu'Hendrix eut depuis le début transformé son blues de base en une musique d'un autre monde, Vaughan continua à jouer fidèlement la musique qu'il avait apprise de T-Bone Walker, Freddie King, Albert King et Guitar Slim, devant des milliers de personnes nuit après nuit. - Dan Forte

Texas Flood est donc une complète réussite, musicale et commerciale. Le disque obtient deux nominations aux Grammy Awards américains et le magazine US référence Guitar Player décerne à Stevie Ray en cette année 1983 trois récompenses : meilleur nouveau talent, meilleur guitariste de blues électrique et meilleur album de guitare - un triplé que seul Jeff Beck réalisa en 1976.

Reste maintenant pour SRV à franchir le cap souvent délicat du second album…
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Re: Stevie Ray Vaughan

Message par Leekarbonat le Lun 20 Fév 2006 - 20:31

Après le succès de leur premier album Texas Flood, le deuxième opus de Stevie Ray Vaughan & Double Trouble est attendu avec impatience. SRV ne déçoit ni ses fans ni la critique. Avec Couldn't Stand The Weather, qui sort en 1984, il persiste et signe, confirmant son nouveau statut de star du blues-rock. L'album, toujours produit par John Hammond, est enregistré rapidement en quelques semaines après une tournée de 18 mois en Amérique du Nord.

Couldn't Stand The Weather est un disque dense et coloré. On y trouve des morceaux caractéristiques du répertoire rock & blues de SRV : Honey Bee, rock 'n roll énergique ; Tin Pan Alley, blues lent inspiré ; Scuttle Buttin', instrumental virtuose. Et aussi des morceaux aux sonorités plus originales, dévoilant la large palette musicale du texan : Couldn't Stand The Weather, sorte de funk-blues expérimental sur lequel son frère Jimmie Vaughan tient la seconde guitare ; le très contemporain Cold Shot, son premier single à entrer dans les charts US ; Stang's Swang, une composition inspirée par un des jazzmen favoris de Stevie, Kenny Burrel. L'album contient également des hommages à deux de ses idoles : The Things (That) I Used To Do de Guitar Slim, et surtout une version magistrale du Voodoo Chile de Jimi Hendrix, que SRV inclut dans le but avoué de dispenser la bonne parole du maître auprès de son plus jeune public : "J'adore sa musique, et je pense que c'est important d'écouter ce qu'il faisait."

CSTW est un disque au son plus élaboré que Texas Flood, et peut-être y perd-il un peu en spontanéité. Mais la sincérité est toujours là, et la galette devient rapidement disque d'or puis de platine. Stevie obtient son premier Grammy Award pour le titre Texas Flood enregistré au Festival de Jazz de Montreux en 1982, sorti sur l'album compilation d'Atlantic Blues Explosion (et depuis disponible sur le Live At Montreux 1982 & 1985). Il est une nouvelle fois élu meilleur guitariste de blues électrique par le magazine Guitar Player, prix qu'il recevra tous les ans jusqu'en 1991.

En cette année 1984, SRV travaille également sur Strike Like Lightning, l'album du come-back de son mentor et ami Lonnie Mack, qu'il coproduit avec celui-ci et sur lequel il apparaît sur plusieurs titres. Le disque sortira l'année suivante en 1985.

Le 4 octobre 1984, le lendemain du jour anniversaire de ses 30 ans, Stevie se produit au mythique Carnegie Hall de New York, accompagné par son frère Jimmie, ses amis Dr. John et Angela Strehli, et pour la première (et seule) fois de sa carrière par une section de cuivres, en l'occurrence les Roomful Of Blues. Ce concert d'anthologie sera immortalisé par la sortie en 1997 du superbe album posthume Live At Carnegie Hall.

Jouer au Carnegie Hall, c'était comme gagner un Grammy ou réaliser quelque chose de vraiment spécial. Sur le moment, tu n'es pas forcément conscient de ce que ça a de particulier. Tu fais ce que tu as à faire, simplement. Mais plus tard, quand tu y réfléchis, tu te dis, "Wow, est-ce que ça m'est vraiment arrivé, à moi ?" - Jimmie Vaughan

La sortie de Couldn't Stand The Weather est suivie d'une nouvelle tournée intensive, au cours de laquelle Stevie absorbe des quantités importantes d'alcool et de cocaïne - une habitude contractée au cours de ses années à Austin. Puis le groupe achève sa série de shows pour rentrer en studio et travailler sur son troisième album, Soul To Soul.

L'enregistrement de Soul To Soul, toujours sous la houlette de John Hammond, prend cette fois près de trois mois. SRV consacre davantage de temps à l'écriture, signant cinq des dix titres du disque. Double Trouble accueille un nouveau membre, le clavier Reese Wynans. Cet excellent musicien vient étoffer le son du groupe et livre à cette occasion un véritable travail d'orfèvre, se fondant à merveille dans la musique du trio originel.

On enregistre l'album à l'ancienne, live, ensemble dans la même pièce et sans casques. Le studio a été arrangé comme une scène, mais avec les amplis orientés de telle façon que les musiciens puissent entendre ce qui en sort. [...] On enregistre à l'ancienne en utilisant le meilleur de l'équipement moderne, et c'est une bonne combinaison. - Stevie Ray Vaughan

Soul To Soul, à l'instar de CSTW, contient du blues-rock classique : Lookin' Out The Window et Look At Little Sister, deux shuffles mid-tempo ; You'll Be Mine, rock à la Bo Diddley ; Empty Arms, blues traditionnel où SRV rend hommage à B.B. King. Et des titres aux accents plus contemporains, comme Change It et ses progressions d'accords sophistiquées ou Gone Home, un instrumental jazzy sur lequel dialoguent la guitare de Stevie et le Hammond B3 de Reese Wynans. S'y trouve également la composition d'Earl King Come On, déjà reprise par Jimi Hendrix sur Electric Ladyland. Beaucoup de points communs donc avec Couldn't Stand The Weather : Soul To Soul est d'une certaine manière son prolongement, solide, versatile et pourtant très cohérent. Trois autres morceaux sont des moments forts de l'album : l'extraordinaire instrumental Say What aux effets de wah-wah hendrixiens ; le slow blues Ain't Gone 'N Give Up On Love sur lequel SRV paie son tribut à Albert King ; et la magnifique ballade soul Life Without You, très Otis Redding / Booker-T & the MGs. Ces titres deviendront des classiques du répertoire live de SRV.

Soul To Soul, que Stevie dédie à son défunt ami luthier Charley Wirz, arrive dans les bacs fin 1985. C'est un nouveau succès et l'album devient bientôt disque d'or. Say What vaut à Stevie une nouvelle nomination aux Grammy Awards. S'ensuit alors une énorme tournée aux USA et en Europe, au cours de laquelle SRV, toujours dépendant de la drogue et de l'alcool, va connaître une progressive descente aux enfers.

Après la sortie de Soul To Soul en 1985, Stevie Ray Vaughan & Double Trouble tournent intensément en Amérique du Nord et en Europe, à la fois pour promouvoir leur troisième LP et rassembler du matériel pour un futur album live.

Depuis la réussite de Texas Flood en 1983, la vie de SRV pourrait ressembler à une belle success story. Mais la réalité est tout autre. Celui-ci absorbe des quantités de plus en plus importantes d'alcool et de cocaïne, pour tenir le rythme effréné des concerts mais aussi pour surmonter des problèmes plus personnels. Il confesse en 1988 : "Je m'étais rendu compte que si je restais chargé tout le temps, mon ego se tassait à l'arrière plan, et je n'avais pas à m'inquiéter de choses auxquelles j'aurais dû réfléchir. C'était beaucoup plus confortable pour fuir mes responsabilités. Il y avait un tas de choses que je fuyais, et l'une d'entre-elles, c'était moi. J'étais un adulte de 33 ans avec un gamin de 6 ans à l'intérieur, effrayé et se demandant où se trouve l'amour." Albert King et Eric Clapton seront parmi les premiers à essayer d'ouvrir les yeux de SRV sur son addiction et à le mettre en garde, sans succès.

Honnêtement, je peux dire que je suis vraiment heureux d'être en vie aujourd'hui. Parce que livré à moi-même, je me serais tué lentement. - Stevie Ray Vaughan, 1988

L'abus de substances toxiques affecte la santé de Stevie Ray, son jeu et par voie de conséquence la qualité des performances du groupe. D'autant que Tommy Shannon cède lui aussi aux mêmes démons que SRV. Ce dernier avoue : "Sûr, ça altérait mon jeu. Bien sûr, je pensais, 'Boy, est-ce que ça ne sonne pas bien ?' Et il y avait de super notes qui sortaient, mais pas toujours nécessairement de mon fait. C'était un peu comme si j'étais ballotté à travers quelque chose. J'avais perdu le contrôle."

En 1986, la formation a enregistré suffisamment de morceaux live pour s'attaquer au mixage de son quatrième album. Stevie mène de front travail en studio et concerts dans des conditions hallucinantes : "Mon truc était de ne pas dormir du tout. Je restais au studio toute la nuit, faisant les mix du live et choisissant les titres. Je quittais le studio aux alentours de midi, allais à l'hôtel pour prendre une douche, filais au soundcheck et jouais le set. Puis je retournais au studio. Et tout le truc recommençait à nouveau. Pendant deux semaines entières j'ai fait ça. […] Il fallait qu'on en paie le prix, et la seule façon à nos yeux de faire face était : Oh, tu es trop fatigué ? Bon, tiens, sniffe un peu de ça."

Une partie du truc est que ce genre de conduite est accepté dans ce business. C'est une réflexion classique : "Bon sang, il est vraiment foutu, mais il peut vraiment encore bien jouer." - Stevie Ray Vaughan

Live Alive - dont le titre est pour le moins paradoxal - sort courant 1986. Sur plusieurs morceaux (Cold Shot, Look At Little Sister), on peut entendre un SRV exsangue, la voix complètement atone : "On était tous exténués. […] Certains de ces concerts européens étaient OK. Certains sonnaient comme s'ils étaient le travail de gens à moitié morts". Le disque contient cependant quelques perles, dont une interprétation venimeuse de l'inédit I'm Leaving You (Commit A Crime) de Howlin' Wolf ; une reprise funk-rock boostée de Stevie Wonder, Superstition ; une fantastique version live de Say What qui vaut à Stevie Ray son deuxième Grammy Award. A noter la présence sur quatre morceaux de Jimmie Vaughan, dont le travail à la basse 6 cordes sur Love Struck Baby est remarquable. L'album fera une carrière plus qu'honorable - il sera en quelques mois consacré disque d'or.

Le groupe enchaîne avec une nouvelle tournée et s'envole pour l'Europe. L'état de santé de Stevie continue de se dégrader. Les cocktails d'alcool saupoudrés de coke font des ravages et le musicien est au bord de la rupture : "Je me réveillais et je m'enfilais quelque chose, pour me débarrasser de la douleur que je ressentais. Whisky, bière, vodka, tout ce qui me tombait sous la main." Début octobre 1986, il touche le fond en s'écroulant en plein milieu d'un show sur une scène londonienne.

Instinctivement, il lance un littéral appel de détresse à sa mère Martha, qui fait le déplacement depuis Dallas pour le rejoindre alors qu'il est hospitalisé dans une clinique de Londres. SRV repart quelques jours plus tard aux Etats-Unis pour suivre une cure de désintoxication à Marietta en Georgie. Loin d'Austin où, dit-il, "La plupart des gens que je connaissais étaient ceux qui me fournissaient la came." Il reçoit alors de nombreux messages de soutien de ses proches ainsi que les visites des fidèles Jackson Browne et Eric Clapton, ce dernier ayant lui aussi en son temps connu les mêmes démons que Stevie Ray.

Beaucoup de gens m'ont écrit, appelé, soutenu, parce qu'ils étaient passés par là. Ces gens-là m'ont sauvé la vie. Et maintenant il ne se passe pas un seul jour que je vis, où que je sois, à un moment ou à un autre de la journée, sans que le souvenir de ces personnes ne me revienne. - Stevie Ray Vaughan, 1988

Un mois plus tard, Stevie Ray sort du centre de soins et débute la méthode de réhabilitation en 12 étapes des Alcooliques Anonymes. Commence alors pour lui un important travail de reconstruction personnelle, et surtout une nouvelle vie : Stevie ne retouchera plus une seule fois à la drogue et l'alcool.
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Re: Stevie Ray Vaughan

Message par Leekarbonat le Lun 20 Fév 2006 - 20:32

En 1987, Stevie Ray Vaughan a retrouvé suffisamment de forces et de vitalité pour recommencer à tourner. Il est définitivement débarrassé de son addiction à la cocaïne et mène avec une volonté de fer un combat quotidien contre la tentation de l'alcool - un mal pernicieux infiniment plus sournois que la drogue. "Occupe-toi d'aujourd'hui - c'est ça l'idée. Maintenant chaque jour est une nouvelle victoire", explique-t-il. Mais le texan tient bon, tout comme Tommy Shannon, lui aussi en pleine rédemption. Et c'est maintenant un SRV clean et sobre qui reprend la route, à l'instar de toute son équipe, du roadie au technicien du son : le softball et les haltères remplacent la coke et le whisky durant les moments de temps libre.

J'en suis venu à réaliser que le problème de l'alcool, le problème de la drogue et la peur étaient tous des symptômes d'un problème sous-jacent appelé manque d'amour. Une fois que vous devenez vraiment toxicomane ou alcoolique, la boisson et la drogue prennent la place des gens que vous aimez et des gens qui vous aiment. Vous oubliez comment aimer, vous rejetez l'amour. Vous devenez consumé par la peur. - Stevie Ray Vaughan

Stevie fait en 1987 une courte apparition dans le film Back To The Beach, dans lequel il tient son propre rôle. Pour la bande originale, il enregistre avec la légende de la surf music Dick Dale une version du standard Pipeline, qui lui vaudra une nouvelle nomination aux Grammy Awards (ce morceau figure sur la compilation Greatest Hits II). SRV participe également à une jam-session d'anthologie en l'honneur de B.B. King, filmée pour la télévision, en compagnie entre autres d'Albert King, Eric Clapton, Phil Collins et du grand harmoniciste de blues Paul Butterfield.

En 1988, Stevie Ray Vaughan & Double Trouble poursuivent leurs concerts à travers les Etats-Unis. C'est seulement l'année suivante que le groupe pose ses valises pour travailler à l'enregistrement de l'album de leur come-back discographique. C'est ainsi qu'en juillet 1989 sort In Step, leur cinquième opus, véritable rayon de soleil trois ans après le Live Alive de la sombre année 1986. In Step, dont le titre fait référence au programme de réhabilitation en 12 étapes (12 steps) des A.A. que suit Stevie, est un disque magistral, l'oeuvre d'un musicien à nouveau en pleine possession de son art.

Par le choix de ses titres, In Step n'est pas fondamentalement différent de Couldn't Stand The Weather ou Soul To Soul. On y trouve du blues, bien sûr, traditionnel et contemporain ; du rock, du funk, du jazz. Egalement des reprises d'idoles de Stevie, en l'occurrence Buddy Guy et Howlin' Wolf. Mais SRV insuffle à chaque morceau une magie et une énergie régénérées, et son jeu de guitare atteint un niveau d'intensité exceptionnel. Parmi les titres phares de l'album, citons Crossfire, blues-rock moderne et carré qui se hisse à la première place des hits radio, une première dans la carrière du texan ; Tightrope et Wall Of Denial, deux compositions funk-rock cosignées SRV-Bramhall, hantées par les expériences douloureuses du guitariste ; The House Is Rockin', rock n' roll incendiaire au solo exemplaire d'efficacité et de concision ; Leave My Girl Alone de Buddy Guy, blues lent dans lequel Stevie fait littéralement pleurer sa guitare ; et le sublime Riviera Paradise, ballade instrumentale jazzy, écho du Lenny de Texas Flood.

In Step, que Stevie dédie à son défunt producteur et ami John Hammond Sr., rencontre un immense succès populaire et est salué unanimement par la critique. Certifié en peu de temps double disque de platine, il vaudra à Stevie Ray son troisième Grammy Award en tant que meilleur album de blues contemporain. La sortie du disque est suivie d'une gigantesque tournée américaine jouée à guichets fermés, durant laquelle SRV partage la vedette avec Jeff Beck. Les deux gâchettes de la six cordes se livreront à cette occasion à des joutes de guitare mémorables.

Quand j'ai vu Stevie pendant le Guitar Shop Tour en 89 ou 90, il était complètement sain, jouant mieux que jamais. J'étais tout simplement stupéfié ; il pouvait me faire redécouvrir le blues chaque soir. - Jeff Beck

Fin 1989, dans son fief du Texas lors de la cérémonie des Austin Music Awards, SRV est consacré musicien de l'année et musicien de la décennie. Il reçoit également les prix de l'album de la décennie pour Texas Flood, de l'album de l'année pour In Step, et du single de l'année pour Crossfire.

En janvier 1990, Stevie interprète quelques titres à la douze cordes acoustique pour l'émission MTV Unplugged. Au printemps, il prend pour un temps congé de Double Trouble et rentre en studio avec son frère Jimmie afin d'enregistrer un album en commun - un projet de longue date que les Vaughan n'ont encore jamais eu l'occasion de concrétiser. Leur collaboration donne naissance à Family Style, un disque sublime où l'alchimie entre les voix et les sons de guitare complémentaires des deux frères fait merveille. Produit par Nile Rodgers, Family Style est un album gai et enlevé, très rock texan (Hard To Be, White Boots, Good Texan), avec des touches de soul (Tick Tock), de funk (Telephone Song, Baboom/Mama Said) et de blues (Brothers). Le plaisir que prennent Stevie et Jimmie à jouer ensemble transparaît dans chaque morceau.

Stevie Ray Vaughan décède brutalement peu de temps avant la sortie de l'album, dans un accident d'hélicoptère après un concert dans le Wisconsin. Le disque fera un véritable carton, et obtiendra deux Grammy Awards en 1991 : meilleur album de blues contemporain et meilleur instrumental rock pour le titre D/FW.

Après la tournée en compagnie de Jeff Beck, Stevie Ray Vaughan & Double Trouble entament un nouveau tour de deux mois aux Etats-Unis avec Joe Cocker. Puis le trio est convié, avec le Robert Cray Band, à rejoindre Eric Clapton pour deux shows exceptionnels les 25 et 26 août 1990 à Alpine Valley, une station de ski près d'East Troy, Wisconsin.

Le soir du 25, Jeff Healey et Bonnie Raitt rejoignent sur les planches, en guest-stars, Clapton, Cray et Vaughan. Le lendemain, c'est au tour de Buddy Guy et Jimmie Vaughan, le frère de Stevie, de participer à la fête.

SRV est au meilleur de sa forme et impressionne autant ses partenaires de scène que le public. Buddy Guy témoigne : "Je n'oublierai jamais quelques-uns des riffs qu'il jouait ce soir-là. Je pense que c'était un de ses tout meilleurs concerts." Eric Clapton confirme, dans une confession à la fois émouvante et étonnante de la part d'une des plus grandes figures de la guitare rock : "Le premier soir, j'ai regardé son set pendant à-peu-près une demi-heure et j'ai dû m'en aller parce que je ne pouvais pas affronter ça. J'allais jouer après ce gars-là, et simplement je ne pouvais pas affronter ça. J'en savais assez pour savoir que son jeu allait tout bonnement devenir meilleur de jour en jour. […] Il fallait que je parte juste pour conserver un tant soit peu de santé d'esprit ou de confiance en moi."

Jimmie, interviewé en octobre 1990, se souvient lui aussi de la prestation de son frère : "Oui, tu ne pouvais pas rivaliser avec lui. Mais tu ne peux pas non plus rivaliser avec Buddy Guy ou Eric Clapton quand ils font leur truc. Et Robert Cray était là aussi, et il a cassé la baraque ce soir-là. Clapton aussi, tout le monde l'a fait. Mais Stevie était sur un nuage ou quelque chose comme ça."

Le second soir, après un jam final de plus de 20 minutes sur le standard de Robert Johnson Sweet Home Chicago, où les solos de guitare s'enchaînent les uns après les autres, les artistes quittent la scène. SRV s'apprête à prendre le chemin du retour par la route vers Chicago où il séjourne alors, lorsqu'il apprend qu'une place est libre dans un des hélicoptères affrétés pour le show. Le "Sweet Home" ne sera jamais atteint. L'hélicoptère, qui compte à son bord, outre Stevie, le tour manager, l'agent et le garde du corps de Clapton, se crashe dans le brouillard contre un versant le 27 août 1990, vers une heure du matin, quelques minutes après le décollage. L'enquête conclura à une erreur de pilotage.

Je l'ai vu jouer le samedi soir. Il jouait d'une façon incroyable. Pour moi, Stevie Ray Vaughan était le plus grand guitariste de blues. Pour le feu et la passion et la grâce, il était intouchable. Il était effrayant pour ceux d'entre-nous qui le regardaient. Mais il était si humble et si affable en tant qu'ami, et son jeu ne lui montait pas à la tête. - Bonnie Raitt

L'accident est d'autant plus tragique qu'il fauche en pleine gloire un musicien qui, après avoir frôlé la mort par ses propres excès, s'est relevé à force de volonté pour vivre et jouer sa musique avec plus de passion que jamais.

L'annonce du décès de Stevie Ray Vaughan bouleverse ses fans mais aussi le milieu musical. Nombreux sont les artistes qui appréciaient l'homme en même temps que le musicien. B.B. King, ému, déclare : "C'est une perte pas seulement pour la musique, c'est une perte pour tous les gens. [...] La seule chose qui m'empêche de pleurer, c'est de savoir la joie qu'il nous a apportée."

Je ne suis vraiment qu'un autre guitariste de Texas Blues, mais je pense que j'ai quelque chose de spécial à dire avec ma musique. - Stevie Ray Vaughan

SRV nous lègue cinq albums parus de son vivant. Son frère Jimmie et sa mère Martha Vaughan gèrent avec un soin tout particulier son héritage artistique. La discographie posthume du guitariste texan est un modèle de bon goût, comme en témoignent les superbes opus live In The Beginning (1992), Live At Carnegie Hall (1997), Live At Montreux 1982 & 1985 (2001) ; ou encore le splendide The Sky Is Crying (1991), compilé par Jimmie lui-même, certifié disque de platine en quelques mois, qui vaudra à Stevie deux Grammy Awards posthumes en 1991 : meilleur album de blues contemporain et meilleur instrumental rock pour la reprise d'Hendrix Little Wing. Stevie Ray Vaughan n'est plus là, mais sa musique vit toujours.
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Re: Stevie Ray Vaughan

Message par Jungleland le Lun 20 Fév 2006 - 20:49

superbe biographie !

j'ai tout lu d'une traite; félicitations !

j'ai juste une remarque sur Robben Ford : déjà c'est pas vraiment le même style que Stevie Ray et de plus ça faisait depuis 1971 que Robben était dans le circuit donc bon je suis pas trop d'accord sur l'influence qu'a pu avoir SRV sur lui

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Re: Stevie Ray Vaughan

Message par Leekarbonat le Lun 20 Fév 2006 - 21:12

Il n'a peut être pas eu d'influence sur son jeu, mais sur ça personne.
Aller en cadeau, un interview de Stevie dans une chambre d'hotel avec un mini ampli, qui explique un peu ses riff et ses solo Cool
http://s8.yousendit.com/d.aspx?id=1ZMEHYH2ZZ4XC0SMAOZZCL111S


Dernière édition par le Mar 21 Fév 2006 - 18:00, édité 1 fois
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SRV Histoire d'amour

Message par mistyblues le Mar 21 Fév 2006 - 15:40

Merci Leekarbonat! sunny

Sensas la Bio!Like a Star @ heaven

Yeah! Shucks!

Ton histoire d'Amour musical avec SRV est vachely magique!

Soul and Body voilà le Blues pas juste en 'jeu' mais en puisssants feelings all over the strings...
(sans jeu de mots please) lol!
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Re: Stevie Ray Vaughan

Message par Leekarbonat le Mar 21 Fév 2006 - 18:01

Hey oui je l'aime notre ami Stevie ! I love you Il m'a tellement apporté Cool
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Re: Stevie Ray Vaughan

Message par Invité le Mer 29 Mar 2006 - 22:19

T'as tout à fait raison ce mec, Stevie était une pure merveille !!!
C'est dingue qu'il soit mort dans ces conditions, il aurait pu nous pondre un sacré paquet d'autres chefs-d'oeuvre et peut-être Ô bonheur suprême nous permettre de le voir en LIVe !!!! T'imagines ce pied indescriptible, un concert de SRV, Ah que ne donnerai-je pas pour ça...

Juste un petit backup sur Jimmy Thackery que notre Jungle (bah oauis depuis aujourd'hui c'est le mien aussi alors je dis "nôtre") avait présenté : mais dis donc c'est assez terrible !!!!!
Bon ça n'a rien du feeling incroyable de SRV mais c'est plutôt trés chouette, je sens que mon père va apprécier mon insription sur le forum, je vais lui filer de nouvelles idées de CDs de blues à commander...

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Re: Stevie Ray Vaughan

Message par Invité le Dim 2 Avr 2006 - 12:30

en pleine phase SRV, après avoir downloadé un paquet de petites choses (boots) plus magnifiques les unes que les autres, je viens de me délecter de cette bio, magnifiquement écrite et vivante.
Elle me permet de mieux éclairer ma (re)découverte du bonhomme.

Merci

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Re: Stevie Ray Vaughan

Message par Invité le Mer 5 Avr 2006 - 17:58

Salut a tous...
Je suis a la recherche de la description des amplis/effet q utiliser SRV notament sur " live at the l mocambo"..
Je vous poste un petit lien sur mon intro de litlle wing...

http://julienjb.ifrance.com/musique/julittlewing.mp3

merde mon lien marche pas... il faut aller sur http://julienjb.ifrance.com et cliquer sur musique....

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Re: Stevie Ray Vaughan

Message par Invité le Ven 7 Avr 2006 - 16:53

bah il parait qu'il utilisait 2 TS808 en série (pédales de disto Ibanez), après je sais plus, il me semble que c'était un ampli Fender (à tube ça va de soi...) mais là je suis pas sûr...

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SRV

Message par papiblues le Sam 8 Avr 2006 - 1:53

http://www.youtube.com/w/Stevie-Ray-Vaughn---%22Little-Wing%22?v=R_yFxGWbQgI&search=blues

Si vous souhaitez apprendre a jouer de le style SRV:

http://www.imineo.com/realisateur.php?id=100

C'est incroyable je ne connaisais pas ce super guitariste il y a peu de temps ! Je ratrape le temps perdu...

http://www.radioblogclub.com/search/0/stevie_ray_vaughan
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Re: Stevie Ray Vaughan

Message par Invité le Sam 8 Avr 2006 - 9:14

Pour ceux qui regrettent de ne pas l'avoir vu.


[img][/img]

Ce premier soir était épouvantable, stevie a dû quitter la scène après s'être à moitié écroulé, quelques minutes sont passées et il est revenu finir le set en meilleur état mais pas vraiment au top.


[img][/img]

Le soir suivant il nous a gratifié d'un show digne de ce nom, du grand Stevie Ray, avec final coiffé en chef indien (j'avais plus de péloche, mes potes se marrent encore).

La dernière fois où je l'ai vu, avec BB King en 88

[img][/img]

Un très bon concert, peut-être un peu court. Ce soir la, j'avais pris plus de pellicules et j'étais très près.

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Quelqu'un a-t-il (ou a-t-il vu) Back to the beach ?

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Re: SRV

Message par Invité le Sam 8 Avr 2006 - 12:19

papiblues a écrit:http://www.youtube.com/w/Stevie-Ray-Vaughn---%22Little-Wing%22?v=R_yFxGWbQgI&search=blues

Ce lien que tu donnes c'est une vidéo qui se trouve à la fin d'unu DVD concert qu'il est IMPERATIF de posséder !!!

Live from Austrin Texas : http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/B00007L9XS/qid=1144491440/sr=1-4/ref=sr_1_11_4/402-2422483-8932132
(Je fais pas spécialement de pub pour Amazon, on le trouve ailleurs...)

Mais ce DVD est tout simplement FANTASTIQUE, je renoncerais à tous mes autres DVD concerts pour celui-là !

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Re: Stevie Ray Vaughan

Message par Invité le Mer 12 Avr 2006 - 23:53

cela devait trop bon de jouer avec ce type (comme avec tout bon musicien, d'ailleurs). il faut avoir un sacré niveau pour reprendre du Hendrix à sa propre manière sans déteriorer l'oeuvre première ; Stevie pouvait...

accompagné d'un excellent bassiste et d'un batteur qui cache souvent son jeu, Double trouble constitue un de mes groupes de blues préférés...

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