JODY WILLIAMS

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JODY WILLIAMS

Message par Invité le Dim 9 Juil 2006 - 19:13

JODY WILLIAMS




Joseph Leon Williams naît le 3 février 1935 à Mobile dans l’Alabama. Il arrive à Chicago en 1941, avec sa mère, qui est domestique, alors qu’il n’a que cinq ans. Il exerce ses premiers dons dans la peinture mais commence à s’intéresser à la musique.
Il commence par l’harmonica, sur lequel il joue Peg o’my heart, September song, Autumn Leaves. Il joue dans des kermesses, puis des shows radio.
Lorsqu’il a 16 ans, il joue dans un show amateur au Willard Theater. Il y croise un certain Ellas McDaniel (futur Bo Diddley), guitariste accompagné par un joueur de washtub (une basse à une corde ayant pour base un bac à laver le linge, sauf erreur de ma part), dénommé Roosevelt. Backstage, Jody demande à Bo de lui apprendre la guitare. Ce dernier accepte et lui apprend les rudiments de la guitare blues, les lignes de basse (vous savez, les walking bass, inventées par les pianistes des années 20, adaptées à la guitare par Robert Johnson principalement et qui, accélérées par Chuck Berry, ont donné le rock’n’roll).
Sa mère lui achète une guitare trouvée chez un prêteur sur gage, et il accompagne Bo sur Maxwell Street. Désirant aller au-delà des simples basses marchantes, il prend des leçons de guitare mais renonce rapidement, rechignant à apprendre à monter et descendre les gammes. Il va donc développer ses dons sur le tas.
A 17 ans, il quitte le foyer familial et emménage dans un immeuble appartenant au père des frères Chess. Il y croise Otis Spann, Henry « Pot » Strong et Danny Overbea.
Il joue toujours avec Bo Diddley, qui s’est adjoint les services de Billy Boy Arnold, successivement à l’Indiana Theater, au 708 Club, puis intègre pour un temps les Three Blazers de Johnny Moore, avec un certain Charles Brown au piano. Le jeu de guitare de Johnny Moore le marquera beaucoup, de son propre aveu. Il accompagnera également Henry Gray, Morris Pejoe, Bobby Bland, Junior Parker ou Memphis Slim.
En mars 1954, il devient le lead guitarist de Howlin’ Wolf, pour deux année, y compris en studio où il joue sur les légendaires Evil, Baby how long…Lors d’une fameuse session, alors que Jody vient de livrer un solo très empreint de BB King, Wolf lui présente un vieil ami de Memphis, BB King en personne, qui le félicite cependant de son jeu. Le jour même, ils enregistrent ensemble derrière Otis Spann…
Jody retourne dans le groupe de Bo Diddley au milieu des années 50, pour une tournée où il accompagne autant Bo que les Teen Queens, un groupe de Doo Wop, ou derrière Big Joe Turner.
Entre temps, en 1955, il enregistre derrière Billy Boy Arnold pour six de ses premiers titres chez VeeJay : “Don’t Stay Out All Night/I Ain’t Got You/Here’s My Picture/You’ve Got Me Wrong/ I Was Fooled/I Wish You Would”. Il écrit d’ailleurs “I Was Fooled” pour Billy Boy.
A la fin de cette année, il enregistre son premier single pour Blue Lake : « Lookin’ For My baby/Easy Lovin’ ».
En 1956, il découvre un chanteur, Billy Stewart, qui se trouvait être le roadie du groupe de Bo Diddley. Il le recommande auprès des frères Chess, lui refourgue une de ses chansons, qu’il jouait avec Bo, « Billy’s Blues ». Ce sera un petit tube local.
Mais cette chanson, littéralement pompée par Mickey Baker, un guitarist de studio New-Yorkais flanqué d’une chanteuse, Sylvia Vanderpool, avec soi-disant l’autorisation de Bo Diddley, deviendra sous le titre « Love is strange », chanté par Mickey & Sylvia un énorme tube. Chess introduit dans l’immédiat une action en justice contre RCA, éditeur de la chanson.
Cela n’empêche pas Jody Williams d’enregistrer en 1957 deux titres sortis sur un sous-label de Chess, Argo : « Lucky Lou » et « You May ».
« Lucky Lou », un instrumental en mineur sera pompé par Otis Rush pour son « All Your love ». Le solo de Jody sur You May sera également repompé par Otis Rush sur le titre « Sit & Cry The Blues » de Buddy Guy, son premier single chez Chess. Bon, il est vrai que Jody aurait lui-même adapté cette chanson du « Mother Earth » de Memphis Slim.
En 1958, il est incorporé et envoyé en Allemagne où il rencontre soi-disant un autre incorporé, un certain Elvis Presley.
De retour à Chicago en avril 1960, il reprend à son compte l’action en justice contre RCA et engage l’avocat Gene Goodman, le frère de Benny. Il sera débouté par une Cour en 1961. Williams suspecte toujours un arrangement occulte entre Arc, maison de publication de Chess, dont Gene Goodman était associé, et RCA.
Malgré son amertume, il continue ses activités musicales. Il fonde un combo, le Big Three Trio (rien à voir avec le groupe de Willie Dixon), et écume les clubs de Chicago.
Il rencontre en 1962, une Blanche, Delores Jean Hadenfelt dans un club de Chicago. Après une relation de deux années, et malgré le racisme encore prégnant, il l’épouse et le couple s’installe dans le South Side. Un garçon, Joseph, naît rapidement de cette union.
Faisant face à ses responsabilités de père de famille, Jody retourne à l’école étudier l’électronique.
En 1966, il enregistre cependant son dernier single sur le label Yolanda « Time for a change » et range sa guitare sous son lit. Elle y restera trente ans. Dégoûté du blues business, Jody cesse de fréquenter les clubs, se concentre sur son travail dans l’électronique et revient à la peinture. Il aura deux autres enfants, Sissy et Jason.
Il travaillera comme ingénieur pour Xerox jusqu’en 1994.
Son retour aura lieu en 2000. Lors de la fête organisée pour les 80 ans de Robert Lockwood, il est invité par ce dernier, et rencontre en particulier l’harmoniciste-producteur Scott Dirks et tous ses anciens amis de Chicago qui le poussent à revenir. Son retour aura lieu le dernier jour du Chicago Blues Festival où il accompagne Billy Boy Arnold.
Jody recommence à jouer. Il passe au Blues Estafette en novembre 2000, accompagne John Primer en Italie en mai 2001, joue au Howlin’ Wolf Blues Festival à West Point. Il fait un passage dans les clubs de la Nouvelle-Orléans et revient à Chicago.
Le miracle se produit en 2002 avec la sortie du CD « Return of a Legend » sur Evidence, qui révèle que Jody Williams n’a rien perdu de ses talents de guitariste. Il est accompagné de guests intéressants, Billy Boy Arnold, Rusty Zinn, Sean Costello. La guitare rythmique est assurée par Ronnie Baker brooks, le fils de Lonnie Brooks. Le chant de Jody n’est pas extraordinaire mais passe très bien. Bien sûr, il rejoue plusieurs de ses compositions dont « Lucky Lou », « You may », « Moanin’ For Molasses », mais qui s’en plaindra ? D’autant que pour cet album, il apporte 9 compositions superbes. De toute évidence il s’agit d’un des meilleurs CD de ces dernières années.
Il enregistre un second CD sur Evidence, « You Left Me in The Dark », que je n’ai pas entendu.
Il a tourné en France où le public a semble assez partagé. Il est vrai que son blues est assez varié et sort du cadre du shuffle blues habituel du type Magic Slim. Pourtant la richesse de sa musique mérite qu’on s’y arrête à deux fois. Pour ma part j’adore les instrumentaux en mineur du type West Side Sound, et Jody en est très certainement le fondateur et le roi.
Si vous le pouvez, achetez le CD « Return of a Legend » les yeux fermés, vous ne serez pas déçu. Pour ma part, il est temps que je me procure le CD « You Left Me in The Dark ».

DISCOGRAPHIE :

Lookin’ For My baby/Easy Lovin’ (Blue Lake) Décembre 1955
Groan My Blues Away, I Feel So Alone (De la même session mais non éditées à l’époque)

You May/Lucky Lou (Argo 5274) début 1957
What Kind Of Gal Is That ? (De la même session mais non éditée à l’époque)

Lonely Without You/Moanin’ For Molasses (Nike 1013)
Lonely Without You/Time For A Change (Jive 1004)
Moanin’ For Molasses/Hideout (Smash 1801)
Trois singles pour quatre chansons issues d’une session de 1962.

Time For A Change/ Lonely Without You (Yolanda 8665) en 1966

2002 Return Of A Legend (Evidence)
2004 (?) You Left Me In The Dark (Evidence)

NB: Lookin’ For My baby/Lonely Without You/Moanin’ For Molasses/Hideout/You May/Lucky Lou sont trouvables sur un LP chez red Lightnin’ “The Leading Brand”.
Lookin’ For My baby/Easy Lovin’/Groan My Blues Away/I Feel So Alone se trouvent sur un CD “Cool Playing Blues” chez Relic.


DISCOGRAPHIE COMME SIDEMAN :

HOWLIN WOLF :
Baby How Long/Evil (Chess 1575)
I’ll Be Around/Fourty Four (Chess 1584)
Who Will Be Next/I Have A Little Girl (Chess 1593)
Come To Me Baby/Don’t Mess With My Baby (Chess 1607)

OTIS SPANN :
Five Spot/Must Have Been The Devil (Checker 814)

JIMMY ROGERS :
Can’t Believe/One Kiss (Chess 1659)

BO DIDDLEY :
Who Do You Love/I’m Bad (Checker 842)
Diddy Wah Diddy/I’m Looking For A Woman (Checker 832)
Dancing Girl (non édité à l’époque, trouvable sur le LP Have Guitar Will Travel)

BILLY STEWART :
Billy’s Blues parts 1&2 (Chess 1625)

BOBBY CHARLES :
Why Did You Leave Me
Watch It Sprocket
Don’t You Know I Love You (Chess & Checker)

JIMMY WITHERSPOON :
Congratulations
Ain’t Nobody’s Business (Chess LP 93003)

WILLIE DIXON :
All The Time (sur le CD “The Original Wang Dang Doodle”)
Walking The Blues (sur le coffret “Chess Blues”)

FLOYD DIXON :
Alarm Clock Blues/I’m Ashamed Of Myself (Checker 857)
Please Don’t Go (sur le coffret “Chess Blues”)

BILLY BOY ARNOLD :
Don’t Stay Out All Night/I Ain’t Got You (VeeJay 171)
Here’s My Picture/You’ve Got Me Wrong (VeeJay 192)
I Was Fooled/I Wish You Would (VeeJay 146)
+ 3 titres sur le LP Testament « Goin’ To Chicago » de Billy Boy Arnold
+ 3 autres titres sur la réédition CD

OTIS RUSH :
Groanin’ The Blues/If You Were Mine (Cobra 5010)
She’s A Good’Un/Three Times A Fool (Cobra 1523)

HAROLD BURRAGE :
Messed Up/ I Don’t Care Who Knows (Cobra 5012)
Stop For The Red Light/Satisfied (Cobra 5018)

LOU MAC :
Come Back Little Baby/Hard To Get Along With (Blue Lake 108)

BOBBY DAVIS :
I Was Wrong/Hype you Into Sellin’ (Bandera 2505)
One Love I Have/She’s A Problem (Bandera 2508)


Bon, après tout ça, vous avez compris que j'aime Jody Williams, alors pourquoi pas vous?

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Re: JODY WILLIAMS

Message par Jungleland le Lun 10 Juil 2006 - 11:09

eh bien merci pour cette biographie et cette discographie bien détaillés

c'est impressionnant cette vie entre boulot classique et musique. Pour ma part je connaissais un peu l'ancienne période pour avoir entendu quelques titres dans le temps et j'avoue que cela ne m'avait pas trop marqué.

par contre j'ignorais totalement qu'il était revenu dans le circuit il y a quelques années.

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Re: JODY WILLIAMS

Message par Invité le Mar 11 Juil 2006 - 13:22

Il est passé en France y a deux ans je crois, s'il repasse il faut voir ce gars ne serait-ce que pour l'entendre et le voir jouer de la guitare, c'est assez impressionnant.

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