Novembre 2012 : Tommy Johnson

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30102012

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Novembre 2012 : Tommy Johnson





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Ce trimestre nous allons parler de Tommy Johnson. Est-ce lui qui a "rencontré" le diable au carrefour avant Robert Johnson (ou bien ne serait ce pas Paganini qui a lui aussi parlé de ce pacte en son époque) ?

Ce qui est sûr c'est qu'il allie une relative méconnaissance de lui à une influence non discutable sur ses pairs et successeurs, jusqu'au fameux jeu de guitare derrière la tête.


et puis ... si le crossroad n'est qu'une légende, sa vie débridée faite d'alcool et de femmes, ne se mettant sur la route que pour subvenir à ses besoins, contribue aussi à la légende des bluesmen




et toujours le lien vers le fil général Tommy Johnson : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

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Novembre 2012 : Tommy Johnson :: Commentaires

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Message le Mar 30 Oct 2012 - 17:27 par Phil cotton color

Ah ces histoires de rencontre avec le Diable !... Rolling Eyes il y a bien plus de bluesmen qui disent avoir rencontré Dieu et on n'en fait pas toute une histoire !... Evil or Very Mad Laughing

Moi ce qui me m'étonne concernant ce grand bluesman qu'était Tommy Johnson, c'est son petit nombre d'enregistrements en regard de son talent et surtout de la longueur de sa carrière. Il n'est pas mort spécialement jeune (pour un bluesman !...) en 1956, après un concert dit-on, donc toujours actif, et pourtant aucun enregistrement après 1929 ! 27 ans, ça me paraît énorme pour un tel bonhomme. Certes il n'a pas eu le temps de bénéficier du Blues revival, mais entre 1930 et 1955, beaucoup d'autres bluesmen ruraux ont quand même réussi à graver ça et là quelques titres...

N'a t-il pas fait les efforts nécessaires pour ? (réticence à aller dans les grands centres urbains ?) ou était-il déjà si diminué par l'alcool qu'il n'intéressait plus grand monde ?

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Message le Mer 31 Oct 2012 - 9:53 par Jungleland

c'est d'autant plus vrai qu'il semblerait (je mets le conditionnel) qu'il ait laissé bon nombre d'oeuvres jamais gravées. Là encore légende ou réalité ?

Quant au coup du crossroad c'est le frère de Tommy, Ledell, qui raconte qu'un soir Tommy aurait rencontré un grand noir qui lui aurait accordé sa guitare ("A big black man walked up and took his guitar and tuned it") et qu'à la suite de cela il aurait pu jouer ce qu'il voulait (un type d'accordage particulier ? )

Ledell ajoute que jamais Tommy n'a parlé lui même d'avoir rencontré le diable.

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Message le Mer 31 Oct 2012 - 19:12 par Old_Debris

En 1915, il épouse Maggie Bedwell une belle petite de 14 ans, lui en à 19.
Il l'immortalisera quelques années plus tard avec ce beau blues....

In 1915, he married Maggie Bedwell, an attractive fourteen-year-old who was later immortalized in ‘‘Maggie Campbell Blues.’’(It should be mentioned here that Ishmon Bracey insists Maggie Campbell was a different Maggie, a former girlfriend of Johnson’s. But Johnson and Bedwell were living apart by this time, and his family felt the song was an attempt to win her back.)

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Note: David Evans lui consacre un livre.

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Message le Mer 31 Oct 2012 - 22:28 par Loic

Quel est son titre le plus célèbre? Il me semble que c'est Big Road Blues, repris un paquet de fois, mais il y a sans doute d'autres morceaux incontournables...
Avis aux érudits.

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Message le Mer 31 Oct 2012 - 22:59 par Jungleland

à mon avis ça reste le Canned Heat Blues

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Message le Jeu 1 Nov 2012 - 8:31 par Flovia

'Big road blues' est en tout cas bien connu des apprentis guitaristes, pour ses accords faciles et son rythme entraînant. Wink

Personnellement, ce qui me fascine en premier chez Tommy Johnson, c'est tout d'abord la distinction de sa voix. L'amplitude de celle-ci est par ailleurs tout aussi remarquable. Preuve, son aisance à jongler entre la voix de poitrine et celle de fausset, comme sur 'Cool drink of water', 'Canned heat' ou encore ' I want someone to love' où il iodle de belle façon:

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Message le Jeu 1 Nov 2012 - 13:30 par BAYOU

J'ai supprimé les posts de ROLLINPAT et PHIL dans une autre rubrique, la vidéo postée étant déjà sur ce topic

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Message le Jeu 1 Nov 2012 - 16:21 par Phil cotton color

Flovia a écrit:Personnellement, ce qui me fascine en premier chez Tommy Johnson, c'est tout d'abord la distinction de sa voix. L'amplitude de celle-ci est par ailleurs tout aussi remarquable. Preuve, son aisance à jongler entre la voix de poitrine et celle de fausset, comme sur 'Cool drink of water', 'Canned heat' ou encore ' I want someone to love' où il iodle de belle façon:
Oui je trouve aussi que sa voix est remarquable : beaucoup d'expressivité tout en étant particulièrement sobre et bien posée. Autrement, personnellement le yoddle ce n'est pas trop ma tasse de thé, et ce n'est donc pas ce que j'apprécie le plus chez Tommy Johnson... Wink

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Message le Ven 9 Nov 2012 - 20:20 par Flovia

Ah, tu n'apprécies pas, Phil? Je trouve ça plutôt sympa. Very Happy



...Comme j'ai désormais un peu plus de temps à y consacrer, je reviens sur Tommy Johnson.

Il y a déjà un point de la bio jointe au sujet qui me chiffonne : il y est écrit que T. Johnson serait né dans le Massachusetts confused
Et pourtant, de nombreuses sources situent sa naissance à Terry dans le Mississippi (MS). scratch

David Evans (d'après la relation qu'en fait le site 'Big road blues'), le signale originaire du comté de Hinds (MS), et né (7è d'une fratrie de 13 enfants) sur la plantation d'un certain George Miller. En 1910, sa famille aurait ensuite migré à Crystal Springs.

Selon son frère Ledell, il semble que leur géniteur fusse né esclave sur une plantation géorgienne, puis qu'il ait été vendu à la famille Johnson du comté de Copiah (MS) dont la demeure se trouvait aux alentours de Terry.
Il ressort également d'une autre bio ( tdblues.com/2009/05/tommy-johnson-life-and-death ) qu'a priori lui et son frère Ledell soient nés là.

Un rapide survol du document (traduit vite fait) :

Vers l'âge de 17 ans, Tommy travaillait pour Lynfield Redmann sur Terry (MS).  Il semble qu'il fut considéré par son employeur comme un bon travailleur, puisque celui-ci lui donna (ou lui confia?) cheval et buggy pour rentrer chez lui.
Il aurait laissé l'équipage à sa mère, Mary Ella Wilson, lorsqu'il partit deux semaines plus tard pour le Delta, en compagnie d'une femme d'âge mûr, une certaine Mrs Moore. Celle-ci croyait probablement déjà en ses capacités à la faire vivre convenablement de sa musique.

Johnson reste dans les environs de 'Fork Line' durant deux ans, puis il retourne à la plantation gérée par la famille Johnson, mais n'y reste guère.
Il gagne rapidement Boyle, de nouveau dans le Delta, y reste un court moment, et revient ensuite sur Terry. C'est à ce moment-là qu'il épouse Maggie Bedwell, une jeunesse de 14 ans, comme précisé par Odé.
Son frère et lui ont coutume de la cacher lorsque le père de la jeune femme vient demander à la voir.

Puis les deux frangins, accompagnés de Maggie, s'installent à Drew, dans le Delta, sur la plantation de Tom Saner.
Tommy y aurait rencontré Willie Brown & Dick Bankston . Peut-être les routes de Charley Patton et de Tommy s'y sont-elles croisées au hasard de House parties dansantes ou autres prestations juke joints ?
L'on murmure même de ci de là que, dès 1917, Johnson aurait appris à Patton la mélodie qui deviendra plus tard le célèbre 'Pony blues', enregistré en 1928.

Ledell retourne à Crystal Springs en 1918, mais Tommy garde son point d'attache sur Drew, duquel il navigue dans tout le delta, et jusqu'en Louisiane.
Il semble qu'il ait eu beaucoup de compagnes, assorti d'un certain nombre de remariages dont lui-même aurait perdu le compte. Parmi ses épouses, sont citées Miss D'Ella, une créole, ainsi qu' Ella Hill, Emma, Sophronie, et aussi une 'Rosie'.

...Maintenant, l'hypothèse reprise par wiki, et selon laquelle Tommy Johnson aurait très tôt cessé d'enregistrer parce qu'il pensait avoir signé une renonciation à tous ses droits d'auteur, paraît vraisemblable.
Cette méprise pourrait bien expliquer l'absence de sessions postérieures à 1929 , alors que, dans l'état du Mississippi, il est longtemps demeuré un artiste très prisé. C'est d'ailleurs à l'occasion d'une house party se tenant chez Ella Lee Hampton (Crystal Springs – MS) qu'une attaque cardiaque l'a emporté, en 1956.
On raconte que son foie, ses reins et ses intestins étaient rongés par le 'Canned heat' et autres produits à base d'alcool.

Accord ou pas, signé en état d'ébriété ou pas, il n'empêche que les 'Mississippi Sheiks' ont bel et bien utilisé la mélodie de 'Big Road blues' (ainsi qu'une majorité des lyrics) sur leur 'Stop & listen' de 1930.

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Autre ligne mélodique approchante, celle de Charley Patton dans 'Moon going down', titre enregistré en Juin 1930, aux studios Paramount de Grafton -Wisconsin, tout comme les dernières sessions de Tommy Johnson.

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Selon David Evans, l'influence de Tommy Johnson sur d'autres bluesmen, tels KC Douglas, Roosevelt Holts, Boogie Bill Webb, Arzo Youngblood, Isaac Youngblood, Bubba Brown, Babe Stovall, Houston Stackhouse ou son frère Mager Johnson, ne fait aucun doute, même si elle fut, pour la plupart, tardive. Ses 'Field recordings' des années 60-70 y seraient pour beaucoup.
Toujours d'après le bon Docteur, elle se serait surtout exercée oralement, Tommy Johnson n'hésitant pas à enseigner ses compositions. Evans ajoute qu'au départ l'influence musicale de T. Johnson, aussi bien directe qu'à travers ses disques (soit 12 faces entre 1928 et 1929), était quasi inexistante en dehors de l'état du Mississippi.
D'autres artistes l'ont repris: les Mississippi Sheiks, donc, en 1930, les frères McCoy (1934), Willie Lofton (en 1935) puis Robert Nighthawk , KC Douglas...

Comme chacun d'entre vous a pu le constater, parmi les titres dernièrement sortis, certains enregistrements datés de 1928 et 1929 sont en fait des épreuves de pressage . Par exemple, le test pressing Paramount du titre 'I Want Someone To Love Me' a été dénichée beaucoup plus tard et rachetée pour la modique somme de 12 000 $ .
Il n'a figuré sur un CD qu'à partir de 2004 (Yazoo/2068 – Times ain't like they used to be/ Vol 8 ). 

Enfin, une anecdote qui donne un éclairage supplémentaire sur sa personnalité:
Tommy Johnson était réputé parleur intarissable, dont son habitude de longuement introduire ses futures prestations de rue.
Un jour où, adossé à une vitrine de Jackson (MS), il en était encore à vanter son prochain tour de chant, un blanc vient lui réclamer un titre. Johnson accepte, sans pour autant s'exécuter. L'homme réitère à plusieurs reprises sa demande, Johnson acquiesce encore, mais n'entame pas plus le morceau, continuant à discourir alentour.
De guerre lasse, l'homme lui demande alors sa guitare pour le jouer lui-même. Tommy la lui tend confiant, l'autre s'en saisit et la lui fracasse aussitôt sur le crâne.
Le soir même, Tommy devait jouer dans une house party, il dut donc en emprunter une. Laughing

... Et puis, juste une dernière constatation:
Qui retrouve-t-on derrière lui, en accompagnement à la guitare, sur ses premiers enregistrements Question Mister Charlie McCoy, bien sûr!
A cette période, il est clair que McCoy s'imposait sur Memphis en incontournable session man!


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Message le Sam 10 Nov 2012 - 18:28 par Phil cotton color

Merci Flo pour toutes ces précisions sur la vie de ce grand bluesman. Je viens de relire l'article qui lui est consacré dans "La grande encyclopédie du Blues" de Gérard Herzaft et qui reprend pour l'essentiel ce que tu as écrit. Je ne sais pas quelles sont les sources d'Herzaft, mais il y a quand même quelques précisions supplémentaires qui me semblent importantes, notamment pour expliquer la vie de TJ après ses enregistrements de 1929 et 1930.

Je cite Gérard Herzaft : "Ses disques ont un gros succès, surtout l'évocateur Big road blues, élu "meilleur blues de l'année" par les lecteurs d'un grand magazine noir de l'époque. Pendant un temps, Johnson mène une vie de "star", enregistre encore quelques titres en 1929, part à Chicago afin de devenir une grosse vedette de la compagnie Victor mais passe le plus clair de son temps en prison pour "ivresse sur la voie publique". Il rentre alors dans le Mississippi qu'il ne quittera plus jusqu'à sa mort. Instable, ombrageux, Tommy Johnson est incapable de construire "une carrière". Il perd même au jeu ses fructueux droits d'auteur, mène pendant près de trente ans une vie misérable d'alcoolique entrecoupée de multiples séjours en prison. Il joue cependant contamment à Jackson, forme un orchestre électrique après la guerre qui, hélas, ne era pas enregistré et demeure jusqu'au bout une source majeure d'influence sur tous les bluesmen de la région, tel Sammy Myers."

On peut donc remarquer quelques points :

- Tommy Johnson était bien dès 1929 une vedette reconnue sous contrat avec des maisons de disques et qui touchait des droits d'auteur, ce qui devait être très rare à l'époque concernant les bluesmen ruraux du Sud compte tenu de l'anarchie qui régnait alors dans ces domaines. Je pense même que la majorité d'entre eux préférait être payé "à la séance", ce qui leur donnait un peu d'argent tout de suite plutôt que d'attendre de très hypothétiques royalties.

- L'histoire du papier signé (en état d'ébriété ou pas) où il renonce à ses droits d'auteur prend alors une certaine vraisemblance (Chez Victor à Chicago ?), encore que les papiers signés ne devaient pas être à l'époque un frein rédhibitoire. Certains bluesmen sous contrat enregistraient bien en toute illégalité pour d'autres compagnies (John Lee Hooker par exemple...)

- en fait il me semble que c'est sutout l'alcoolisme chronique et le caractère irascible et imprévisible de TJ, son incapacité à migrer durablement vers les grandes villes du Nord où le Blues prenait vraiment son essor, qui ont du peu à peu le rendre quelque peu "tricard" dans le milieu et lui fermer les portes des studios.

- On apprend aussi qu'il avait formé un orchestre électrique après guerre. Etait-ce juste une version amplifiée de sa musique de la fin des années 20 ou une formule à l'mage de ce qui germait alors à Memphis ou Chicago ? ça on ne le saura jamais, mais il ne faut pas oublier qu'entre Tommy Johnson et les Howlin'Wolf, Muddy Waters ou Elmore James il y avait une bonne génération d'écart.

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Message le Dim 11 Nov 2012 - 16:17 par Flovia

Merci aussi des tiennes, Phil! Wink Important de souligner ces différents points, c'est vrai! Twisted Evil

Pour ma part, je reconnais ne plus guère consulter l'encyclopédie d'Herzaft. Je lui trouve des lacunes, en particulier s'agissant des bluesmen plus obscurs. Mais cela n'enlève rien à la valeur intrinsèque de l'ouvrage, qui reste une solide référence.
Phil cotton color a écrit:

- L'histoire du papier signé (en état d'ébriété ou pas) où il renonce à ses droits d'auteur prend alors une certaine vraisemblance (Chez Victor à Chicago ?), encore que les papiers signés ne devaient pas être à l'époque un frein rédhibitoire.

Je l'ignore... Aucune info disponible à ce sujet. Mais je pencherais également volontiers pour le label Victor, dans la mesure où le 'Big road blues' de Tommy Johnson y fut enregistré ( février 1928 – Memphis,TN )
Quant aux studios Paramount de Grafton (WI), les derniers à avoir gravé Tommy Johnson, ils n'ont récupéré les Mississippi Sheiks qu'à partir de juin 1932.

Les Sheiks avaient enregistré 'Stop & listen' en février 1930, à Shreveport (LA), lors de sessions radio, mais pour le label Okeh, une filiale de Columbia.
Okeh possédait aussi une unité 'Field recordings' mobile pour ses 'Race series'.
Les premières faces des M.Sheiks ayant bénéficié d'un accueil public très favorable, Okeh organisa de nouvelles sessions locales, d'abord sur San Antonio-TX (août 1930), puis sur Jackson (MS), en décembre 1930, où les Sheiks enregistrèrent encore 16 titres, dont une reprise de 'Stop & listen'. La mouture initiale, jugée par trop confidentielle, comme un tantinet déprimante, le titre fut réinterprété de façon plus pêchue, et surtout (détail intéressant!), pourvu de nouveaux lyrics.


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