Le blues, les textes et la poésie
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Le blues, les textes et la poésie
Note de Jungleland : Nouveau sujet créé à partir d'une discussion sur les textes et la poésie du blues qui avait débuté dans le topic de Lightnin' Hopkins
Oui... D'abord, il y a les seconds degres. Dust my broom, il ne s'agit pas d'epousseter un balai, a proprement parler, n'est ce pas.
Et puis, au-dela des allusions, erotiques, et autres multitude d'argot qui nous passe au-dessus de la tete, il est vrai que les textes de blues sont d'une grande simplicite. Il decrivent une vie, une vie necessairement simple (en apparence, mais si compliquee au niveau de la galere). Un peu d'amour, d'alcool, de sexe, la route, la tristesse, le desespoir, parfois un bohneur fugitif, l'ironie des choses, la mort, etc... C'est ca leur vie, et pas autre chose.
Et qui a dit que la simplicite extreme serait denuee de poesie, de profondeur ?... C'est le contexte, le style, l'emotion sucitee, etc... qui font que telle chose est chargee d'emotion et de poesie, et une autre non, serait-elle d'une complexite profonde... (suis-je clair ?
)
Imaginons un blues ou on nous parlerait emphatiquement de profontitude, de concepts hautement abscons, d'images a rendre Rimbaud fou de jalousie...
Ca ne serait pas le blues. Ca serait ridicule et inutilement pretentieux. Ca serait faux (Hendrix dans la deuxieme partie de Voodoo Chile (un peu aussi dans Slight return) s'y essaye, mais le contexte psychedelique de l'epoque rend la tentative heureuse). Or le blues (pas les bluesmen, qui etaient souvent de secres numeros...), le blues, en tant que tel, c'est la verite nue, primaire. Mais aussi une poesie qu'il faut savoir ressentir, au-dela de l'apparente simplicite des textes.
Il faut l'imaginer, ce carrefour hors du temps, ce crossroad ou arrive un mec, couvert de poussiere, seul, avec sa guitare, rien autour, juste un "rising sun going down" (eh oui !), desolation, solitude... Et ce mec est tellement epuise, tellement fatigue, par la vie, fatigue de tout, qu'il en tombe sur ses genoux, et il demande alors a Dieu de lui accorder sa misericiorde...
Oui, le sexe est decrit de maniere grivoise, primitive, humoristique meme... Oh que cela nous change des rapports hyper tordus genre qui se grattent le nombril a l'infini, que cela nous change de l'erotisme tellement alambique, intellectualise a outrance, nos nevroses et autres folies des epoques dites modernes... La pornographie erigee en systeme abrutissant et vulgairement democratisee, l'amour devenue pure marchandise...
Les textes de blues parlent juste d'une femme, d'un mec, de leur rencontre, de leurs petits problemes (necessairement petits), on tire un coup, on aime un peu, et on se casse pour aller voir ailleurs...
Ca nous repose des lamentations tortueuses et pseudo complexes genre couples-dans-le-cinema français-actuel, ou bien des rapports erotico-pathetiques dans les emissions de teleralite tres regardees par ailleurs (les exemples de la faillite de """l'amour""" dans nos societes actuelles sont nomreux)...
Surtout, comme le fait remarquer Jungle, il faut se mefier des traductions. Elles ne doivent avoir qu'un interet intellectuel. La veritable poesie du blues est INNHERENTE a la musicalite specifique de l'anglais.
Oui... D'abord, il y a les seconds degres. Dust my broom, il ne s'agit pas d'epousseter un balai, a proprement parler, n'est ce pas.
Et puis, au-dela des allusions, erotiques, et autres multitude d'argot qui nous passe au-dessus de la tete, il est vrai que les textes de blues sont d'une grande simplicite. Il decrivent une vie, une vie necessairement simple (en apparence, mais si compliquee au niveau de la galere). Un peu d'amour, d'alcool, de sexe, la route, la tristesse, le desespoir, parfois un bohneur fugitif, l'ironie des choses, la mort, etc... C'est ca leur vie, et pas autre chose.
Et qui a dit que la simplicite extreme serait denuee de poesie, de profondeur ?... C'est le contexte, le style, l'emotion sucitee, etc... qui font que telle chose est chargee d'emotion et de poesie, et une autre non, serait-elle d'une complexite profonde... (suis-je clair ?
Imaginons un blues ou on nous parlerait emphatiquement de profontitude, de concepts hautement abscons, d'images a rendre Rimbaud fou de jalousie...
Ca ne serait pas le blues. Ca serait ridicule et inutilement pretentieux. Ca serait faux (Hendrix dans la deuxieme partie de Voodoo Chile (un peu aussi dans Slight return) s'y essaye, mais le contexte psychedelique de l'epoque rend la tentative heureuse). Or le blues (pas les bluesmen, qui etaient souvent de secres numeros...), le blues, en tant que tel, c'est la verite nue, primaire. Mais aussi une poesie qu'il faut savoir ressentir, au-dela de l'apparente simplicite des textes.
Il faut l'imaginer, ce carrefour hors du temps, ce crossroad ou arrive un mec, couvert de poussiere, seul, avec sa guitare, rien autour, juste un "rising sun going down" (eh oui !), desolation, solitude... Et ce mec est tellement epuise, tellement fatigue, par la vie, fatigue de tout, qu'il en tombe sur ses genoux, et il demande alors a Dieu de lui accorder sa misericiorde...
Oui, le sexe est decrit de maniere grivoise, primitive, humoristique meme... Oh que cela nous change des rapports hyper tordus genre qui se grattent le nombril a l'infini, que cela nous change de l'erotisme tellement alambique, intellectualise a outrance, nos nevroses et autres folies des epoques dites modernes... La pornographie erigee en systeme abrutissant et vulgairement democratisee, l'amour devenue pure marchandise...
Les textes de blues parlent juste d'une femme, d'un mec, de leur rencontre, de leurs petits problemes (necessairement petits), on tire un coup, on aime un peu, et on se casse pour aller voir ailleurs...
Ca nous repose des lamentations tortueuses et pseudo complexes genre couples-dans-le-cinema français-actuel, ou bien des rapports erotico-pathetiques dans les emissions de teleralite tres regardees par ailleurs (les exemples de la faillite de """l'amour""" dans nos societes actuelles sont nomreux)...
Surtout, comme le fait remarquer Jungle, il faut se mefier des traductions. Elles ne doivent avoir qu'un interet intellectuel. La veritable poesie du blues est INNHERENTE a la musicalite specifique de l'anglais.

sami- Old School Vigilante

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Re: Le blues, les textes et la poésie
Qu'est ce que tu causes bien Sami ! Ceci dit, en plus d'être fort bien tourné, c'est superbement vrai.

Devil's Slide- Calembour ... bon

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Re: Le blues, les textes et la poésie
Merci pour le compliment. Je ne sais pas si ce que je dis est vrai (et qu'est ce que la verite...), mais en tout cas c'est juste ma sincere opinion...

sami- Old School Vigilante

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Re: Le blues, les textes et la poésie
En tout cas, je suis bien content de te retrouver Sami, c'est vrai que c'est un plaisir de lire toutes ces choses qu'on pense, mais que par dilettantisme on ne dit pas.

Old_Debris- Oldies but goodies

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Re: Le blues, les textes et la poésie
Old_Debris a écrit:En tout cas, je suis bien content de te retrouver Sami
et tu sais a quel point c'est reciproque...

sami- Old School Vigilante

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Re: Le blues, les textes et la poésie
Je trouve ça très cool aussi. Je l'ai dit au téléphone à ma chérie, elle m'a dit qu'elle était d'accord, surtout avec l'idée de la musicalité inhérente à l'anglais.

WillieBrown- Mannish Boy

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Re: Le blues, les textes et la poésie
Bon Sami, je vais encore faire le coupeur de blue notes en quatre (même le bend de BB King n'y arrive pas !
), mais je ne suis pas tout à fait d'accord avec certaines parties de ton exposé vibrant et brillant sur les textes de Blues. Enfin, "pas d'accord", c'est beaucoup dire puisque je souscris à l'essentiel de tes dires. Il y a juste quelques petis trucs qui me chagrinent :
Le Blues serait "la vérité nue, primaire". Ok sur le côté simple et direct des paroles. Maintenant "la vérité", c'est moins sûr. Je veux dire par là que les paroles des Blues représentent avant tout le parti pris de l'interprète qui s'implique totalement dans ce qu'il dit (le "je" est presque toujours de mise dans le Blues) parfois avec un peu d'humour, voire de mauvaise foi et même, malgré ce que tu dis, de l'emphase. Il cherche a faire approuver "sa" vérité par son public, lequel se retrouve d'autant plus facilement dans ce qu'il entend qu'il est de la même communauté, possède les mêmes codes, et vit la même vie. C'est effectivement en cela qu'un Blues maniant un langage châtié et des concepts compliqués ne serait plus exactement le Blues tel qu'on l'aime, c'est à dire musique issu de la communauté noire-américaine populaire. Mais je peux très bien imaginer d'autres musiciens de part le monde s'exprimant dans l'idiome du Blues et dans leur langue pour leur public avec un style d'écriture et des considérations tout autres, faisant donc LEUR Blues, sans que l'on puisse dire par ailleurs que c'est à proprement parler DU Blues
Concernant l'amour, c'est vrai que le sexe est très présent dans le Blues et de façon très décoincée. Cependant, les textes de Blues ne parlent pas "juste d'une femme, d'un mec, de leur rencontre, de leurs petits problèmes, on tire un coup, on aime un peu et on se casse...". Beaucoup de Blues parlent également de l'amour en tant que sentiment et souvent avec emphase, rejoignant en cela toutes les autres formes artistiques. Quoi de plus simple, poignant et romantique que le "I love my baby, my baby don't love me" de Robert Johnson dans "Kindhearted woman" ?
Enfin, j'avoue que je suis toujours un peu circonspect quand on parle de la poésie dans le Blues. Non pas parce qu'elle n'existerait pas, même si on peut considérer qu'elle est naïve (ce n'est pas péjoratif). Certains artistes (je citerai de nouveau Robert Johnson) ont composé des textes magnifiques peuplés d'images poétiques admirables de simplicité et de fulgurances, mais ce n'est pas la majorité. De plus, cette dimension poétique n'a jamais été ni assumée ni revendiquée par les bluesmen eux mêmes. Un poète écrit un poème dans le but de faire de la poésie, ce n'est pas souvent le cas d'un parolier de chansons (voir les réticences de Brassens quand on lui lancait du "poète" à tout bout de champ), et encore moins des bluesmen qui se contentent le plus souvent de raconter simplement des petites histoires le plus directement possible sans autre ambition que d'être immédiatement compréhensibles de leur public. Je sais que M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir mais quand même ! Je ne placerai pas la poésie parmi les composantes essentielles du Blues et ce n'est pas une question de simplicité ou pas. Alors on peut bien sûr parler de poésie au sens large du terme comme on dirait de quelqu'un que "c'est tout un poème", mais pour moi, l'aspect poétique du Blues, même s'il est parfois réel, ne me paraît ni un objectif ni une conséquence incontournable du genre. Quant aux traductions qui ne rendraient pas justice au côté poésie du Blues à cause de la musicalité spécifique de l'anglais, peut être... Il est vrai que la poésie et la littérature en général s'apprécient mieux "dans le texte" si on a de bonnes connaissances des langues étrangères. Mais dans ce cas, aucun poète ou écrivain anglophone traduit en français ne trouverait grâce à nos yeux et oreilles, ce qui n'est pas le cas...
Le Blues serait "la vérité nue, primaire". Ok sur le côté simple et direct des paroles. Maintenant "la vérité", c'est moins sûr. Je veux dire par là que les paroles des Blues représentent avant tout le parti pris de l'interprète qui s'implique totalement dans ce qu'il dit (le "je" est presque toujours de mise dans le Blues) parfois avec un peu d'humour, voire de mauvaise foi et même, malgré ce que tu dis, de l'emphase. Il cherche a faire approuver "sa" vérité par son public, lequel se retrouve d'autant plus facilement dans ce qu'il entend qu'il est de la même communauté, possède les mêmes codes, et vit la même vie. C'est effectivement en cela qu'un Blues maniant un langage châtié et des concepts compliqués ne serait plus exactement le Blues tel qu'on l'aime, c'est à dire musique issu de la communauté noire-américaine populaire. Mais je peux très bien imaginer d'autres musiciens de part le monde s'exprimant dans l'idiome du Blues et dans leur langue pour leur public avec un style d'écriture et des considérations tout autres, faisant donc LEUR Blues, sans que l'on puisse dire par ailleurs que c'est à proprement parler DU Blues
Concernant l'amour, c'est vrai que le sexe est très présent dans le Blues et de façon très décoincée. Cependant, les textes de Blues ne parlent pas "juste d'une femme, d'un mec, de leur rencontre, de leurs petits problèmes, on tire un coup, on aime un peu et on se casse...". Beaucoup de Blues parlent également de l'amour en tant que sentiment et souvent avec emphase, rejoignant en cela toutes les autres formes artistiques. Quoi de plus simple, poignant et romantique que le "I love my baby, my baby don't love me" de Robert Johnson dans "Kindhearted woman" ?
Enfin, j'avoue que je suis toujours un peu circonspect quand on parle de la poésie dans le Blues. Non pas parce qu'elle n'existerait pas, même si on peut considérer qu'elle est naïve (ce n'est pas péjoratif). Certains artistes (je citerai de nouveau Robert Johnson) ont composé des textes magnifiques peuplés d'images poétiques admirables de simplicité et de fulgurances, mais ce n'est pas la majorité. De plus, cette dimension poétique n'a jamais été ni assumée ni revendiquée par les bluesmen eux mêmes. Un poète écrit un poème dans le but de faire de la poésie, ce n'est pas souvent le cas d'un parolier de chansons (voir les réticences de Brassens quand on lui lancait du "poète" à tout bout de champ), et encore moins des bluesmen qui se contentent le plus souvent de raconter simplement des petites histoires le plus directement possible sans autre ambition que d'être immédiatement compréhensibles de leur public. Je sais que M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir mais quand même ! Je ne placerai pas la poésie parmi les composantes essentielles du Blues et ce n'est pas une question de simplicité ou pas. Alors on peut bien sûr parler de poésie au sens large du terme comme on dirait de quelqu'un que "c'est tout un poème", mais pour moi, l'aspect poétique du Blues, même s'il est parfois réel, ne me paraît ni un objectif ni une conséquence incontournable du genre. Quant aux traductions qui ne rendraient pas justice au côté poésie du Blues à cause de la musicalité spécifique de l'anglais, peut être... Il est vrai que la poésie et la littérature en général s'apprécient mieux "dans le texte" si on a de bonnes connaissances des langues étrangères. Mais dans ce cas, aucun poète ou écrivain anglophone traduit en français ne trouverait grâce à nos yeux et oreilles, ce qui n'est pas le cas...

Phil cotton color- Chicago Hero

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Re: Le blues, les textes et la poésie
Tes remarques sont tres pertinentes. Je m'en va essayer de preciser tout de meme ma pensee, pour etre plus clair...
Lorsque je parle de verite et de blues, il ne s'agit pas de la veracite de ce que racontent les lascars de la route (j'ai bien precise que tres souvent, ce sont de sacres numeros !)... Il s'agit de la verite emotionnelle de leur art. Le Blues ne supporte pas l'artificiel. Instantanement, quelqu'un qui n'est pas vrai dans sa "bluesitude" (1000 pardons !
), ca se voit illico presto. Voix trop forcee, confinant a l'imitation vulgaire, academisme de la musique, accent approximatif (et ca concerne aussi les anglo saxons : un mec qui parle avec l'accent d'Oxford, eh bien, les poules auront des dents avant qu'il n'approche la "veracite blues" de la diction d'un Lightnin Hopkins : ce dernier n'a pas simplement un accent texan, il a un accent "blues", inne, estampille VRAI...), etc... (tu remarques que je ne parle pas des texes). La verite n'est pas dans les propos, dans les textes, mais dans l'emotion, dans leur vecu profond, dans la relation entre leur musique et leur vie de chien, leurs souffrances dues a l'esclavagisme ou tout au moins, a la violente segregation qui a suivi. Ce qui est verite, ce sont leurs emotions et celles qu'ils transmettent, etc...
Mais bien sur qu'il y a de l'amour dans le blues ! Encore heureux. C'est juste que le sexe, l'amour, retrouvent dans le blues une fraicheur qui nous manque cruellement actuellement. Dans le blues, la simplicite des sentiments est une maniere d'aller droit au but, a l'essentiel (l'essentiel de l'amour), au lieu de se tortiller lamentablement et inutilement...
Quant a la poesie, bien sur que Brassens fait de la poesie. Peu importe qu'il le nie. C'est a chacun d'en decider. La poesie du blues, elle est dans les textes, plus ou moins... On peut en discuter...
PAr contre, la poesie dont je te parle moi, n'est pas tant celle dans la structure textuelle et litteraire du blues, mais la poesie plus generale du blues en lui meme. Un monde nostalgique, chaleureux, qui nous reconcilie avec l'humanite, dans toute la splendeur de sa simplicite... Le monde du blues... Des hommes et des femmes simples, profonds, oh.. pas intellos pour 2 sous, mais un tel lien avec leur environnement, le soleil qui se couche, se leve, la poussiere de la route, de l'amour tout le temps, la mort, du reve, de l'evasion, loin d'un monde souvent cruel... Et ce lamento, qui vient de si loin, de la Mere Afrique... Voila la poesie qui suinte du blues, comme elle peut suinter d'un beau vieux mur recouvert de mousse, au detour d'un chemin campagnard de la Frane profonde... LA poesie est partout, pour qui sait la ressentir. Elle n'est pas que dans la structure savante des mots... Elle est dans l'emotion qu'elle exprime..
etc etc etc ......
Lorsque je parle de verite et de blues, il ne s'agit pas de la veracite de ce que racontent les lascars de la route (j'ai bien precise que tres souvent, ce sont de sacres numeros !)... Il s'agit de la verite emotionnelle de leur art. Le Blues ne supporte pas l'artificiel. Instantanement, quelqu'un qui n'est pas vrai dans sa "bluesitude" (1000 pardons !
Mais bien sur qu'il y a de l'amour dans le blues ! Encore heureux. C'est juste que le sexe, l'amour, retrouvent dans le blues une fraicheur qui nous manque cruellement actuellement. Dans le blues, la simplicite des sentiments est une maniere d'aller droit au but, a l'essentiel (l'essentiel de l'amour), au lieu de se tortiller lamentablement et inutilement...
Quant a la poesie, bien sur que Brassens fait de la poesie. Peu importe qu'il le nie. C'est a chacun d'en decider. La poesie du blues, elle est dans les textes, plus ou moins... On peut en discuter...
PAr contre, la poesie dont je te parle moi, n'est pas tant celle dans la structure textuelle et litteraire du blues, mais la poesie plus generale du blues en lui meme. Un monde nostalgique, chaleureux, qui nous reconcilie avec l'humanite, dans toute la splendeur de sa simplicite... Le monde du blues... Des hommes et des femmes simples, profonds, oh.. pas intellos pour 2 sous, mais un tel lien avec leur environnement, le soleil qui se couche, se leve, la poussiere de la route, de l'amour tout le temps, la mort, du reve, de l'evasion, loin d'un monde souvent cruel... Et ce lamento, qui vient de si loin, de la Mere Afrique... Voila la poesie qui suinte du blues, comme elle peut suinter d'un beau vieux mur recouvert de mousse, au detour d'un chemin campagnard de la Frane profonde... LA poesie est partout, pour qui sait la ressentir. Elle n'est pas que dans la structure savante des mots... Elle est dans l'emotion qu'elle exprime..
etc etc etc ......

sami- Old School Vigilante

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Re: Le blues, les textes et la poésie
sami a écrit:Oui, le sexe est decrit de maniere grivoise, primitive, humoristique meme... Oh que cela nous change des rapports hyper tordus genre qui se grattent le nombril a l'infini, que cela nous change de l'erotisme tellement alambique, intellectualise a outrance, nos nevroses et autres folies des epoques dites modernes... La pornographie erigee en systeme abrutissant et vulgairement democratisee, l'amour devenue pure marchandise...
Les textes de blues parlent juste d'une femme, d'un mec, de leur rencontre, de leurs petits problemes (necessairement petits), on tire un coup, on aime un peu, et on se casse pour aller voir ailleurs...
Du coup je me dis que ma grand-mère étaient une sacrée blueswoman, elle chantait des trucs du genre le ramoneur qui doit s'en aller entretenir la cheminée de la p'tite dame... C'était en allemand, mais dans le même esprit.
...les emissions de teleralite...
(les exemples de la faillite de """l'amour""" dans nos societes actuelles sont nomreux)...
T'as perdu des touches dans le déménagement Sami ?
J'aime toujours autant lire tes écrits Sami.
@+
_________________
Play fast. Life is short
http://www.youtube.com/user/sergio88000
http://www.myspace.com/thomas88000
http://www.myspace.com/serge88000
Re: Le blues, les textes et la poésie
Salut Sergio !
J'ai renverse du cafe sur mon clavier, et ca colle et ca coince de partout, malgre le nettoyage ! Et comme je n'ai pas relu ...

sami- Old School Vigilante

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Re: Le blues, les textes et la poésie
sami a écrit:Lorsque je parle de verite et de blues, il ne s'agit pas de la veracite de ce que racontent les lascars de la route (j'ai bien precise que tres souvent, ce sont de sacres numeros !)... Il s'agit de la verite emotionnelle de leur art.
Ok d'accord avec toi, mais pourquoi le Blues serait-il plus représentif de cette vérité ? Tous les arts aspirent et conduisent à une certaine vérité émotionnelle, quelle que soit la sophistication des sentiments décrits et des techniques employées. Après ce n'est qu'une affaire de ressenti personnel, mais aussi de connaissances et d'initiation. Par exemple je n'ai jamais cru, comme je l'entends souvent venant d'amateurs de Blues, que le Jazz est "intello", alors que le Blues serait "primaire" aux oreilles des amateurs de jazz. De même, la musique classique peut parfaitement plaire à n'importe qui et représenter, tout comme le Blues, une certaine vérité émotionnelle. Et dans tous les arts, comme dans le Blues, l'artiste qui n'atteint pas cette vérité émotionnelle ne touche pas vraiment son public. Il est vrai que la simplicité et le dépouillement du Blues en font un cas un peu à part et constituent à la fois un avantage et un inconvénient pour atteindre l'objectif : l'émotion passe sans doute plus directement, mais il est tellement difficile de rendre la sobriété intéressante !
Je pourrais également argumenter sur le fait que l'art ne peut se réduire à l'émotion, mais le débat nous amènerait bien trop loin
sami a écrit:Mais bien sur qu'il y a de l'amour dans le blues ! Encore heureux. C'est juste que le sexe, l'amour, retrouvent dans le blues une fraicheur qui nous manque cruellement actuellement. Dans le blues, la simplicite des sentiments est une maniere d'aller droit au but, a l'essentiel (l'essentiel de l'amour), au lieu de se tortiller lamentablement et inutilement...
Effectivement, il y a beaucoup de simplicité et de fraicheur dans l'amour et le sexe décrits par le Blues, et bien sûr que j'apprécie cette façon de voir les choses. Mais là pour le coup ça ne reflète malheureusement pas beaucoup la réalité
. Je dirais même que c'est peut être le côté le plus "poétique" du Blues sami a écrit:PAr contre, la poesie dont je te parle moi, n'est pas tant celle dans la structure textuelle et litteraire du blues, mais la poesie plus generale du blues en lui meme... LA poesie est partout, pour qui sait la ressentir. Elle n'est pas que dans la structure savante des mots... Elle est dans l'emotion qu'elle exprime..
etc etc etc ......
Bien d'accord que l'on peut trouver des éclairs de poésie partout, comme également de la beauté ou... du Blues ! On peut même dire que certaines personnes ont des vies "poétiques" etc... Je ne trouve absolument pas iconoclaste de penser comme cela. Mais à prendre toujours les termes au sens large, on va finir par trouver que tout est dans tout !
Personnellement ce qui me gène le plus, c'est qu'une des caractéristiques première de la poésie est de présenter une image décalée, voire parfois onirique, de la réalité. Or c'est tout le contraire de la majorité des Blues qui parlent du quotidien le plus directement et le plus "low down" possible.
Et franchement, même si j'essaie de mettre de côté "la structure savante des mots" et de considérer comme toi que c'est principalement l'ensemble du Blues et son contexte qui sont poétiques, je ne vois pas bien où se situe la poésie dans le fait d'avoir été esclave, de subir la ségrégation, de vivre dans un monde violent et de crever la dalle.

Phil cotton color- Chicago Hero

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Re: Le blues, les textes et la poésie
Ben si justement, la poésie sert à se sortir de ce contexte, regarde le dormeur du val c'est plutôt violent comme truc. Et puis j'ai lu aussi que certain bluesmen (parfois quasi inculte) attachaient une grande importance la rime et s'agit pas non plus d'aligner des mots, faut leur donner un sens et que ça colle avec la musique.
On peut retrouver cette poésie jusque dans la musique blues.
On peut retrouver cette poésie jusque dans la musique blues.

Old_Debris- Oldies but goodies

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Re: Le blues, les textes et la poésie
Old_Debris a écrit:Ben si justement, la poésie sert à se sortir de ce contexte, regarde le dormeur du val c'est plutôt violent comme truc. Et puis j'ai lu aussi que certain bluesmen (parfois quasi inculte) attachaient une grande importance la rime et s'agit pas non plus d'aligner des mots, faut leur donner un sens et que ça colle avec la musique.
On peut retrouver cette poésie jusque dans la musique blues.
Bien sûr OD que la poésie peut s'appliquer à tous les contextes, même les plus sordides, et d'une certaine façon aider à en sortir. Ton exemple du "dormeur du val" est symptomatique de la poésie qui décale la réalité (la mort) en la transformant en une image la suggérant (le sommeil). On peut d'ailleurs retrouver ce type d'image dans certains Blues (par exemple "Strange fruits" de Billy Holliday, si on peut considérer que c'est un Blues...).
Mais la question n'était pas là. Je répondais à sami qui considére que même si les paroles des Blues ne sont pas forcément poétiques, c'est le Blues lui-même qui l'est. Or le Blues et son contexte ne me paraissent pas spécialement poétiques, mais au contraire très terre à terre. Ce qui n'empêche pas certains Bluesmen d'avoir un sens de la poésie aigüe. Mais ça ne me paraît pas la majorité, et la poésie ne me semble pas une composante majeure et essentielle du Blues.

Phil cotton color- Chicago Hero

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Re: Le blues, les textes et la poésie
La discussion est passionnnante !
Il est 7h30 ici, et on doit partir pour une randonnee... Or donc, je repondrai plus longuement ce soir...
Le sujet est suffisamment important pour meriter un topic a lui seul (Blues et poesie, blues et textes...), pour ne pas trop detourner celui-ci, consacre tout de meme a l'un des plus grands du Blues, Sam Lightning...
A ce soir donc les mecs !
Il est 7h30 ici, et on doit partir pour une randonnee... Or donc, je repondrai plus longuement ce soir...
Le sujet est suffisamment important pour meriter un topic a lui seul (Blues et poesie, blues et textes...), pour ne pas trop detourner celui-ci, consacre tout de meme a l'un des plus grands du Blues, Sam Lightning...
A ce soir donc les mecs !

sami- Old School Vigilante

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Re: Le blues, les textes et la poésie
J'avais pas vu, ici. Y avait un trou dans le sac et hop ça s'échappe par là... De Lihtnin' Hopkins on en arrive à un échange endiablé sur la poésie dans le Blues
...
A propos de poésie : C'est comme "l'art" en général. Avant la Renaissance, il n'y avait pas d'artistes, pas d'art pas de poésie (je fais court). Après on a inventé les artistes, l'art et la poésie. Du coup on s'est retrouvé avec tout en double mais avec des sens différents.
Je veux dire, pour la poésie par exemple, y a la poésie institutionnalisée en dehors de quoi la poésie n'existe pas, et il y a l'autre, celle de l'origine, qui la contient et en rit. Car la poésie est rieuse de nature.
Pour m'essayer à une définition, je dirais que la poésie (mais ça vaut pour l'art en général) permet de voir qque chose qui est derrière l'écran, sous la ligne, au fond du sac, et que l'oeil ne perçoit pas de prime abord mais qui fait réellement partie du paysage. Dès qu'il y a de la vie, y a de la poésie (attention c'est réservé qu'aux ceussent qui rêvent!), c'est pourquoi le plus analphabète et le moins académique peut faire de la poésie ou la comprendre, et qu'il ne s'en est pas privé avant qu'on invente .... l'Académie de la Poésie.
A propos de poésie : C'est comme "l'art" en général. Avant la Renaissance, il n'y avait pas d'artistes, pas d'art pas de poésie (je fais court). Après on a inventé les artistes, l'art et la poésie. Du coup on s'est retrouvé avec tout en double mais avec des sens différents.
Je veux dire, pour la poésie par exemple, y a la poésie institutionnalisée en dehors de quoi la poésie n'existe pas, et il y a l'autre, celle de l'origine, qui la contient et en rit. Car la poésie est rieuse de nature.
Pour m'essayer à une définition, je dirais que la poésie (mais ça vaut pour l'art en général) permet de voir qque chose qui est derrière l'écran, sous la ligne, au fond du sac, et que l'oeil ne perçoit pas de prime abord mais qui fait réellement partie du paysage. Dès qu'il y a de la vie, y a de la poésie (attention c'est réservé qu'aux ceussent qui rêvent!), c'est pourquoi le plus analphabète et le moins académique peut faire de la poésie ou la comprendre, et qu'il ne s'en est pas privé avant qu'on invente .... l'Académie de la Poésie.

T.Jiel- ça marche pô chez moi

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