[biographie] Stevie Ray Vaughan
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[biographie] Stevie Ray Vaughan
Le sujet sur Stevie Ray Vaughan étant particulièrement fourni je vous propose d'isoler ici les biographies qu'ont proposé Leekarbonat et Philou. De cette façon elles viendront immédiatement à la lecture et seront plus accessibles à tout le monde.
Pour que ces biographies restent mises en valeur ce seront les seuls messages de ce sujet. Le sujet restera verrouillé de sorte qu'on ne peut y répondre.
Les réponses et discussions sur Stevie Ray Vaughan continuent de se dérouler sur son autre sujet : http://www.aupaysdublues.com/le-blues-moderne-et-le-blues-rock-f4/stevie-ray-vaughan-t6.htm
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Dernière édition par Jungleland le Mar 30 Juin 2009 - 18:06, édité 1 fois
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Re: [biographie] Stevie Ray Vaughan
Je vous propose pour commencer la biographie proposée par Leekarbonat
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Re: [biographie] Stevie Ray Vaughan
Stevie Ray Vaughan
Biographie
Stevie Ray Vaughan naît à Oak Cliff, banlieue de Dallas, Texas, le 3 octobre 1954. Dès l'âge de 7 ans, il a en mains sa première guitare : "Je voulais jouer du saxophone, mais tout ce que je pouvais en sortir, c'était quelques couacs. Alors, comme mon grand frère jouait de la guitare, je me suis dit que je pourrais essayer aussi."
Le frère en question est Jimmie Vaughan, son aîné de 3 ans. Jimmie joue un rôle clé dans l'apprentissage musical de Stevie. Ce dernier apprend de lui ses premiers accords et s'initie, grâce aux disques qu'il ramène à la maison, au rock 'n roll, au rhythm 'n blues et surtout au blues. Les frères Vaughan grandissent à l'écoute des B.B. King, Buddy Guy, Eric Clapton… Stevie prête une oreille encore plus attentive à Albert King, Jimi Hendrix et Lonnie Mack. Il est doué et progresse vite, en s'entraînant à reproduire note pour note les riffs de ses idoles.
Le jeune Stevie commence à officier dans ses premiers groupes à l'âge de 12 ans. En 1970, il fait partie de Blackbird, une formation de rhythm 'n blues qui se taille une sérieuse réputation sur Dallas. Quelque temps plus tard, il décide de devenir musicien professionnel, et la guitare prend définitivement le pas sur les études : "Je jouais jusqu'à 6 heures du matin puis j'allais à l'école à 7h15, et ça ne marchait pas..." En 1972, à 17 ans, il quitte le lycée et Dallas pour Austin avec son groupe Blackbird, la scène musicale y étant plus active et surtout plus réceptive au blues, musique à laquelle il a désormais décidé de se consacrer. Et là commence pour lui le circuit des bars et des clubs.
A Austin, son jeu de guitare déjà affirmé s'aguerrit. Il se fait rapidement un nom - Little Stevie Vaughan - dans le milieu des musiciens locaux. Les groupes se succèdent : il laisse Blackbird pour Krackerjack où il côtoie pour la première fois Tommy Shannon, ex-bassiste de Johnny Winter (notamment à ses côtés à Woodstock en 1969). Puis ce sont les Nightcrawlers en 1973, emmenés par le chanteur et batteur Doyle Bramhall (qui coécrira plusieurs morceaux du futur répertoire de SRV). C'est au sein de cette formation que l'énergie et la virtuosité du jeu de Stevie commencent à sérieusement attirer l'attention du public. Il a alors 19 ans.
Fin 1974, Stevie est convié à rejoindre Paul Ray & The Cobras, un des groupes phares de la scène d'Austin avec les Fabulous Thunderbirds de son frère Jimmie. Courant 1975, un amoureux du blues, Clifford Antone, ouvre un night-club dédié à sa passion musicale. C'est la naissance du Antone's, un temple du blues désormais devenu mythique. En effet, Clifford Antone n'hésite pas à faire venir des quatre coins du pays la crème des bluesmen : Muddy Waters, Willie Dixon, Jimmy Reed, Otis Rush, B.B. King, Albert King, Buddy Guy & Junior Wells… Pour Stevie, c'est le rêve qui devient réalité. Il croise sur la scène du Antone's ses idoles de toujours, et parfois tape le boeuf avec elles.
La meilleure musique que j'aie jamais entendue, c'est au Antone's, et une bonne partie de celle que j'aie jamais jouée, c'est là-bas. Je ne sais vraiment pas où je serais ou ce que je ferais aujourd'hui sans le Antone's. - Stevie Ray Vaughan
Jusqu'alors cantonné au seul rôle de guitariste, Stevie commence de temps à autre, au sein des Cobras, à chanter et prendre le rôle de frontman. Sa voix légèrement écorchée et nasillarde colle parfaitement aux morceaux qu'il interprète, parmi lesquels l'enlevé Thunderbird, All Your Love (I Miss Loving) d'Otis Rush, et surtout le blues lent Texas Flood qui donnera son nom au premier album de SRV & Double Trouble.
Fin 1976, il quitte Paul Ray et ses Cobras pour former Triple Threat Revue avec la chanteuse Lou Ann Barton. La composition du groupe évolue, un certain Chris Layton vient tenir les baguettes. Stevie prend de plus en plus confiance en ses qualités vocales tandis que son travail à la guitare modèle le son de la bande. La formation écume les clubs texans devant des parterres de fidèles. Mais des divergences musicales l'amènent finalement à se séparer.
Stevie et Lou Ann Barton fondent Double Trouble en 1978, du nom d'une composition d'Otis Rush. Le groupe connaît plusieurs changements de line-up, Lou Ann Barton change d'horizon, et la formation finit par trouver sa configuration définitive en 1981 sous la forme d'un "power trio", Stevie assumant désormais seul le rôle de band leader en tant que chanteur et guitariste. Les deux autres musiciens sont des amis de longue date de Stevie : Tommy Shannon (basse) et Chris Layton (batterie).
Le jeune artiste décide alors d'utiliser pour son nom de scène son deuxième prénom : Little Stevie devient Stevie Ray Vaughan, et son groupe se baptise Stevie Ray Vaughan & Double Trouble.
Stevie Ray Vaughan & Double Trouble sont désormais devenus un groupe incontournable de la scène musicale texane. Leur réputation commence à franchir les frontières du Lone Star State et à attirer l'attention de gens importants du business.
En 1982, une vidéo d'un concert du trio parvient, par l'intermédiaire de leur manager, à Mick Jagger. Le Rolling Stone se montre immédiatement emballé et invite SRV et ses deux acolytes à venir jouer à New York à l'occasion d'un show privé. Les Rolling Stones parlent un moment de signer le groupe sur leur label RS, mais finalement l'affaire reste sans suite.
Ce n'est que partie remise. Peu de temps après, le fameux producteur Jerry Wexler, impressionné par le jeu de Stevie lors d'un concert à Austin, obtient une invitation pour le groupe au prestigieux Festival de Jazz de Montreux en Suisse. Une vraie première dans les annales du festival, car la bande n'a encore aucun disque son actif. Le fait d'être ainsi exposé à la scène européenne, hors de ses bases texanes, intimide quelque peu SRV : "Nous n'étions pas sûrs de la façon dont nous serions acceptés." Le public reçoit de plein fouet le blues énergique et sans concession de la formation, et en effet sa réaction est pour le moins mitigée, malgré la prestation remarquable de Stevie et ses compères. Ce show helvétique sera d'ailleurs immortalisé en 2001 sur le double album Live At Montreux 1982 & 1985.
Cependant, au milieu de ce public se trouvent deux auditeurs plus éclairés, dont le rôle va se révéler prépondérant dans la suite de la carrière de SRV. Le premier est le dandy du pop-rock David Bowie, qui, impressionné par la maestria du guitariste, lui demande de tenir la guitare sur l'album qu'il est en train de concocter, Let's Dance. Il propose également à Stevie de participer à sa future tournée mondiale. SRV accepte de jouer sur l'album, sur lequel il décoche quelques-uns de ses riffs brûlants. Mais il décline la tournée, préférant continuer l'aventure Double Trouble - restant ainsi fidèle à son groupe et à sa musique. Le succès de Let's Dance, sa couverture médiatique ainsi que les déclarations de Bowie aux médias : "Stevie est le styliste de blues urbain le plus enthousiasmant que j'aie entendu depuis des années", commencent à exposer le talent de Stevie Ray Vaughan au monde entier.
La plupart de mes guitaristes préférés, Fripp, Belew ou Reeves, ont une dose d'ironie dans leur jeu. Avec Stevie Ray Vaughan, chaque note sortait directement du coeur. Il reste l'un des guitaristes les plus purs avec qui il m'ait été donné de travailler. - David Bowie
Biographie
Stevie Ray Vaughan naît à Oak Cliff, banlieue de Dallas, Texas, le 3 octobre 1954. Dès l'âge de 7 ans, il a en mains sa première guitare : "Je voulais jouer du saxophone, mais tout ce que je pouvais en sortir, c'était quelques couacs. Alors, comme mon grand frère jouait de la guitare, je me suis dit que je pourrais essayer aussi."
Le frère en question est Jimmie Vaughan, son aîné de 3 ans. Jimmie joue un rôle clé dans l'apprentissage musical de Stevie. Ce dernier apprend de lui ses premiers accords et s'initie, grâce aux disques qu'il ramène à la maison, au rock 'n roll, au rhythm 'n blues et surtout au blues. Les frères Vaughan grandissent à l'écoute des B.B. King, Buddy Guy, Eric Clapton… Stevie prête une oreille encore plus attentive à Albert King, Jimi Hendrix et Lonnie Mack. Il est doué et progresse vite, en s'entraînant à reproduire note pour note les riffs de ses idoles.
Le jeune Stevie commence à officier dans ses premiers groupes à l'âge de 12 ans. En 1970, il fait partie de Blackbird, une formation de rhythm 'n blues qui se taille une sérieuse réputation sur Dallas. Quelque temps plus tard, il décide de devenir musicien professionnel, et la guitare prend définitivement le pas sur les études : "Je jouais jusqu'à 6 heures du matin puis j'allais à l'école à 7h15, et ça ne marchait pas..." En 1972, à 17 ans, il quitte le lycée et Dallas pour Austin avec son groupe Blackbird, la scène musicale y étant plus active et surtout plus réceptive au blues, musique à laquelle il a désormais décidé de se consacrer. Et là commence pour lui le circuit des bars et des clubs.
A Austin, son jeu de guitare déjà affirmé s'aguerrit. Il se fait rapidement un nom - Little Stevie Vaughan - dans le milieu des musiciens locaux. Les groupes se succèdent : il laisse Blackbird pour Krackerjack où il côtoie pour la première fois Tommy Shannon, ex-bassiste de Johnny Winter (notamment à ses côtés à Woodstock en 1969). Puis ce sont les Nightcrawlers en 1973, emmenés par le chanteur et batteur Doyle Bramhall (qui coécrira plusieurs morceaux du futur répertoire de SRV). C'est au sein de cette formation que l'énergie et la virtuosité du jeu de Stevie commencent à sérieusement attirer l'attention du public. Il a alors 19 ans.
Fin 1974, Stevie est convié à rejoindre Paul Ray & The Cobras, un des groupes phares de la scène d'Austin avec les Fabulous Thunderbirds de son frère Jimmie. Courant 1975, un amoureux du blues, Clifford Antone, ouvre un night-club dédié à sa passion musicale. C'est la naissance du Antone's, un temple du blues désormais devenu mythique. En effet, Clifford Antone n'hésite pas à faire venir des quatre coins du pays la crème des bluesmen : Muddy Waters, Willie Dixon, Jimmy Reed, Otis Rush, B.B. King, Albert King, Buddy Guy & Junior Wells… Pour Stevie, c'est le rêve qui devient réalité. Il croise sur la scène du Antone's ses idoles de toujours, et parfois tape le boeuf avec elles.
La meilleure musique que j'aie jamais entendue, c'est au Antone's, et une bonne partie de celle que j'aie jamais jouée, c'est là-bas. Je ne sais vraiment pas où je serais ou ce que je ferais aujourd'hui sans le Antone's. - Stevie Ray Vaughan
Jusqu'alors cantonné au seul rôle de guitariste, Stevie commence de temps à autre, au sein des Cobras, à chanter et prendre le rôle de frontman. Sa voix légèrement écorchée et nasillarde colle parfaitement aux morceaux qu'il interprète, parmi lesquels l'enlevé Thunderbird, All Your Love (I Miss Loving) d'Otis Rush, et surtout le blues lent Texas Flood qui donnera son nom au premier album de SRV & Double Trouble.
Fin 1976, il quitte Paul Ray et ses Cobras pour former Triple Threat Revue avec la chanteuse Lou Ann Barton. La composition du groupe évolue, un certain Chris Layton vient tenir les baguettes. Stevie prend de plus en plus confiance en ses qualités vocales tandis que son travail à la guitare modèle le son de la bande. La formation écume les clubs texans devant des parterres de fidèles. Mais des divergences musicales l'amènent finalement à se séparer.
Stevie et Lou Ann Barton fondent Double Trouble en 1978, du nom d'une composition d'Otis Rush. Le groupe connaît plusieurs changements de line-up, Lou Ann Barton change d'horizon, et la formation finit par trouver sa configuration définitive en 1981 sous la forme d'un "power trio", Stevie assumant désormais seul le rôle de band leader en tant que chanteur et guitariste. Les deux autres musiciens sont des amis de longue date de Stevie : Tommy Shannon (basse) et Chris Layton (batterie).
Le jeune artiste décide alors d'utiliser pour son nom de scène son deuxième prénom : Little Stevie devient Stevie Ray Vaughan, et son groupe se baptise Stevie Ray Vaughan & Double Trouble.
Stevie Ray Vaughan & Double Trouble sont désormais devenus un groupe incontournable de la scène musicale texane. Leur réputation commence à franchir les frontières du Lone Star State et à attirer l'attention de gens importants du business.
En 1982, une vidéo d'un concert du trio parvient, par l'intermédiaire de leur manager, à Mick Jagger. Le Rolling Stone se montre immédiatement emballé et invite SRV et ses deux acolytes à venir jouer à New York à l'occasion d'un show privé. Les Rolling Stones parlent un moment de signer le groupe sur leur label RS, mais finalement l'affaire reste sans suite.
Ce n'est que partie remise. Peu de temps après, le fameux producteur Jerry Wexler, impressionné par le jeu de Stevie lors d'un concert à Austin, obtient une invitation pour le groupe au prestigieux Festival de Jazz de Montreux en Suisse. Une vraie première dans les annales du festival, car la bande n'a encore aucun disque son actif. Le fait d'être ainsi exposé à la scène européenne, hors de ses bases texanes, intimide quelque peu SRV : "Nous n'étions pas sûrs de la façon dont nous serions acceptés." Le public reçoit de plein fouet le blues énergique et sans concession de la formation, et en effet sa réaction est pour le moins mitigée, malgré la prestation remarquable de Stevie et ses compères. Ce show helvétique sera d'ailleurs immortalisé en 2001 sur le double album Live At Montreux 1982 & 1985.
Cependant, au milieu de ce public se trouvent deux auditeurs plus éclairés, dont le rôle va se révéler prépondérant dans la suite de la carrière de SRV. Le premier est le dandy du pop-rock David Bowie, qui, impressionné par la maestria du guitariste, lui demande de tenir la guitare sur l'album qu'il est en train de concocter, Let's Dance. Il propose également à Stevie de participer à sa future tournée mondiale. SRV accepte de jouer sur l'album, sur lequel il décoche quelques-uns de ses riffs brûlants. Mais il décline la tournée, préférant continuer l'aventure Double Trouble - restant ainsi fidèle à son groupe et à sa musique. Le succès de Let's Dance, sa couverture médiatique ainsi que les déclarations de Bowie aux médias : "Stevie est le styliste de blues urbain le plus enthousiasmant que j'aie entendu depuis des années", commencent à exposer le talent de Stevie Ray Vaughan au monde entier.
La plupart de mes guitaristes préférés, Fripp, Belew ou Reeves, ont une dose d'ironie dans leur jeu. Avec Stevie Ray Vaughan, chaque note sortait directement du coeur. Il reste l'un des guitaristes les plus purs avec qui il m'ait été donné de travailler. - David Bowie
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Re: [biographie] Stevie Ray Vaughan
Un deuxième auditeur extrêmement attentif est le musicien californien Jackson Browne. Etonné lui aussi par la vista du guitariste texan, il devient immédiatement fan et lui ouvre gracieusement les portes de son studio Down Town à Los Angeles.
De retour aux Etats-Unis, SRV & Double Trouble y enregistrent une maquette. La bande ne tarde pas à arriver sur le bureau du légendaire producteur et chasseur de talents John Hammond Sr., qui révéla entre autres Bob Dylan, Aretha Franklin et Bruce Springsteen. Celui-ci est emballé par la musique de SRV, et fait signer le groupe chez Epic. "J'étais vraiment séduit par le son de Stevie, qui ne ressemblait à aucun autre, et c'était un improvisateur si fabuleux, ne répétant jamais exactement la même chose deux fois", se souvient-il. Désormais, le premier disque du groupe est en route...
Après la sortie de "Let's Dance", j'ai remarqué comment les producteurs et les non-guitaristes continuaient à mentionner Stevie Ray. Son son et son style étaient devenus un vrai point de référence pour eux. C'est important parce que tellement souvent, seulement les guitaristes assimilent ce qu'un autre joueur fait. Le son et l'aura de Stevie Ray étaient devenus un point d'attraction pour tout le monde. La seule autre fois que j'ai remarqué ce genre de chose se produire, c'était avec Hendrix. - Steve Stevens
Texas Flood, le premier album de Stevie Ray Vaughan & Double Trouble, est enregistré en deux jours à Los Angeles, au studio Down Town de Jackson Browne. Tommy Shannon se souvient : "On s'est installés en cercle pour se voir et s'entendre mutuellement et on a joué comme un groupe live." Chris Layton ajoute : "L'expérience entière n'aurait pas pu être plus innocente ou naïve. On jouait, simplement. Si on avait su ce qui allait arriver avec tout ça, on aurait pu tout foirer… On est juste entrés là-dedans et on l'a fait. La magie était là et elle est passée sur la bande." En effet, le trio pense être en train de réaliser une simple maquette. Mais les morceaux qu'il enregistre, longuement rodés nuit après nuit dans les clubs du Texas, sonnent de façon si aboutie que le producteur John Hammond décide d'utiliser directement ce matériel. Seules quelques parties vocales seront reprises lors du mixage de l'album à New York.
Au milieu d'un des morceaux, j'ai cassé une corde et on a du s'arrêter. Après que j'ai eu changé la corde, on a repris juste là où on s'était arrêtés, en redémarrant en même temps. Je ne sais pas si ça avait déjà été fait avant. L'ingénieur du son nous regardait d'une façon plutôt bizarre, mais ç'a été bon à la première prise. - Stevie Ray Vaughan
Texas Flood sort en 1983, et c'est une véritable bombe dans le paysage musical de l'époque. Le blues-rock direct et sans concession de la formation texane détonne sérieusement au milieu des mélodies pop et des instrumentations électroniques de la new wave ambiante. Le son du groupe est sans fioritures : la basse de Tommy Shannon et la batterie de Chris Layton soutiennent la voix et la guitare de SRV, une Fender Stratocaster au vernis presque entièrement disparu qu'il utilise avec de rares pédales d'effets. Cette guitare qui passe alors pour un instrument passé de mode, voué à jouer au mieux les seconds rôles derrière les omniprésents synthés.
Quand j'ai été signé, on m'a dit que personne ne voulait entendre ce truc. - Stevie Ray Vaughan
La musique de Stevie est donc totalement inattendue, tout comme le succès de l'album qui vend plus de 500 000 exemplaires en quelques mois - un fait sans précédent pour un disque de blues. Avec Texas Flood, Stevie Ray Vaughan réalise un véritable tour de force. Par son énergie, sa fraîcheur, son jeu de guitare virtuose et cette touche de magie indéfinissable, le musicien dépoussière et revitalise les traditionnelles douze mesures, et remet le blues au goût du jour.
SRV montre ainsi le chemin à une nouvelle génération de bluesmen : Robert Cray, Jeff Healey, Robben Ford lui emboîtent bientôt le pas, suivis quelques années plus tard par Lucky Peterson, Bernard Allison, Kenny Wayne Shepherd, Jonny Lang... Ses illustres aînés tels B.B. King, John Lee Hooker, Buddy Guy profitent également de l'appel d'air pour sortir de leur semi-retraite et se refaire une seconde jeunesse, en enregistrant de nouveau avec à la clé des ventes d'albums jusque-là jamais atteintes. De vieux routiers du rock n'hésitent pas à revenir à leurs premières amours, comme Gary Moore qui relance sa carrière avec le superbe Still Got The Blues. En ce sens, Stevie Ray Vaughan est l'artisan essentiel du blues-revival des années 80, qui redonne au style ses lettres de noblesse peu-à-peu perdues après le "british blues-boom" des années 60.
Stevie Ray Vaughan fut une surprise. Non seulement la puissance et la grâce véritables de son jeu établirent un nouveau standard de la guitare blues, mais il se tailla une place, pour lui-même et pour le blues, dans une grande partie du public pop, initiant une nouvelle génération à cette musique. - Jackson Browne
Texas Flood est aussi la révélation d'un nouveau monstre de la six cordes. SRV apparaît comme le guitariste ultime de blues et de rock, suscitant l'admiration de pointures telles qu'Eric Clapton ou Jeff Beck. La diversité des titres de l'album montre l'étendue du savoir-faire du texan : du rock 'n roll Love Struck Baby à la ballade jazzy aux accents hendrixiens Lenny, en passant par les blues lents Texas Flood et Dirty Pool ou les titres plus enlevés Tell Me et Mary Had A Little Lamb, l'homme sait tout faire. Les shuffles Pride And Joy et I'm Crying démontrent son implacable maîtrise rythmique, un aspect primordial de son jeu tout autant que sa technique lead. Les étourdissants instrumentaux Testify et Rude Mood montrent son extraordinaire virtuosité, tandis que son étonnant sens de l'improvisation transparaît dans chacun de ses solos, intenses mais jamais démonstratifs.
Musicalement et socialement, ce que Stevie Ray Vaughan et Double Trouble accomplirent était pratiquement sans précédent. Depuis Eric Clapton ou Johnny Winter, pas un vrai guitar-hero n'avait émergé en jouant du blues pur et dur. En fait, il y avait pénurie de guitar-heroes, point. Et alors que Clapton et Winter atteignirent leur audience la plus large après s'être écartés du genre, et qu'Hendrix eut depuis le début transformé son blues de base en une musique d'un autre monde, Vaughan continua à jouer fidèlement la musique qu'il avait apprise de T-Bone Walker, Freddie King, Albert King et Guitar Slim, devant des milliers de personnes nuit après nuit. - Dan Forte
Texas Flood est donc une complète réussite, musicale et commerciale. Le disque obtient deux nominations aux Grammy Awards américains et le magazine US référence Guitar Player décerne à Stevie Ray en cette année 1983 trois récompenses : meilleur nouveau talent, meilleur guitariste de blues électrique et meilleur album de guitare - un triplé que seul Jeff Beck réalisa en 1976.
Reste maintenant pour SRV à franchir le cap souvent délicat du second album…
De retour aux Etats-Unis, SRV & Double Trouble y enregistrent une maquette. La bande ne tarde pas à arriver sur le bureau du légendaire producteur et chasseur de talents John Hammond Sr., qui révéla entre autres Bob Dylan, Aretha Franklin et Bruce Springsteen. Celui-ci est emballé par la musique de SRV, et fait signer le groupe chez Epic. "J'étais vraiment séduit par le son de Stevie, qui ne ressemblait à aucun autre, et c'était un improvisateur si fabuleux, ne répétant jamais exactement la même chose deux fois", se souvient-il. Désormais, le premier disque du groupe est en route...
Après la sortie de "Let's Dance", j'ai remarqué comment les producteurs et les non-guitaristes continuaient à mentionner Stevie Ray. Son son et son style étaient devenus un vrai point de référence pour eux. C'est important parce que tellement souvent, seulement les guitaristes assimilent ce qu'un autre joueur fait. Le son et l'aura de Stevie Ray étaient devenus un point d'attraction pour tout le monde. La seule autre fois que j'ai remarqué ce genre de chose se produire, c'était avec Hendrix. - Steve Stevens
Texas Flood, le premier album de Stevie Ray Vaughan & Double Trouble, est enregistré en deux jours à Los Angeles, au studio Down Town de Jackson Browne. Tommy Shannon se souvient : "On s'est installés en cercle pour se voir et s'entendre mutuellement et on a joué comme un groupe live." Chris Layton ajoute : "L'expérience entière n'aurait pas pu être plus innocente ou naïve. On jouait, simplement. Si on avait su ce qui allait arriver avec tout ça, on aurait pu tout foirer… On est juste entrés là-dedans et on l'a fait. La magie était là et elle est passée sur la bande." En effet, le trio pense être en train de réaliser une simple maquette. Mais les morceaux qu'il enregistre, longuement rodés nuit après nuit dans les clubs du Texas, sonnent de façon si aboutie que le producteur John Hammond décide d'utiliser directement ce matériel. Seules quelques parties vocales seront reprises lors du mixage de l'album à New York.
Au milieu d'un des morceaux, j'ai cassé une corde et on a du s'arrêter. Après que j'ai eu changé la corde, on a repris juste là où on s'était arrêtés, en redémarrant en même temps. Je ne sais pas si ça avait déjà été fait avant. L'ingénieur du son nous regardait d'une façon plutôt bizarre, mais ç'a été bon à la première prise. - Stevie Ray Vaughan
Texas Flood sort en 1983, et c'est une véritable bombe dans le paysage musical de l'époque. Le blues-rock direct et sans concession de la formation texane détonne sérieusement au milieu des mélodies pop et des instrumentations électroniques de la new wave ambiante. Le son du groupe est sans fioritures : la basse de Tommy Shannon et la batterie de Chris Layton soutiennent la voix et la guitare de SRV, une Fender Stratocaster au vernis presque entièrement disparu qu'il utilise avec de rares pédales d'effets. Cette guitare qui passe alors pour un instrument passé de mode, voué à jouer au mieux les seconds rôles derrière les omniprésents synthés.
Quand j'ai été signé, on m'a dit que personne ne voulait entendre ce truc. - Stevie Ray Vaughan
La musique de Stevie est donc totalement inattendue, tout comme le succès de l'album qui vend plus de 500 000 exemplaires en quelques mois - un fait sans précédent pour un disque de blues. Avec Texas Flood, Stevie Ray Vaughan réalise un véritable tour de force. Par son énergie, sa fraîcheur, son jeu de guitare virtuose et cette touche de magie indéfinissable, le musicien dépoussière et revitalise les traditionnelles douze mesures, et remet le blues au goût du jour.
SRV montre ainsi le chemin à une nouvelle génération de bluesmen : Robert Cray, Jeff Healey, Robben Ford lui emboîtent bientôt le pas, suivis quelques années plus tard par Lucky Peterson, Bernard Allison, Kenny Wayne Shepherd, Jonny Lang... Ses illustres aînés tels B.B. King, John Lee Hooker, Buddy Guy profitent également de l'appel d'air pour sortir de leur semi-retraite et se refaire une seconde jeunesse, en enregistrant de nouveau avec à la clé des ventes d'albums jusque-là jamais atteintes. De vieux routiers du rock n'hésitent pas à revenir à leurs premières amours, comme Gary Moore qui relance sa carrière avec le superbe Still Got The Blues. En ce sens, Stevie Ray Vaughan est l'artisan essentiel du blues-revival des années 80, qui redonne au style ses lettres de noblesse peu-à-peu perdues après le "british blues-boom" des années 60.
Stevie Ray Vaughan fut une surprise. Non seulement la puissance et la grâce véritables de son jeu établirent un nouveau standard de la guitare blues, mais il se tailla une place, pour lui-même et pour le blues, dans une grande partie du public pop, initiant une nouvelle génération à cette musique. - Jackson Browne
Texas Flood est aussi la révélation d'un nouveau monstre de la six cordes. SRV apparaît comme le guitariste ultime de blues et de rock, suscitant l'admiration de pointures telles qu'Eric Clapton ou Jeff Beck. La diversité des titres de l'album montre l'étendue du savoir-faire du texan : du rock 'n roll Love Struck Baby à la ballade jazzy aux accents hendrixiens Lenny, en passant par les blues lents Texas Flood et Dirty Pool ou les titres plus enlevés Tell Me et Mary Had A Little Lamb, l'homme sait tout faire. Les shuffles Pride And Joy et I'm Crying démontrent son implacable maîtrise rythmique, un aspect primordial de son jeu tout autant que sa technique lead. Les étourdissants instrumentaux Testify et Rude Mood montrent son extraordinaire virtuosité, tandis que son étonnant sens de l'improvisation transparaît dans chacun de ses solos, intenses mais jamais démonstratifs.
Musicalement et socialement, ce que Stevie Ray Vaughan et Double Trouble accomplirent était pratiquement sans précédent. Depuis Eric Clapton ou Johnny Winter, pas un vrai guitar-hero n'avait émergé en jouant du blues pur et dur. En fait, il y avait pénurie de guitar-heroes, point. Et alors que Clapton et Winter atteignirent leur audience la plus large après s'être écartés du genre, et qu'Hendrix eut depuis le début transformé son blues de base en une musique d'un autre monde, Vaughan continua à jouer fidèlement la musique qu'il avait apprise de T-Bone Walker, Freddie King, Albert King et Guitar Slim, devant des milliers de personnes nuit après nuit. - Dan Forte
Texas Flood est donc une complète réussite, musicale et commerciale. Le disque obtient deux nominations aux Grammy Awards américains et le magazine US référence Guitar Player décerne à Stevie Ray en cette année 1983 trois récompenses : meilleur nouveau talent, meilleur guitariste de blues électrique et meilleur album de guitare - un triplé que seul Jeff Beck réalisa en 1976.
Reste maintenant pour SRV à franchir le cap souvent délicat du second album…
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Re: [biographie] Stevie Ray Vaughan
Après le succès de leur premier album Texas Flood, le deuxième opus de Stevie Ray Vaughan & Double Trouble est attendu avec impatience. SRV ne déçoit ni ses fans ni la critique. Avec Couldn't Stand The Weather, qui sort en 1984, il persiste et signe, confirmant son nouveau statut de star du blues-rock. L'album, toujours produit par John Hammond, est enregistré rapidement en quelques semaines après une tournée de 18 mois en Amérique du Nord.
Couldn't Stand The Weather est un disque dense et coloré. On y trouve des morceaux caractéristiques du répertoire rock & blues de SRV : Honey Bee, rock 'n roll énergique ; Tin Pan Alley, blues lent inspiré ; Scuttle Buttin', instrumental virtuose. Et aussi des morceaux aux sonorités plus originales, dévoilant la large palette musicale du texan : Couldn't Stand The Weather, sorte de funk-blues expérimental sur lequel son frère Jimmie Vaughan tient la seconde guitare ; le très contemporain Cold Shot, son premier single à entrer dans les charts US ; Stang's Swang, une composition inspirée par un des jazzmen favoris de Stevie, Kenny Burrel. L'album contient également des hommages à deux de ses idoles : The Things (That) I Used To Do de Guitar Slim, et surtout une version magistrale du Voodoo Chile de Jimi Hendrix, que SRV inclut dans le but avoué de dispenser la bonne parole du maître auprès de son plus jeune public : "J'adore sa musique, et je pense que c'est important d'écouter ce qu'il faisait."
CSTW est un disque au son plus élaboré que Texas Flood, et peut-être y perd-il un peu en spontanéité. Mais la sincérité est toujours là, et la galette devient rapidement disque d'or puis de platine. Stevie obtient son premier Grammy Award pour le titre Texas Flood enregistré au Festival de Jazz de Montreux en 1982, sorti sur l'album compilation d'Atlantic Blues Explosion (et depuis disponible sur le Live At Montreux 1982 & 1985). Il est une nouvelle fois élu meilleur guitariste de blues électrique par le magazine Guitar Player, prix qu'il recevra tous les ans jusqu'en 1991.
En cette année 1984, SRV travaille également sur Strike Like Lightning, l'album du come-back de son mentor et ami Lonnie Mack, qu'il coproduit avec celui-ci et sur lequel il apparaît sur plusieurs titres. Le disque sortira l'année suivante en 1985.
Le 4 octobre 1984, le lendemain du jour anniversaire de ses 30 ans, Stevie se produit au mythique Carnegie Hall de New York, accompagné par son frère Jimmie, ses amis Dr. John et Angela Strehli, et pour la première (et seule) fois de sa carrière par une section de cuivres, en l'occurrence les Roomful Of Blues. Ce concert d'anthologie sera immortalisé par la sortie en 1997 du superbe album posthume Live At Carnegie Hall.
Jouer au Carnegie Hall, c'était comme gagner un Grammy ou réaliser quelque chose de vraiment spécial. Sur le moment, tu n'es pas forcément conscient de ce que ça a de particulier. Tu fais ce que tu as à faire, simplement. Mais plus tard, quand tu y réfléchis, tu te dis, "Wow, est-ce que ça m'est vraiment arrivé, à moi ?" - Jimmie Vaughan
La sortie de Couldn't Stand The Weather est suivie d'une nouvelle tournée intensive, au cours de laquelle Stevie absorbe des quantités importantes d'alcool et de cocaïne - une habitude contractée au cours de ses années à Austin. Puis le groupe achève sa série de shows pour rentrer en studio et travailler sur son troisième album, Soul To Soul.
L'enregistrement de Soul To Soul, toujours sous la houlette de John Hammond, prend cette fois près de trois mois. SRV consacre davantage de temps à l'écriture, signant cinq des dix titres du disque. Double Trouble accueille un nouveau membre, le clavier Reese Wynans. Cet excellent musicien vient étoffer le son du groupe et livre à cette occasion un véritable travail d'orfèvre, se fondant à merveille dans la musique du trio originel.
On enregistre l'album à l'ancienne, live, ensemble dans la même pièce et sans casques. Le studio a été arrangé comme une scène, mais avec les amplis orientés de telle façon que les musiciens puissent entendre ce qui en sort. [...] On enregistre à l'ancienne en utilisant le meilleur de l'équipement moderne, et c'est une bonne combinaison. - Stevie Ray Vaughan
Soul To Soul, à l'instar de CSTW, contient du blues-rock classique : Lookin' Out The Window et Look At Little Sister, deux shuffles mid-tempo ; You'll Be Mine, rock à la Bo Diddley ; Empty Arms, blues traditionnel où SRV rend hommage à B.B. King. Et des titres aux accents plus contemporains, comme Change It et ses progressions d'accords sophistiquées ou Gone Home, un instrumental jazzy sur lequel dialoguent la guitare de Stevie et le Hammond B3 de Reese Wynans. S'y trouve également la composition d'Earl King Come On, déjà reprise par Jimi Hendrix sur Electric Ladyland. Beaucoup de points communs donc avec Couldn't Stand The Weather : Soul To Soul est d'une certaine manière son prolongement, solide, versatile et pourtant très cohérent. Trois autres morceaux sont des moments forts de l'album : l'extraordinaire instrumental Say What aux effets de wah-wah hendrixiens ; le slow blues Ain't Gone 'N Give Up On Love sur lequel SRV paie son tribut à Albert King ; et la magnifique ballade soul Life Without You, très Otis Redding / Booker-T & the MGs. Ces titres deviendront des classiques du répertoire live de SRV.
Soul To Soul, que Stevie dédie à son défunt ami luthier Charley Wirz, arrive dans les bacs fin 1985. C'est un nouveau succès et l'album devient bientôt disque d'or. Say What vaut à Stevie une nouvelle nomination aux Grammy Awards. S'ensuit alors une énorme tournée aux USA et en Europe, au cours de laquelle SRV, toujours dépendant de la drogue et de l'alcool, va connaître une progressive descente aux enfers.
Après la sortie de Soul To Soul en 1985, Stevie Ray Vaughan & Double Trouble tournent intensément en Amérique du Nord et en Europe, à la fois pour promouvoir leur troisième LP et rassembler du matériel pour un futur album live.
Depuis la réussite de Texas Flood en 1983, la vie de SRV pourrait ressembler à une belle success story. Mais la réalité est tout autre. Celui-ci absorbe des quantités de plus en plus importantes d'alcool et de cocaïne, pour tenir le rythme effréné des concerts mais aussi pour surmonter des problèmes plus personnels. Il confesse en 1988 : "Je m'étais rendu compte que si je restais chargé tout le temps, mon ego se tassait à l'arrière plan, et je n'avais pas à m'inquiéter de choses auxquelles j'aurais dû réfléchir. C'était beaucoup plus confortable pour fuir mes responsabilités. Il y avait un tas de choses que je fuyais, et l'une d'entre-elles, c'était moi. J'étais un adulte de 33 ans avec un gamin de 6 ans à l'intérieur, effrayé et se demandant où se trouve l'amour." Albert King et Eric Clapton seront parmi les premiers à essayer d'ouvrir les yeux de SRV sur son addiction et à le mettre en garde, sans succès.
Honnêtement, je peux dire que je suis vraiment heureux d'être en vie aujourd'hui. Parce que livré à moi-même, je me serais tué lentement. - Stevie Ray Vaughan, 1988
L'abus de substances toxiques affecte la santé de Stevie Ray, son jeu et par voie de conséquence la qualité des performances du groupe. D'autant que Tommy Shannon cède lui aussi aux mêmes démons que SRV. Ce dernier avoue : "Sûr, ça altérait mon jeu. Bien sûr, je pensais, 'Boy, est-ce que ça ne sonne pas bien ?' Et il y avait de super notes qui sortaient, mais pas toujours nécessairement de mon fait. C'était un peu comme si j'étais ballotté à travers quelque chose. J'avais perdu le contrôle."
En 1986, la formation a enregistré suffisamment de morceaux live pour s'attaquer au mixage de son quatrième album. Stevie mène de front travail en studio et concerts dans des conditions hallucinantes : "Mon truc était de ne pas dormir du tout. Je restais au studio toute la nuit, faisant les mix du live et choisissant les titres. Je quittais le studio aux alentours de midi, allais à l'hôtel pour prendre une douche, filais au soundcheck et jouais le set. Puis je retournais au studio. Et tout le truc recommençait à nouveau. Pendant deux semaines entières j'ai fait ça. […] Il fallait qu'on en paie le prix, et la seule façon à nos yeux de faire face était : Oh, tu es trop fatigué ? Bon, tiens, sniffe un peu de ça."
Une partie du truc est que ce genre de conduite est accepté dans ce business. C'est une réflexion classique : "Bon sang, il est vraiment foutu, mais il peut vraiment encore bien jouer." - Stevie Ray Vaughan
Live Alive - dont le titre est pour le moins paradoxal - sort courant 1986. Sur plusieurs morceaux (Cold Shot, Look At Little Sister), on peut entendre un SRV exsangue, la voix complètement atone : "On était tous exténués. […] Certains de ces concerts européens étaient OK. Certains sonnaient comme s'ils étaient le travail de gens à moitié morts". Le disque contient cependant quelques perles, dont une interprétation venimeuse de l'inédit I'm Leaving You (Commit A Crime) de Howlin' Wolf ; une reprise funk-rock boostée de Stevie Wonder, Superstition ; une fantastique version live de Say What qui vaut à Stevie Ray son deuxième Grammy Award. A noter la présence sur quatre morceaux de Jimmie Vaughan, dont le travail à la basse 6 cordes sur Love Struck Baby est remarquable. L'album fera une carrière plus qu'honorable - il sera en quelques mois consacré disque d'or.
Le groupe enchaîne avec une nouvelle tournée et s'envole pour l'Europe. L'état de santé de Stevie continue de se dégrader. Les cocktails d'alcool saupoudrés de coke font des ravages et le musicien est au bord de la rupture : "Je me réveillais et je m'enfilais quelque chose, pour me débarrasser de la douleur que je ressentais. Whisky, bière, vodka, tout ce qui me tombait sous la main." Début octobre 1986, il touche le fond en s'écroulant en plein milieu d'un show sur une scène londonienne.
Instinctivement, il lance un littéral appel de détresse à sa mère Martha, qui fait le déplacement depuis Dallas pour le rejoindre alors qu'il est hospitalisé dans une clinique de Londres. SRV repart quelques jours plus tard aux Etats-Unis pour suivre une cure de désintoxication à Marietta en Georgie. Loin d'Austin où, dit-il, "La plupart des gens que je connaissais étaient ceux qui me fournissaient la came." Il reçoit alors de nombreux messages de soutien de ses proches ainsi que les visites des fidèles Jackson Browne et Eric Clapton, ce dernier ayant lui aussi en son temps connu les mêmes démons que Stevie Ray.
Beaucoup de gens m'ont écrit, appelé, soutenu, parce qu'ils étaient passés par là. Ces gens-là m'ont sauvé la vie. Et maintenant il ne se passe pas un seul jour que je vis, où que je sois, à un moment ou à un autre de la journée, sans que le souvenir de ces personnes ne me revienne. - Stevie Ray Vaughan, 1988
Un mois plus tard, Stevie Ray sort du centre de soins et débute la méthode de réhabilitation en 12 étapes des Alcooliques Anonymes. Commence alors pour lui un important travail de reconstruction personnelle, et surtout une nouvelle vie : Stevie ne retouchera plus une seule fois à la drogue et l'alcool.
Couldn't Stand The Weather est un disque dense et coloré. On y trouve des morceaux caractéristiques du répertoire rock & blues de SRV : Honey Bee, rock 'n roll énergique ; Tin Pan Alley, blues lent inspiré ; Scuttle Buttin', instrumental virtuose. Et aussi des morceaux aux sonorités plus originales, dévoilant la large palette musicale du texan : Couldn't Stand The Weather, sorte de funk-blues expérimental sur lequel son frère Jimmie Vaughan tient la seconde guitare ; le très contemporain Cold Shot, son premier single à entrer dans les charts US ; Stang's Swang, une composition inspirée par un des jazzmen favoris de Stevie, Kenny Burrel. L'album contient également des hommages à deux de ses idoles : The Things (That) I Used To Do de Guitar Slim, et surtout une version magistrale du Voodoo Chile de Jimi Hendrix, que SRV inclut dans le but avoué de dispenser la bonne parole du maître auprès de son plus jeune public : "J'adore sa musique, et je pense que c'est important d'écouter ce qu'il faisait."
CSTW est un disque au son plus élaboré que Texas Flood, et peut-être y perd-il un peu en spontanéité. Mais la sincérité est toujours là, et la galette devient rapidement disque d'or puis de platine. Stevie obtient son premier Grammy Award pour le titre Texas Flood enregistré au Festival de Jazz de Montreux en 1982, sorti sur l'album compilation d'Atlantic Blues Explosion (et depuis disponible sur le Live At Montreux 1982 & 1985). Il est une nouvelle fois élu meilleur guitariste de blues électrique par le magazine Guitar Player, prix qu'il recevra tous les ans jusqu'en 1991.
En cette année 1984, SRV travaille également sur Strike Like Lightning, l'album du come-back de son mentor et ami Lonnie Mack, qu'il coproduit avec celui-ci et sur lequel il apparaît sur plusieurs titres. Le disque sortira l'année suivante en 1985.
Le 4 octobre 1984, le lendemain du jour anniversaire de ses 30 ans, Stevie se produit au mythique Carnegie Hall de New York, accompagné par son frère Jimmie, ses amis Dr. John et Angela Strehli, et pour la première (et seule) fois de sa carrière par une section de cuivres, en l'occurrence les Roomful Of Blues. Ce concert d'anthologie sera immortalisé par la sortie en 1997 du superbe album posthume Live At Carnegie Hall.
Jouer au Carnegie Hall, c'était comme gagner un Grammy ou réaliser quelque chose de vraiment spécial. Sur le moment, tu n'es pas forcément conscient de ce que ça a de particulier. Tu fais ce que tu as à faire, simplement. Mais plus tard, quand tu y réfléchis, tu te dis, "Wow, est-ce que ça m'est vraiment arrivé, à moi ?" - Jimmie Vaughan
La sortie de Couldn't Stand The Weather est suivie d'une nouvelle tournée intensive, au cours de laquelle Stevie absorbe des quantités importantes d'alcool et de cocaïne - une habitude contractée au cours de ses années à Austin. Puis le groupe achève sa série de shows pour rentrer en studio et travailler sur son troisième album, Soul To Soul.
L'enregistrement de Soul To Soul, toujours sous la houlette de John Hammond, prend cette fois près de trois mois. SRV consacre davantage de temps à l'écriture, signant cinq des dix titres du disque. Double Trouble accueille un nouveau membre, le clavier Reese Wynans. Cet excellent musicien vient étoffer le son du groupe et livre à cette occasion un véritable travail d'orfèvre, se fondant à merveille dans la musique du trio originel.
On enregistre l'album à l'ancienne, live, ensemble dans la même pièce et sans casques. Le studio a été arrangé comme une scène, mais avec les amplis orientés de telle façon que les musiciens puissent entendre ce qui en sort. [...] On enregistre à l'ancienne en utilisant le meilleur de l'équipement moderne, et c'est une bonne combinaison. - Stevie Ray Vaughan
Soul To Soul, à l'instar de CSTW, contient du blues-rock classique : Lookin' Out The Window et Look At Little Sister, deux shuffles mid-tempo ; You'll Be Mine, rock à la Bo Diddley ; Empty Arms, blues traditionnel où SRV rend hommage à B.B. King. Et des titres aux accents plus contemporains, comme Change It et ses progressions d'accords sophistiquées ou Gone Home, un instrumental jazzy sur lequel dialoguent la guitare de Stevie et le Hammond B3 de Reese Wynans. S'y trouve également la composition d'Earl King Come On, déjà reprise par Jimi Hendrix sur Electric Ladyland. Beaucoup de points communs donc avec Couldn't Stand The Weather : Soul To Soul est d'une certaine manière son prolongement, solide, versatile et pourtant très cohérent. Trois autres morceaux sont des moments forts de l'album : l'extraordinaire instrumental Say What aux effets de wah-wah hendrixiens ; le slow blues Ain't Gone 'N Give Up On Love sur lequel SRV paie son tribut à Albert King ; et la magnifique ballade soul Life Without You, très Otis Redding / Booker-T & the MGs. Ces titres deviendront des classiques du répertoire live de SRV.
Soul To Soul, que Stevie dédie à son défunt ami luthier Charley Wirz, arrive dans les bacs fin 1985. C'est un nouveau succès et l'album devient bientôt disque d'or. Say What vaut à Stevie une nouvelle nomination aux Grammy Awards. S'ensuit alors une énorme tournée aux USA et en Europe, au cours de laquelle SRV, toujours dépendant de la drogue et de l'alcool, va connaître une progressive descente aux enfers.
Après la sortie de Soul To Soul en 1985, Stevie Ray Vaughan & Double Trouble tournent intensément en Amérique du Nord et en Europe, à la fois pour promouvoir leur troisième LP et rassembler du matériel pour un futur album live.
Depuis la réussite de Texas Flood en 1983, la vie de SRV pourrait ressembler à une belle success story. Mais la réalité est tout autre. Celui-ci absorbe des quantités de plus en plus importantes d'alcool et de cocaïne, pour tenir le rythme effréné des concerts mais aussi pour surmonter des problèmes plus personnels. Il confesse en 1988 : "Je m'étais rendu compte que si je restais chargé tout le temps, mon ego se tassait à l'arrière plan, et je n'avais pas à m'inquiéter de choses auxquelles j'aurais dû réfléchir. C'était beaucoup plus confortable pour fuir mes responsabilités. Il y avait un tas de choses que je fuyais, et l'une d'entre-elles, c'était moi. J'étais un adulte de 33 ans avec un gamin de 6 ans à l'intérieur, effrayé et se demandant où se trouve l'amour." Albert King et Eric Clapton seront parmi les premiers à essayer d'ouvrir les yeux de SRV sur son addiction et à le mettre en garde, sans succès.
Honnêtement, je peux dire que je suis vraiment heureux d'être en vie aujourd'hui. Parce que livré à moi-même, je me serais tué lentement. - Stevie Ray Vaughan, 1988
L'abus de substances toxiques affecte la santé de Stevie Ray, son jeu et par voie de conséquence la qualité des performances du groupe. D'autant que Tommy Shannon cède lui aussi aux mêmes démons que SRV. Ce dernier avoue : "Sûr, ça altérait mon jeu. Bien sûr, je pensais, 'Boy, est-ce que ça ne sonne pas bien ?' Et il y avait de super notes qui sortaient, mais pas toujours nécessairement de mon fait. C'était un peu comme si j'étais ballotté à travers quelque chose. J'avais perdu le contrôle."
En 1986, la formation a enregistré suffisamment de morceaux live pour s'attaquer au mixage de son quatrième album. Stevie mène de front travail en studio et concerts dans des conditions hallucinantes : "Mon truc était de ne pas dormir du tout. Je restais au studio toute la nuit, faisant les mix du live et choisissant les titres. Je quittais le studio aux alentours de midi, allais à l'hôtel pour prendre une douche, filais au soundcheck et jouais le set. Puis je retournais au studio. Et tout le truc recommençait à nouveau. Pendant deux semaines entières j'ai fait ça. […] Il fallait qu'on en paie le prix, et la seule façon à nos yeux de faire face était : Oh, tu es trop fatigué ? Bon, tiens, sniffe un peu de ça."
Une partie du truc est que ce genre de conduite est accepté dans ce business. C'est une réflexion classique : "Bon sang, il est vraiment foutu, mais il peut vraiment encore bien jouer." - Stevie Ray Vaughan
Live Alive - dont le titre est pour le moins paradoxal - sort courant 1986. Sur plusieurs morceaux (Cold Shot, Look At Little Sister), on peut entendre un SRV exsangue, la voix complètement atone : "On était tous exténués. […] Certains de ces concerts européens étaient OK. Certains sonnaient comme s'ils étaient le travail de gens à moitié morts". Le disque contient cependant quelques perles, dont une interprétation venimeuse de l'inédit I'm Leaving You (Commit A Crime) de Howlin' Wolf ; une reprise funk-rock boostée de Stevie Wonder, Superstition ; une fantastique version live de Say What qui vaut à Stevie Ray son deuxième Grammy Award. A noter la présence sur quatre morceaux de Jimmie Vaughan, dont le travail à la basse 6 cordes sur Love Struck Baby est remarquable. L'album fera une carrière plus qu'honorable - il sera en quelques mois consacré disque d'or.
Le groupe enchaîne avec une nouvelle tournée et s'envole pour l'Europe. L'état de santé de Stevie continue de se dégrader. Les cocktails d'alcool saupoudrés de coke font des ravages et le musicien est au bord de la rupture : "Je me réveillais et je m'enfilais quelque chose, pour me débarrasser de la douleur que je ressentais. Whisky, bière, vodka, tout ce qui me tombait sous la main." Début octobre 1986, il touche le fond en s'écroulant en plein milieu d'un show sur une scène londonienne.
Instinctivement, il lance un littéral appel de détresse à sa mère Martha, qui fait le déplacement depuis Dallas pour le rejoindre alors qu'il est hospitalisé dans une clinique de Londres. SRV repart quelques jours plus tard aux Etats-Unis pour suivre une cure de désintoxication à Marietta en Georgie. Loin d'Austin où, dit-il, "La plupart des gens que je connaissais étaient ceux qui me fournissaient la came." Il reçoit alors de nombreux messages de soutien de ses proches ainsi que les visites des fidèles Jackson Browne et Eric Clapton, ce dernier ayant lui aussi en son temps connu les mêmes démons que Stevie Ray.
Beaucoup de gens m'ont écrit, appelé, soutenu, parce qu'ils étaient passés par là. Ces gens-là m'ont sauvé la vie. Et maintenant il ne se passe pas un seul jour que je vis, où que je sois, à un moment ou à un autre de la journée, sans que le souvenir de ces personnes ne me revienne. - Stevie Ray Vaughan, 1988
Un mois plus tard, Stevie Ray sort du centre de soins et débute la méthode de réhabilitation en 12 étapes des Alcooliques Anonymes. Commence alors pour lui un important travail de reconstruction personnelle, et surtout une nouvelle vie : Stevie ne retouchera plus une seule fois à la drogue et l'alcool.
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The blues are the roots
The rest are the fruits
http://aupaysdublues.free.fr/index.php
Re: [biographie] Stevie Ray Vaughan
En 1987, Stevie Ray Vaughan a retrouvé suffisamment de forces et de vitalité pour recommencer à tourner. Il est définitivement débarrassé de son addiction à la cocaïne et mène avec une volonté de fer un combat quotidien contre la tentation de l'alcool - un mal pernicieux infiniment plus sournois que la drogue. "Occupe-toi d'aujourd'hui - c'est ça l'idée. Maintenant chaque jour est une nouvelle victoire", explique-t-il. Mais le texan tient bon, tout comme Tommy Shannon, lui aussi en pleine rédemption. Et c'est maintenant un SRV clean et sobre qui reprend la route, à l'instar de toute son équipe, du roadie au technicien du son : le softball et les haltères remplacent la coke et le whisky durant les moments de temps libre.
J'en suis venu à réaliser que le problème de l'alcool, le problème de la drogue et la peur étaient tous des symptômes d'un problème sous-jacent appelé manque d'amour. Une fois que vous devenez vraiment toxicomane ou alcoolique, la boisson et la drogue prennent la place des gens que vous aimez et des gens qui vous aiment. Vous oubliez comment aimer, vous rejetez l'amour. Vous devenez consumé par la peur. - Stevie Ray Vaughan
Stevie fait en 1987 une courte apparition dans le film Back To The Beach, dans lequel il tient son propre rôle. Pour la bande originale, il enregistre avec la légende de la surf music Dick Dale une version du standard Pipeline, qui lui vaudra une nouvelle nomination aux Grammy Awards (ce morceau figure sur la compilation Greatest Hits II). SRV participe également à une jam-session d'anthologie en l'honneur de B.B. King, filmée pour la télévision, en compagnie entre autres d'Albert King, Eric Clapton, Phil Collins et du grand harmoniciste de blues Paul Butterfield.
En 1988, Stevie Ray Vaughan & Double Trouble poursuivent leurs concerts à travers les Etats-Unis. C'est seulement l'année suivante que le groupe pose ses valises pour travailler à l'enregistrement de l'album de leur come-back discographique. C'est ainsi qu'en juillet 1989 sort In Step, leur cinquième opus, véritable rayon de soleil trois ans après le Live Alive de la sombre année 1986. In Step, dont le titre fait référence au programme de réhabilitation en 12 étapes (12 steps) des A.A. que suit Stevie, est un disque magistral, l'oeuvre d'un musicien à nouveau en pleine possession de son art.
Par le choix de ses titres, In Step n'est pas fondamentalement différent de Couldn't Stand The Weather ou Soul To Soul. On y trouve du blues, bien sûr, traditionnel et contemporain ; du rock, du funk, du jazz. Egalement des reprises d'idoles de Stevie, en l'occurrence Buddy Guy et Howlin' Wolf. Mais SRV insuffle à chaque morceau une magie et une énergie régénérées, et son jeu de guitare atteint un niveau d'intensité exceptionnel. Parmi les titres phares de l'album, citons Crossfire, blues-rock moderne et carré qui se hisse à la première place des hits radio, une première dans la carrière du texan ; Tightrope et Wall Of Denial, deux compositions funk-rock cosignées SRV-Bramhall, hantées par les expériences douloureuses du guitariste ; The House Is Rockin', rock n' roll incendiaire au solo exemplaire d'efficacité et de concision ; Leave My Girl Alone de Buddy Guy, blues lent dans lequel Stevie fait littéralement pleurer sa guitare ; et le sublime Riviera Paradise, ballade instrumentale jazzy, écho du Lenny de Texas Flood.
In Step, que Stevie dédie à son défunt producteur et ami John Hammond Sr., rencontre un immense succès populaire et est salué unanimement par la critique. Certifié en peu de temps double disque de platine, il vaudra à Stevie Ray son troisième Grammy Award en tant que meilleur album de blues contemporain. La sortie du disque est suivie d'une gigantesque tournée américaine jouée à guichets fermés, durant laquelle SRV partage la vedette avec Jeff Beck. Les deux gâchettes de la six cordes se livreront à cette occasion à des joutes de guitare mémorables.
Quand j'ai vu Stevie pendant le Guitar Shop Tour en 89 ou 90, il était complètement sain, jouant mieux que jamais. J'étais tout simplement stupéfié ; il pouvait me faire redécouvrir le blues chaque soir. - Jeff Beck
Fin 1989, dans son fief du Texas lors de la cérémonie des Austin Music Awards, SRV est consacré musicien de l'année et musicien de la décennie. Il reçoit également les prix de l'album de la décennie pour Texas Flood, de l'album de l'année pour In Step, et du single de l'année pour Crossfire.
En janvier 1990, Stevie interprète quelques titres à la douze cordes acoustique pour l'émission MTV Unplugged. Au printemps, il prend pour un temps congé de Double Trouble et rentre en studio avec son frère Jimmie afin d'enregistrer un album en commun - un projet de longue date que les Vaughan n'ont encore jamais eu l'occasion de concrétiser. Leur collaboration donne naissance à Family Style, un disque sublime où l'alchimie entre les voix et les sons de guitare complémentaires des deux frères fait merveille. Produit par Nile Rodgers, Family Style est un album gai et enlevé, très rock texan (Hard To Be, White Boots, Good Texan), avec des touches de soul (Tick Tock), de funk (Telephone Song, Baboom/Mama Said) et de blues (Brothers). Le plaisir que prennent Stevie et Jimmie à jouer ensemble transparaît dans chaque morceau.
Stevie Ray Vaughan décède brutalement peu de temps avant la sortie de l'album, dans un accident d'hélicoptère après un concert dans le Wisconsin. Le disque fera un véritable carton, et obtiendra deux Grammy Awards en 1991 : meilleur album de blues contemporain et meilleur instrumental rock pour le titre D/FW.
Après la tournée en compagnie de Jeff Beck, Stevie Ray Vaughan & Double Trouble entament un nouveau tour de deux mois aux Etats-Unis avec Joe Cocker. Puis le trio est convié, avec le Robert Cray Band, à rejoindre Eric Clapton pour deux shows exceptionnels les 25 et 26 août 1990 à Alpine Valley, une station de ski près d'East Troy, Wisconsin.
Le soir du 25, Jeff Healey et Bonnie Raitt rejoignent sur les planches, en guest-stars, Clapton, Cray et Vaughan. Le lendemain, c'est au tour de Buddy Guy et Jimmie Vaughan, le frère de Stevie, de participer à la fête.
SRV est au meilleur de sa forme et impressionne autant ses partenaires de scène que le public. Buddy Guy témoigne : "Je n'oublierai jamais quelques-uns des riffs qu'il jouait ce soir-là. Je pense que c'était un de ses tout meilleurs concerts." Eric Clapton confirme, dans une confession à la fois émouvante et étonnante de la part d'une des plus grandes figures de la guitare rock : "Le premier soir, j'ai regardé son set pendant à-peu-près une demi-heure et j'ai dû m'en aller parce que je ne pouvais pas affronter ça. J'allais jouer après ce gars-là, et simplement je ne pouvais pas affronter ça. J'en savais assez pour savoir que son jeu allait tout bonnement devenir meilleur de jour en jour. […] Il fallait que je parte juste pour conserver un tant soit peu de santé d'esprit ou de confiance en moi."
Jimmie, interviewé en octobre 1990, se souvient lui aussi de la prestation de son frère : "Oui, tu ne pouvais pas rivaliser avec lui. Mais tu ne peux pas non plus rivaliser avec Buddy Guy ou Eric Clapton quand ils font leur truc. Et Robert Cray était là aussi, et il a cassé la baraque ce soir-là. Clapton aussi, tout le monde l'a fait. Mais Stevie était sur un nuage ou quelque chose comme ça."
Le second soir, après un jam final de plus de 20 minutes sur le standard de Robert Johnson Sweet Home Chicago, où les solos de guitare s'enchaînent les uns après les autres, les artistes quittent la scène. SRV s'apprête à prendre le chemin du retour par la route vers Chicago où il séjourne alors, lorsqu'il apprend qu'une place est libre dans un des hélicoptères affrétés pour le show. Le "Sweet Home" ne sera jamais atteint. L'hélicoptère, qui compte à son bord, outre Stevie, le tour manager, l'agent et le garde du corps de Clapton, se crashe dans le brouillard contre un versant le 27 août 1990, vers une heure du matin, quelques minutes après le décollage. L'enquête conclura à une erreur de pilotage.
Je l'ai vu jouer le samedi soir. Il jouait d'une façon incroyable. Pour moi, Stevie Ray Vaughan était le plus grand guitariste de blues. Pour le feu et la passion et la grâce, il était intouchable. Il était effrayant pour ceux d'entre-nous qui le regardaient. Mais il était si humble et si affable en tant qu'ami, et son jeu ne lui montait pas à la tête. - Bonnie Raitt
L'accident est d'autant plus tragique qu'il fauche en pleine gloire un musicien qui, après avoir frôlé la mort par ses propres excès, s'est relevé à force de volonté pour vivre et jouer sa musique avec plus de passion que jamais.
L'annonce du décès de Stevie Ray Vaughan bouleverse ses fans mais aussi le milieu musical. Nombreux sont les artistes qui appréciaient l'homme en même temps que le musicien. B.B. King, ému, déclare : "C'est une perte pas seulement pour la musique, c'est une perte pour tous les gens. [...] La seule chose qui m'empêche de pleurer, c'est de savoir la joie qu'il nous a apportée."
Je ne suis vraiment qu'un autre guitariste de Texas Blues, mais je pense que j'ai quelque chose de spécial à dire avec ma musique. - Stevie Ray Vaughan
SRV nous lègue cinq albums parus de son vivant. Son frère Jimmie et sa mère Martha Vaughan gèrent avec un soin tout particulier son héritage artistique. La discographie posthume du guitariste texan est un modèle de bon goût, comme en témoignent les superbes opus live In The Beginning (1992), Live At Carnegie Hall (1997), Live At Montreux 1982 & 1985 (2001) ; ou encore le splendide The Sky Is Crying (1991), compilé par Jimmie lui-même, certifié disque de platine en quelques mois, qui vaudra à Stevie deux Grammy Awards posthumes en 1991 : meilleur album de blues contemporain et meilleur instrumental rock pour la reprise d'Hendrix Little Wing. Stevie Ray Vaughan n'est plus là, mais sa musique vit toujours.
J'en suis venu à réaliser que le problème de l'alcool, le problème de la drogue et la peur étaient tous des symptômes d'un problème sous-jacent appelé manque d'amour. Une fois que vous devenez vraiment toxicomane ou alcoolique, la boisson et la drogue prennent la place des gens que vous aimez et des gens qui vous aiment. Vous oubliez comment aimer, vous rejetez l'amour. Vous devenez consumé par la peur. - Stevie Ray Vaughan
Stevie fait en 1987 une courte apparition dans le film Back To The Beach, dans lequel il tient son propre rôle. Pour la bande originale, il enregistre avec la légende de la surf music Dick Dale une version du standard Pipeline, qui lui vaudra une nouvelle nomination aux Grammy Awards (ce morceau figure sur la compilation Greatest Hits II). SRV participe également à une jam-session d'anthologie en l'honneur de B.B. King, filmée pour la télévision, en compagnie entre autres d'Albert King, Eric Clapton, Phil Collins et du grand harmoniciste de blues Paul Butterfield.
En 1988, Stevie Ray Vaughan & Double Trouble poursuivent leurs concerts à travers les Etats-Unis. C'est seulement l'année suivante que le groupe pose ses valises pour travailler à l'enregistrement de l'album de leur come-back discographique. C'est ainsi qu'en juillet 1989 sort In Step, leur cinquième opus, véritable rayon de soleil trois ans après le Live Alive de la sombre année 1986. In Step, dont le titre fait référence au programme de réhabilitation en 12 étapes (12 steps) des A.A. que suit Stevie, est un disque magistral, l'oeuvre d'un musicien à nouveau en pleine possession de son art.
Par le choix de ses titres, In Step n'est pas fondamentalement différent de Couldn't Stand The Weather ou Soul To Soul. On y trouve du blues, bien sûr, traditionnel et contemporain ; du rock, du funk, du jazz. Egalement des reprises d'idoles de Stevie, en l'occurrence Buddy Guy et Howlin' Wolf. Mais SRV insuffle à chaque morceau une magie et une énergie régénérées, et son jeu de guitare atteint un niveau d'intensité exceptionnel. Parmi les titres phares de l'album, citons Crossfire, blues-rock moderne et carré qui se hisse à la première place des hits radio, une première dans la carrière du texan ; Tightrope et Wall Of Denial, deux compositions funk-rock cosignées SRV-Bramhall, hantées par les expériences douloureuses du guitariste ; The House Is Rockin', rock n' roll incendiaire au solo exemplaire d'efficacité et de concision ; Leave My Girl Alone de Buddy Guy, blues lent dans lequel Stevie fait littéralement pleurer sa guitare ; et le sublime Riviera Paradise, ballade instrumentale jazzy, écho du Lenny de Texas Flood.
In Step, que Stevie dédie à son défunt producteur et ami John Hammond Sr., rencontre un immense succès populaire et est salué unanimement par la critique. Certifié en peu de temps double disque de platine, il vaudra à Stevie Ray son troisième Grammy Award en tant que meilleur album de blues contemporain. La sortie du disque est suivie d'une gigantesque tournée américaine jouée à guichets fermés, durant laquelle SRV partage la vedette avec Jeff Beck. Les deux gâchettes de la six cordes se livreront à cette occasion à des joutes de guitare mémorables.
Quand j'ai vu Stevie pendant le Guitar Shop Tour en 89 ou 90, il était complètement sain, jouant mieux que jamais. J'étais tout simplement stupéfié ; il pouvait me faire redécouvrir le blues chaque soir. - Jeff Beck
Fin 1989, dans son fief du Texas lors de la cérémonie des Austin Music Awards, SRV est consacré musicien de l'année et musicien de la décennie. Il reçoit également les prix de l'album de la décennie pour Texas Flood, de l'album de l'année pour In Step, et du single de l'année pour Crossfire.
En janvier 1990, Stevie interprète quelques titres à la douze cordes acoustique pour l'émission MTV Unplugged. Au printemps, il prend pour un temps congé de Double Trouble et rentre en studio avec son frère Jimmie afin d'enregistrer un album en commun - un projet de longue date que les Vaughan n'ont encore jamais eu l'occasion de concrétiser. Leur collaboration donne naissance à Family Style, un disque sublime où l'alchimie entre les voix et les sons de guitare complémentaires des deux frères fait merveille. Produit par Nile Rodgers, Family Style est un album gai et enlevé, très rock texan (Hard To Be, White Boots, Good Texan), avec des touches de soul (Tick Tock), de funk (Telephone Song, Baboom/Mama Said) et de blues (Brothers). Le plaisir que prennent Stevie et Jimmie à jouer ensemble transparaît dans chaque morceau.
Stevie Ray Vaughan décède brutalement peu de temps avant la sortie de l'album, dans un accident d'hélicoptère après un concert dans le Wisconsin. Le disque fera un véritable carton, et obtiendra deux Grammy Awards en 1991 : meilleur album de blues contemporain et meilleur instrumental rock pour le titre D/FW.
Après la tournée en compagnie de Jeff Beck, Stevie Ray Vaughan & Double Trouble entament un nouveau tour de deux mois aux Etats-Unis avec Joe Cocker. Puis le trio est convié, avec le Robert Cray Band, à rejoindre Eric Clapton pour deux shows exceptionnels les 25 et 26 août 1990 à Alpine Valley, une station de ski près d'East Troy, Wisconsin.
Le soir du 25, Jeff Healey et Bonnie Raitt rejoignent sur les planches, en guest-stars, Clapton, Cray et Vaughan. Le lendemain, c'est au tour de Buddy Guy et Jimmie Vaughan, le frère de Stevie, de participer à la fête.
SRV est au meilleur de sa forme et impressionne autant ses partenaires de scène que le public. Buddy Guy témoigne : "Je n'oublierai jamais quelques-uns des riffs qu'il jouait ce soir-là. Je pense que c'était un de ses tout meilleurs concerts." Eric Clapton confirme, dans une confession à la fois émouvante et étonnante de la part d'une des plus grandes figures de la guitare rock : "Le premier soir, j'ai regardé son set pendant à-peu-près une demi-heure et j'ai dû m'en aller parce que je ne pouvais pas affronter ça. J'allais jouer après ce gars-là, et simplement je ne pouvais pas affronter ça. J'en savais assez pour savoir que son jeu allait tout bonnement devenir meilleur de jour en jour. […] Il fallait que je parte juste pour conserver un tant soit peu de santé d'esprit ou de confiance en moi."
Jimmie, interviewé en octobre 1990, se souvient lui aussi de la prestation de son frère : "Oui, tu ne pouvais pas rivaliser avec lui. Mais tu ne peux pas non plus rivaliser avec Buddy Guy ou Eric Clapton quand ils font leur truc. Et Robert Cray était là aussi, et il a cassé la baraque ce soir-là. Clapton aussi, tout le monde l'a fait. Mais Stevie était sur un nuage ou quelque chose comme ça."
Le second soir, après un jam final de plus de 20 minutes sur le standard de Robert Johnson Sweet Home Chicago, où les solos de guitare s'enchaînent les uns après les autres, les artistes quittent la scène. SRV s'apprête à prendre le chemin du retour par la route vers Chicago où il séjourne alors, lorsqu'il apprend qu'une place est libre dans un des hélicoptères affrétés pour le show. Le "Sweet Home" ne sera jamais atteint. L'hélicoptère, qui compte à son bord, outre Stevie, le tour manager, l'agent et le garde du corps de Clapton, se crashe dans le brouillard contre un versant le 27 août 1990, vers une heure du matin, quelques minutes après le décollage. L'enquête conclura à une erreur de pilotage.
Je l'ai vu jouer le samedi soir. Il jouait d'une façon incroyable. Pour moi, Stevie Ray Vaughan était le plus grand guitariste de blues. Pour le feu et la passion et la grâce, il était intouchable. Il était effrayant pour ceux d'entre-nous qui le regardaient. Mais il était si humble et si affable en tant qu'ami, et son jeu ne lui montait pas à la tête. - Bonnie Raitt
L'accident est d'autant plus tragique qu'il fauche en pleine gloire un musicien qui, après avoir frôlé la mort par ses propres excès, s'est relevé à force de volonté pour vivre et jouer sa musique avec plus de passion que jamais.
L'annonce du décès de Stevie Ray Vaughan bouleverse ses fans mais aussi le milieu musical. Nombreux sont les artistes qui appréciaient l'homme en même temps que le musicien. B.B. King, ému, déclare : "C'est une perte pas seulement pour la musique, c'est une perte pour tous les gens. [...] La seule chose qui m'empêche de pleurer, c'est de savoir la joie qu'il nous a apportée."
Je ne suis vraiment qu'un autre guitariste de Texas Blues, mais je pense que j'ai quelque chose de spécial à dire avec ma musique. - Stevie Ray Vaughan
SRV nous lègue cinq albums parus de son vivant. Son frère Jimmie et sa mère Martha Vaughan gèrent avec un soin tout particulier son héritage artistique. La discographie posthume du guitariste texan est un modèle de bon goût, comme en témoignent les superbes opus live In The Beginning (1992), Live At Carnegie Hall (1997), Live At Montreux 1982 & 1985 (2001) ; ou encore le splendide The Sky Is Crying (1991), compilé par Jimmie lui-même, certifié disque de platine en quelques mois, qui vaudra à Stevie deux Grammy Awards posthumes en 1991 : meilleur album de blues contemporain et meilleur instrumental rock pour la reprise d'Hendrix Little Wing. Stevie Ray Vaughan n'est plus là, mais sa musique vit toujours.
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Re: [biographie] Stevie Ray Vaughan
et maintenant la biographie et les anecdotes indispensables, le tout concocté par notre Philipp national
Dernière édition par Jungleland le Ven 16 Jan 2009 - 18:57, édité 1 fois
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Re: [biographie] Stevie Ray Vaughan
Born in the USA
SRV - jeune prodige sur les traces de Johnny Winter & George Thorogood - a connu une ascension qui a pu paraître météorique aux yeux de certains ne connaissant pas son histoire.
Ainsi allait-on lire en 1984 dans le magazine People : Pour un môme qui avait échoué en solfège au lycée, il a parcouru un sacré chemin. En deux ans, la légende locale s'est mutée en célébrité.
Lui qui dormait sur le plancher des clubs s'est vu réclamé par le Carnegie Hall.
Si Stevie est étourdi par cette soudaine stature cela ne se voit pas ...
En vérité, à 10 ans, il maîtrisait déjà la guitare & avait acquis avant même son adolescence, plus d'expérience scénique que bien d'autres garçons sur le point d'être adultes.
Il a dû attendre 28 ans pour sortir son premier album après avoir joué d'orchestre en orchestre.
Pas surprenant donc que l'un des secrets de sa réussite ait été la versatilité de son jeu en abordant chaque concert comme s'il était celui de la dernière chance.
A l'instar de Buddy Holly - Ritchie Valens & Ricky Nelson, Stevie s'est "envolé" trop tôt à la suite d'un accident du ciel. Celui dont le voeu était de jouer un jour sur la lune fut considéré par beaucoup comme le meilleur guitariste de sa génération.
"La guitare, disait-il est mon épouse favorite. Elle ne me répond pas, elle parle pour moi. Elle ne me crie pas dessus, elle crie pour moi. Elle a pour sûr un sacré timbre quand elle le fait."
SR avait hérité du jeu incisif des anciens Yardbirds (Clapton -Beck & Page) & du feeling des bluesmen noirs tels Rush - Waters ou les King.
Fidèle à ses sources, il ne manquait jamais de citer ceux qui l'avait marqué ; ainsi lors d'une remise de trophées, il ne put s'empêcher de dire qu'il serait peut-être temps que Buddy Guy en obtienne à son tour. Là où il est, sans doute a-t-il béni le ciel de voir son voeu enfin exaucé en 1992 quand Buddy a reçu le Grammy Award du meilleur enregistrement de blues contemporain pour son album "Damn Right, I've Got the blues" comportant l'instrumental bien nommé "Remenberin' Stevie".
Instrumentiste virtuose, était aussi un excellent chanteur même si au départ, comme Jimi Hendrix, il n'aimait pas trop sa voix & éprouvait un certain trac à se mettre devant un micro ; raison pour laquelle il chantait souvent tête baissée à ses tout débuts.
De l'avis de ceux qui le connaissaient bien, Vaughan était un garçon auhentique, humble & proche des gens. Il a toujours respecté ses fans, ne serait-ce que parce que lui aussi a toujours eu des idoles. Stephen Ray (son vrai prénom), était aussi un artiste honnête d'une rare sollicitude, prêt à mettre à mettre la main à la poche s'il savait quelqu'un dans le besoin.
A suivre ...
SRV - jeune prodige sur les traces de Johnny Winter & George Thorogood - a connu une ascension qui a pu paraître météorique aux yeux de certains ne connaissant pas son histoire.
Ainsi allait-on lire en 1984 dans le magazine People : Pour un môme qui avait échoué en solfège au lycée, il a parcouru un sacré chemin. En deux ans, la légende locale s'est mutée en célébrité.
Lui qui dormait sur le plancher des clubs s'est vu réclamé par le Carnegie Hall.
Si Stevie est étourdi par cette soudaine stature cela ne se voit pas ...
En vérité, à 10 ans, il maîtrisait déjà la guitare & avait acquis avant même son adolescence, plus d'expérience scénique que bien d'autres garçons sur le point d'être adultes.
Il a dû attendre 28 ans pour sortir son premier album après avoir joué d'orchestre en orchestre.
Pas surprenant donc que l'un des secrets de sa réussite ait été la versatilité de son jeu en abordant chaque concert comme s'il était celui de la dernière chance.
A l'instar de Buddy Holly - Ritchie Valens & Ricky Nelson, Stevie s'est "envolé" trop tôt à la suite d'un accident du ciel. Celui dont le voeu était de jouer un jour sur la lune fut considéré par beaucoup comme le meilleur guitariste de sa génération.
"La guitare, disait-il est mon épouse favorite. Elle ne me répond pas, elle parle pour moi. Elle ne me crie pas dessus, elle crie pour moi. Elle a pour sûr un sacré timbre quand elle le fait."
SR avait hérité du jeu incisif des anciens Yardbirds (Clapton -Beck & Page) & du feeling des bluesmen noirs tels Rush - Waters ou les King.
Fidèle à ses sources, il ne manquait jamais de citer ceux qui l'avait marqué ; ainsi lors d'une remise de trophées, il ne put s'empêcher de dire qu'il serait peut-être temps que Buddy Guy en obtienne à son tour. Là où il est, sans doute a-t-il béni le ciel de voir son voeu enfin exaucé en 1992 quand Buddy a reçu le Grammy Award du meilleur enregistrement de blues contemporain pour son album "Damn Right, I've Got the blues" comportant l'instrumental bien nommé "Remenberin' Stevie".
Instrumentiste virtuose, était aussi un excellent chanteur même si au départ, comme Jimi Hendrix, il n'aimait pas trop sa voix & éprouvait un certain trac à se mettre devant un micro ; raison pour laquelle il chantait souvent tête baissée à ses tout débuts.
De l'avis de ceux qui le connaissaient bien, Vaughan était un garçon auhentique, humble & proche des gens. Il a toujours respecté ses fans, ne serait-ce que parce que lui aussi a toujours eu des idoles. Stephen Ray (son vrai prénom), était aussi un artiste honnête d'une rare sollicitude, prêt à mettre à mettre la main à la poche s'il savait quelqu'un dans le besoin.
A suivre ...
Dernière édition par Jungleland le Mar 27 Jan 2009 - 17:08, édité 1 fois
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Re: [biographie] Stevie Ray Vaughan
La suite de la story ...
Stephen Ray qui a grandi à Oak Cliff (banlieue de Dallas), disait de ce quartier : Ce n'était pas un quartier huppé, mais il y avait une véritable tradition musicale puisque Charlie Christian - Freddy King & T-Bone Walker venaient de là & que Leadbelly y avait résidé.
Jimmie (né lui aussi à Dallas 3 ans plus tôt), exerce une énorme influence sur son cadet en faisant partie de bands amateurs de blues/rock alors que Stevie est encore à l'école élémentaire & en ramenant à la maison des disques des 3 Kings ainsi que du Jimmy Reed, Albert Collins, Muddy Waters, Howlin' Wolf, Little Walter, Slim Harpo, T-Bone Walker, mais également des jazzmen tels que Charlie Christian, Django Reinhardt, Kenny Burrell ou de rockers comme Chuck Berry, Little Richard & Larry Williams.
"Au début, raconte Jimmie, Stevie me fauchait tout le temps mes disques dès que j'avais le dos tourné. Sinon mes parents le surveillaient de près car ils voulaient qu'il termine ses études, qu'il ne suive pas mon exemple ... j'avais quitté le domicile familial à 16 ans."
Les premiers vinyles que Stevie achète pour sa part sont des Albert king & l'instrumental "Wham" par Lonnie Mack qu'il apprend note par note.
"A la maison, poursuit Jimmie, plus personne ne pouvait supporter "Wham" car pendant des semaines il l'a passé sans arrêt, souvent en 33 tours pour disséquer chaque note. C'est surtout mon père qui a craqué. Papa est allé dans la chambre de mon frère pour casser son 45 tours. Quand Stevie s'en est aperçu, il est sorti s'en acheter un autre exemplaire."
Lorsque Stevie a du mal à jouer un morceau sur sa guitare, il l'apprend en le chantant. ces enregistrements vont bientôt lui permettre de façonner son style, & autant dire de le déconcentrer de ses études.
A suivre ...
Stephen Ray qui a grandi à Oak Cliff (banlieue de Dallas), disait de ce quartier : Ce n'était pas un quartier huppé, mais il y avait une véritable tradition musicale puisque Charlie Christian - Freddy King & T-Bone Walker venaient de là & que Leadbelly y avait résidé.
Jimmie (né lui aussi à Dallas 3 ans plus tôt), exerce une énorme influence sur son cadet en faisant partie de bands amateurs de blues/rock alors que Stevie est encore à l'école élémentaire & en ramenant à la maison des disques des 3 Kings ainsi que du Jimmy Reed, Albert Collins, Muddy Waters, Howlin' Wolf, Little Walter, Slim Harpo, T-Bone Walker, mais également des jazzmen tels que Charlie Christian, Django Reinhardt, Kenny Burrell ou de rockers comme Chuck Berry, Little Richard & Larry Williams.
"Au début, raconte Jimmie, Stevie me fauchait tout le temps mes disques dès que j'avais le dos tourné. Sinon mes parents le surveillaient de près car ils voulaient qu'il termine ses études, qu'il ne suive pas mon exemple ... j'avais quitté le domicile familial à 16 ans."
Les premiers vinyles que Stevie achète pour sa part sont des Albert king & l'instrumental "Wham" par Lonnie Mack qu'il apprend note par note.
"A la maison, poursuit Jimmie, plus personne ne pouvait supporter "Wham" car pendant des semaines il l'a passé sans arrêt, souvent en 33 tours pour disséquer chaque note. C'est surtout mon père qui a craqué. Papa est allé dans la chambre de mon frère pour casser son 45 tours. Quand Stevie s'en est aperçu, il est sorti s'en acheter un autre exemplaire."
Lorsque Stevie a du mal à jouer un morceau sur sa guitare, il l'apprend en le chantant. ces enregistrements vont bientôt lui permettre de façonner son style, & autant dire de le déconcentrer de ses études.
A suivre ...
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Re: [biographie] Stevie Ray Vaughan
Génie précoce & premières armes
Stephen Ray n'a pas 9 ans lorqu'il empoigne sa première guitare en 1963.
"J'avais envie de jouer de la batterie mais je n'avais pas de batterie ! (sic)...
J'étais également tenté par le saxophone. Seulement tout ce que j'ai été capable de tirer d'un saxophone, ce ne sont que quelques couinements...
Comme Jimmie maniait déjà bien la six-cordes, j'ai eu envie d'essayer de m'y mettre à mon tour.
Rapidement, je me suis rendu compte que c'était l'instrument qui me convenait."
Alors que s'achève 1968, Stevie fait partie de Meat, un petit combo qui reprend tout le premier album de Led Zeppelin. Il lui arrive parfois de prendre la basse dans Storm, le groupe de son aîné & du batteur-chanteur Doyle Bramhall, notamment lorsque le titulaire du poste est jeté en prison !
Doyle Bramhall (dont on raconte que les filles s'évanouissaient lorsqu'il interprétait Georgia On My Mind à la façon de Ray Charles) est le premier à repèrer le talent de Stevie.
"Entre 1965 & 1967, j'ai fait partie des Chessmen avec Jimmie Vaughan. Un jour où j'allais le chercher chez lui, j'ai entendu une prodigieuse version de Jeff's Boogie qui venait d'une chambre. C'était Stevie. il était assis sur son lit avec sa guitare. Il devait avoir 11 ou 12 ans."
C'est l'époque où le jeune Vaughan travaille à la plonge pour s'offrir ses disques & ses accessoires de guitare. En 69/70, on le retrouve dans Liberation, un big band avec cuivres orientés vers le jazz-rock, interprétant des morceaux de Blood Sweat & Tears, Chicago Transit Authority, Paul Butterfield, & brièvement au sein du Cast Of Thousands, qu'on pourra entendre avec lui sur A New Hi, une compilation de jeunes Garage Bands de Dallas publiée en 1971.
Courant 1970, il opte finalement pour ce qu'il consière comme son premier véritable orchestre, Balckbird, un ensemble R&B avec le chanteur de couleur Christian Picque (dont les membres n'arrêtent pas de changer) sur les traces de Hank Ballard & The Midnighters et Johnny & The G-Men avant de virer vers Cream & Jimi Hendrix.
"Stevie , se souvient Christian Picque, ne savait pas chanter à ce moment-là. Il avait le trac de prendre le micro. Seule sa guitare lui donnait de la contenance. Le monde lui appartenait lorsqu'il avait sa gratte entre les mains. Ainsi, à nous deux, on faisait Hendrix. J'étais la voix, lui, la guitare."
Stevie pour sa part racontait : "Blackbird, bien que jouant au départ de la musique noire, passait dans des clubs pour blancs. Entre 2 sets, je filais discrètement écouter du blues dans les boîtes destinées aux noirs."
Il prend son pied en écoutant des artistes loacaux comme Big Boy & The Arrows ainsi que des artistes établis tels Bobby Blue Bland avec Wayne Bennett et Howlin' Wolf avec Hubert Sumlin.
C'est à cette période que Jimmie constate les progrès accomplis par le petit frangin :
"Quand j'ai entendu Stevie avec Blackbird, j'ai réalisé qu'il était devenu un guitariste exceptionnel. Il m'a donné une leçon de feeling !"
A suivre ...
Stephen Ray n'a pas 9 ans lorqu'il empoigne sa première guitare en 1963.
"J'avais envie de jouer de la batterie mais je n'avais pas de batterie ! (sic)...
J'étais également tenté par le saxophone. Seulement tout ce que j'ai été capable de tirer d'un saxophone, ce ne sont que quelques couinements...
Comme Jimmie maniait déjà bien la six-cordes, j'ai eu envie d'essayer de m'y mettre à mon tour.
Rapidement, je me suis rendu compte que c'était l'instrument qui me convenait."
Alors que s'achève 1968, Stevie fait partie de Meat, un petit combo qui reprend tout le premier album de Led Zeppelin. Il lui arrive parfois de prendre la basse dans Storm, le groupe de son aîné & du batteur-chanteur Doyle Bramhall, notamment lorsque le titulaire du poste est jeté en prison !
Doyle Bramhall (dont on raconte que les filles s'évanouissaient lorsqu'il interprétait Georgia On My Mind à la façon de Ray Charles) est le premier à repèrer le talent de Stevie.
"Entre 1965 & 1967, j'ai fait partie des Chessmen avec Jimmie Vaughan. Un jour où j'allais le chercher chez lui, j'ai entendu une prodigieuse version de Jeff's Boogie qui venait d'une chambre. C'était Stevie. il était assis sur son lit avec sa guitare. Il devait avoir 11 ou 12 ans."
C'est l'époque où le jeune Vaughan travaille à la plonge pour s'offrir ses disques & ses accessoires de guitare. En 69/70, on le retrouve dans Liberation, un big band avec cuivres orientés vers le jazz-rock, interprétant des morceaux de Blood Sweat & Tears, Chicago Transit Authority, Paul Butterfield, & brièvement au sein du Cast Of Thousands, qu'on pourra entendre avec lui sur A New Hi, une compilation de jeunes Garage Bands de Dallas publiée en 1971.
Courant 1970, il opte finalement pour ce qu'il consière comme son premier véritable orchestre, Balckbird, un ensemble R&B avec le chanteur de couleur Christian Picque (dont les membres n'arrêtent pas de changer) sur les traces de Hank Ballard & The Midnighters et Johnny & The G-Men avant de virer vers Cream & Jimi Hendrix.
"Stevie , se souvient Christian Picque, ne savait pas chanter à ce moment-là. Il avait le trac de prendre le micro. Seule sa guitare lui donnait de la contenance. Le monde lui appartenait lorsqu'il avait sa gratte entre les mains. Ainsi, à nous deux, on faisait Hendrix. J'étais la voix, lui, la guitare."
Stevie pour sa part racontait : "Blackbird, bien que jouant au départ de la musique noire, passait dans des clubs pour blancs. Entre 2 sets, je filais discrètement écouter du blues dans les boîtes destinées aux noirs."
Il prend son pied en écoutant des artistes loacaux comme Big Boy & The Arrows ainsi que des artistes établis tels Bobby Blue Bland avec Wayne Bennett et Howlin' Wolf avec Hubert Sumlin.
C'est à cette période que Jimmie constate les progrès accomplis par le petit frangin :
"Quand j'ai entendu Stevie avec Blackbird, j'ai réalisé qu'il était devenu un guitariste exceptionnel. Il m'a donné une leçon de feeling !"
A suivre ...
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Re: [biographie] Stevie Ray Vaughan
Austin ou faillite !

Fin 1969, Jimmie Vaughan émigre à Austin, ville où la scène blues bourgeonne & plus précisément à la Vulcan Gas Company, site de l'enregistrement par Johnny Winter de son album Progressive Blues Experiment , l'année précédente.
A l'époque à Dallas, les orchestres ont du mal à trouver des engagements s'ils ne reprennent pas les tubes du moment, d'où un exode vers Austin des puristes du blues, ce style y étant mieux accepté tout comme les compositions originales.
A la fin des vacances de Noël 1971, Stevie décide à 17 ans de laisser tomber sa dernière année de lycée au grand désarroi de ses parents, qui ont déjà vécu pas mal de moments d'inquiétude depuis le départ de leur aîné. De toutes façons, il ne faut pas se voiler la face : Stevie n'a jamais été un bon élève. Généralement, il s'asseyait au fond la classe où il somnolait éreinté qu'il était par des nuits passées à jouer de la musique.
Pour Stevie, Dallas est une ville sans âme. Ainsi, lors d'un hiver rigoureux rejoint-il Austin avec Blackbird, où le blues et le R&B sont en train de supplanter comme styles dominants la musique country des Waylon Jennings & autres Willie Nelson.
Stevie s'installe dans le Rolling Hills Country Club, tenu par l'un de ses copains, le hippie Alex Napier, qui lui permet de dormir sur... la scène, le billard ou à même le plancher.
"Ce fut l'une des plus belle périodes de ma vie, disait-il. A Austin, on pouvait jouer notre musique sans se plier aux directives d'un directeur de boîte."
Il est vrai qu'à Austin, Stevie a enfin la possibilité de s'entraîner sur sa 6 cordes toute la journée, de hanter des nuits entières des boîtes où il croise des de jolies filles. Il sympathise aussi avec Krackerjack, une formation comprenant le bassiste Tommy Shannon (né sous le nom de Smedley) & le batteur Uncle Jonh Turner (né en 1930), autrement dit la rythmique de Johnny Winter entre 1968 & 1970.
"J'avais déjà rencontré Stevie, a souvent répété Shannon, au Frog, un club de Dallas.
La coïncidence veut que ce soit aussi là que j'ai fait la connaissance de Johnny Winter ... Je marchais dans la rue & soudain j'ai entendu ce magnifique guitariste. Quand je suis entré dans cette boîte, j'ai été surpris de voir ce petit gosse de 14 ans. C'était Stevie ..."
Peu après, Stevie remplace dans Krackerjack le guitariste Jesse Taylor, & son copain Roddy Colonna, Uncle John Turner.
A suivre... Feel Like A King ...

Fin 1969, Jimmie Vaughan émigre à Austin, ville où la scène blues bourgeonne & plus précisément à la Vulcan Gas Company, site de l'enregistrement par Johnny Winter de son album Progressive Blues Experiment , l'année précédente.
A l'époque à Dallas, les orchestres ont du mal à trouver des engagements s'ils ne reprennent pas les tubes du moment, d'où un exode vers Austin des puristes du blues, ce style y étant mieux accepté tout comme les compositions originales.
A la fin des vacances de Noël 1971, Stevie décide à 17 ans de laisser tomber sa dernière année de lycée au grand désarroi de ses parents, qui ont déjà vécu pas mal de moments d'inquiétude depuis le départ de leur aîné. De toutes façons, il ne faut pas se voiler la face : Stevie n'a jamais été un bon élève. Généralement, il s'asseyait au fond la classe où il somnolait éreinté qu'il était par des nuits passées à jouer de la musique.
Pour Stevie, Dallas est une ville sans âme. Ainsi, lors d'un hiver rigoureux rejoint-il Austin avec Blackbird, où le blues et le R&B sont en train de supplanter comme styles dominants la musique country des Waylon Jennings & autres Willie Nelson.
Stevie s'installe dans le Rolling Hills Country Club, tenu par l'un de ses copains, le hippie Alex Napier, qui lui permet de dormir sur... la scène, le billard ou à même le plancher.
"Ce fut l'une des plus belle périodes de ma vie, disait-il. A Austin, on pouvait jouer notre musique sans se plier aux directives d'un directeur de boîte."
Il est vrai qu'à Austin, Stevie a enfin la possibilité de s'entraîner sur sa 6 cordes toute la journée, de hanter des nuits entières des boîtes où il croise des de jolies filles. Il sympathise aussi avec Krackerjack, une formation comprenant le bassiste Tommy Shannon (né sous le nom de Smedley) & le batteur Uncle Jonh Turner (né en 1930), autrement dit la rythmique de Johnny Winter entre 1968 & 1970.
"J'avais déjà rencontré Stevie, a souvent répété Shannon, au Frog, un club de Dallas.
La coïncidence veut que ce soit aussi là que j'ai fait la connaissance de Johnny Winter ... Je marchais dans la rue & soudain j'ai entendu ce magnifique guitariste. Quand je suis entré dans cette boîte, j'ai été surpris de voir ce petit gosse de 14 ans. C'était Stevie ..."
Peu après, Stevie remplace dans Krackerjack le guitariste Jesse Taylor, & son copain Roddy Colonna, Uncle John Turner.
A suivre... Feel Like A King ...
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Re: [biographie] Stevie Ray Vaughan
Fell Like A King

Début 1973, Marc Benno, guitariste-pianiste de Dallas Est, qui publié deux albums avec Leon Russel en tant qu' Asylum Choir, demande à Stevie de faire partie de son orchestre, les Nightcrawlers, dont sont membres l'harmoniciste-chanteur Drew Pennington, le bassiste Keith Ferguson & le batteur Doyle Bramhall.
Avec Marc Benno & les Nightcrawlers, il se produit tous les mardis au One Knite, minuscule bar qui n'en est pas moins l'un des lieux les plus animés de la vie nocturne d'Austin.
Le lundi, on peut également y voir Jimmie avec Texas Storm, le mercredi, Southern Feeling avec W.C. Clarke, le jeudi, Otis Lewis & the Cotton Kings, et le week-end, des orchestres folk & country.
Lors d'un gig au One Knite, Stevie entend dire qu'Albert King est annoncé pas loin, à l'Amarillo en remplacement de Bobby Bland souffrant.
"Après un bref set, confiait-il avec émotion, j'ai dit au micro : Mesdames & Messieurs, je ne sais pas ce qu'il en est de vous, mais moi je pars voir Albert King & vous devriez en faire autant...
Alors j'ai débarrassé mon matériel & je suis parti. Quand je suis arrivé à l'Amarillo, il n' y avait guère plus de 70 personnes, si bien que j'ai pu prendre place tout près de la scène. Je n'ai pas détaché mes yeux d'Albert King ... Au beau milieu de son tour de chant, Albert a pris son pied de micro, s'est avancé & l'a planté devant moi. Ainsi, tout le reste de la soirée a-t-il chanté pour moi, alors qu'il ne me connaissait ni d'Eve, ni d'Adam. A la fin, il m'a tendu sa guitare & m'a serré la main. J'étais abasourdi !"
Quelques années plus tard, Stevie réalisera son rêve chez Antone's en faisant un long boeuf avec Albert.
En attendant, avec les Nightcrawlers, il assure aussi des levers de rideau du J.Geils Band & de Humble Pie. sur scène, Doyle Bramhall chante des titres tels Grits Ain't No Groceries de Little Willie John et Boom, Boom Out Go The lights de Little Walter.
En avril 1973, la firme de disques A&M envoie le groupe enregistrer à Los Angeles (c'est pendant ces séances que Stevie compose avec Doyle Dirty Pool, plus tard sur le 33 tours Texas Flood).
Les 8 plages mises en boîtes au studio Sunset Sound déplaisent à Jerry Moss, le directeur de l'A&M si bien qu'elles ne voient pas le jour. Déçu par cette tentative avortée, Benno décide de rester en californie, alors que Stevie & Doyle poursuivent les Nightcrawlers.
Bill Ham, le manager de ZZ Top les prend en main, leur assure des contrats dans le Sud des States, jusqu'au jour de fin 1974 où - une fois de plus - ils se retrouvent avec un concert annulé & sans le sou, si bien que le combo est dissous.
Les Nightcrawlers sans Marc Benno ont enregistré un album, qui lui aussi n'est pas sorti.
Bill Ham ne désirait pas qu'ils fassent de l'ombre à ZZ Top.
Une sombre affaire pour Stevie.
A suivre ... Le Signe Du Cobra ...

Début 1973, Marc Benno, guitariste-pianiste de Dallas Est, qui publié deux albums avec Leon Russel en tant qu' Asylum Choir, demande à Stevie de faire partie de son orchestre, les Nightcrawlers, dont sont membres l'harmoniciste-chanteur Drew Pennington, le bassiste Keith Ferguson & le batteur Doyle Bramhall.
Avec Marc Benno & les Nightcrawlers, il se produit tous les mardis au One Knite, minuscule bar qui n'en est pas moins l'un des lieux les plus animés de la vie nocturne d'Austin.
Le lundi, on peut également y voir Jimmie avec Texas Storm, le mercredi, Southern Feeling avec W.C. Clarke, le jeudi, Otis Lewis & the Cotton Kings, et le week-end, des orchestres folk & country.
Lors d'un gig au One Knite, Stevie entend dire qu'Albert King est annoncé pas loin, à l'Amarillo en remplacement de Bobby Bland souffrant.
"Après un bref set, confiait-il avec émotion, j'ai dit au micro : Mesdames & Messieurs, je ne sais pas ce qu'il en est de vous, mais moi je pars voir Albert King & vous devriez en faire autant...
Alors j'ai débarrassé mon matériel & je suis parti. Quand je suis arrivé à l'Amarillo, il n' y avait guère plus de 70 personnes, si bien que j'ai pu prendre place tout près de la scène. Je n'ai pas détaché mes yeux d'Albert King ... Au beau milieu de son tour de chant, Albert a pris son pied de micro, s'est avancé & l'a planté devant moi. Ainsi, tout le reste de la soirée a-t-il chanté pour moi, alors qu'il ne me connaissait ni d'Eve, ni d'Adam. A la fin, il m'a tendu sa guitare & m'a serré la main. J'étais abasourdi !"
Quelques années plus tard, Stevie réalisera son rêve chez Antone's en faisant un long boeuf avec Albert.
En attendant, avec les Nightcrawlers, il assure aussi des levers de rideau du J.Geils Band & de Humble Pie. sur scène, Doyle Bramhall chante des titres tels Grits Ain't No Groceries de Little Willie John et Boom, Boom Out Go The lights de Little Walter.
En avril 1973, la firme de disques A&M envoie le groupe enregistrer à Los Angeles (c'est pendant ces séances que Stevie compose avec Doyle Dirty Pool, plus tard sur le 33 tours Texas Flood).
Les 8 plages mises en boîtes au studio Sunset Sound déplaisent à Jerry Moss, le directeur de l'A&M si bien qu'elles ne voient pas le jour. Déçu par cette tentative avortée, Benno décide de rester en californie, alors que Stevie & Doyle poursuivent les Nightcrawlers.
Bill Ham, le manager de ZZ Top les prend en main, leur assure des contrats dans le Sud des States, jusqu'au jour de fin 1974 où - une fois de plus - ils se retrouvent avec un concert annulé & sans le sou, si bien que le combo est dissous.
Les Nightcrawlers sans Marc Benno ont enregistré un album, qui lui aussi n'est pas sorti.
Bill Ham ne désirait pas qu'ils fassent de l'ombre à ZZ Top.
Une sombre affaire pour Stevie.
A suivre ... Le Signe Du Cobra ...
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Re: [biographie] Stevie Ray Vaughan
Lenny
Surnommée ainsi d'après l'ex-femme de Stevie, Lenny est une Stratocaster de 1964 que Stevie dénicha dans une Panwshop d'Oak Cliff mais qu'il ne pouvait pas se payer. C'est donc sa femme & le roadie Byron Barr qui achetèrent la guitare en secret pour l'offrir à Stevie à l'occasion de son anniversaire.
Lenora (vrai prénom de la femme à Stevie) se chargea de collecter des fonds auprès d'amis de Stevie pour rembourser Byron mais ne put réunir assez d'argent.
Finalement, c'est Stevie qui acheva de rembourser avec de l'argent liquide et un blouson de cuir !
A l'origine, "Lenny" était équipée d'un manche palissandre assez fin, mais qui fut vite remplacé par un manche Maple offert par Billy Gibbons.
Stevie conserva le vibrato et les micros d'origine et monta des cordes plus légères.
Stevie utilisait couramment "Lenny" pour jouer des morceaux tranquilles et jazzy comme Lenny justement ou Riviera Paradise.
La nuit suivant sa soirée d'anniversaire, Stevie composa donc ce morceau. Lenora se souvient que dès le lendemain matin, lorsqu'elle se réveilla, il était assis au bord du lit avec la guitare. Il lui dit "écoute ça" et joua cette ballade fraîchement écrite dans la nuit. Il lui dédia cette fameuse chanson qui portera à jamais son nom. Le morceau Lenny s'avéra par la suite être l'un des titres phares de SRV qu'il ne joua que sur l'instrument sur lequel il l'avait composé.

Surnommée ainsi d'après l'ex-femme de Stevie, Lenny est une Stratocaster de 1964 que Stevie dénicha dans une Panwshop d'Oak Cliff mais qu'il ne pouvait pas se payer. C'est donc sa femme & le roadie Byron Barr qui achetèrent la guitare en secret pour l'offrir à Stevie à l'occasion de son anniversaire.
Lenora (vrai prénom de la femme à Stevie) se chargea de collecter des fonds auprès d'amis de Stevie pour rembourser Byron mais ne put réunir assez d'argent.
Finalement, c'est Stevie qui acheva de rembourser avec de l'argent liquide et un blouson de cuir !
A l'origine, "Lenny" était équipée d'un manche palissandre assez fin, mais qui fut vite remplacé par un manche Maple offert par Billy Gibbons.
Stevie conserva le vibrato et les micros d'origine et monta des cordes plus légères.
Stevie utilisait couramment "Lenny" pour jouer des morceaux tranquilles et jazzy comme Lenny justement ou Riviera Paradise.
La nuit suivant sa soirée d'anniversaire, Stevie composa donc ce morceau. Lenora se souvient que dès le lendemain matin, lorsqu'elle se réveilla, il était assis au bord du lit avec la guitare. Il lui dit "écoute ça" et joua cette ballade fraîchement écrite dans la nuit. Il lui dédia cette fameuse chanson qui portera à jamais son nom. Le morceau Lenny s'avéra par la suite être l'un des titres phares de SRV qu'il ne joua que sur l'instrument sur lequel il l'avait composé.

Dernière édition par Jungleland le Ven 30 Jan 2009 - 9:47, édité 1 fois
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Re: [biographie] Stevie Ray Vaughan
Le Signe du Cobra
Toutefois, Stevie ne restera pas longtemps inactif. Dès que le chanteur Paul Ray apprend qu'il est libre, il fait appel à lui pour rejoindre Les Cobras au sein desquels il partage les guitares avec Denny Freeman.
Avec ce flamboyant tandem, & surtout son plus jeune élément, la réputation des Cobras progresse solidement & les supporters se multiplient.
Durant son séjour chez Les Cobras est enregistré un 45 tours, commercialisé uniquement localement . Sur une face figure Texas Clover, où Freeman tient la guitare solo, sur l'autre, Other Days, où c'est Stevie. Sur scène Paul Ray interprète des classiques de la musique soul tels Turn On Your Lovelight de Bobby Bland, In The Midnight Hour de Wilson Pickett & Harlem Shuffle, créé en 1964 par Bob & Earl.
Le leader des Cobras se souvient que Vaughan a joué pour la 1ère fois avec son band au terme de 1974, lors de la nuit de la Saint-Sylvestre : "Mais, lui comme son frère Jimmie, je les connaissais déjà lorsque nous étions mômes à Dallas. J'ai même vu Stevie en tant que bassiste dans l'orchestre de Jimmie alors qu'il n'avait que 14 ans. Toujours est-il que j'ai été heureux de l'avoir avec moi dans Les Cobras, qui plus est, durant plus de 2 ans."
C'est alors qu'il partie des Cobras que se sentant un peu plus à l'aise avec son public, Stevie se met au chant, son frère lui ayant dit que lorsqu'on est chanteur, on est le patron & on peut imposer le choix du répertoire.
Ainsi assure-t-il par exemple le vocal sur la cover des Cobras du Goin' Down de Freddy King.
Seulement, il chante souvent tête baissée, étant donné le peu de confiance qu'il a en sa voix.

A suivre ... Chez Antone's...
Toutefois, Stevie ne restera pas longtemps inactif. Dès que le chanteur Paul Ray apprend qu'il est libre, il fait appel à lui pour rejoindre Les Cobras au sein desquels il partage les guitares avec Denny Freeman.
Avec ce flamboyant tandem, & surtout son plus jeune élément, la réputation des Cobras progresse solidement & les supporters se multiplient.
Durant son séjour chez Les Cobras est enregistré un 45 tours, commercialisé uniquement localement . Sur une face figure Texas Clover, où Freeman tient la guitare solo, sur l'autre, Other Days, où c'est Stevie. Sur scène Paul Ray interprète des classiques de la musique soul tels Turn On Your Lovelight de Bobby Bland, In The Midnight Hour de Wilson Pickett & Harlem Shuffle, créé en 1964 par Bob & Earl.
Le leader des Cobras se souvient que Vaughan a joué pour la 1ère fois avec son band au terme de 1974, lors de la nuit de la Saint-Sylvestre : "Mais, lui comme son frère Jimmie, je les connaissais déjà lorsque nous étions mômes à Dallas. J'ai même vu Stevie en tant que bassiste dans l'orchestre de Jimmie alors qu'il n'avait que 14 ans. Toujours est-il que j'ai été heureux de l'avoir avec moi dans Les Cobras, qui plus est, durant plus de 2 ans."
C'est alors qu'il partie des Cobras que se sentant un peu plus à l'aise avec son public, Stevie se met au chant, son frère lui ayant dit que lorsqu'on est chanteur, on est le patron & on peut imposer le choix du répertoire.
Ainsi assure-t-il par exemple le vocal sur la cover des Cobras du Goin' Down de Freddy King.
Seulement, il chante souvent tête baissée, étant donné le peu de confiance qu'il a en sa voix.

A suivre ... Chez Antone's...
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Re: [biographie] Stevie Ray Vaughan
Chez Antone's

1975 est une année primordiale car elle voit la naissance du club Antone's de Clifford Antone, un collectioneur de blues.
Antone's est inauguré le 15/07 avec en attraction Clifton Chenier. C'est dans cette sorte de havre pour les passionnés de blues d'Austin que font leurs débuts Les Fabulous Thunderbirds de Jimmie Vaughan, qui en devient l'orchestre-maison.
Outre leurs propres sets, ils accompagnent des bluesmen tels James Cotton , Junior Wells, Buddy Guy, Sunnyland Slim ou Jimmy Reed à cette occasion de nouveau associé à Eddie Taylor.
Qualifié par certains de meilleur band blanc de blues et R&B, Les Fab T-Birds sont dorénavant la nouvelle formation de Jimmie qui fait suite à Storm qu'avait rejoint en 1969 le blues/shouter Paul Ray.
La première mouture des Fab T-Birds comprend Jimmie (guitare), Keith Ferguson en provenance de Houston (basse), Andy Miller (batterie), & kim Wilson, né à Houston qui a traîné ses guêtres en Californie, un harmoniciste jouant dans la tradition de Little Walter, qui va composer énormément de morceaux pour le groupe.
Ils sont bientôt rejoints par la chanteuse Lou Ann Barton (surnommée Thunderbroad). Cette dernière ne s'entendant pas avec Wilson sera congédiée à la veille de la première tournée sur la côte Est de la formation.
En 1978, Les T-Birds s'installent tous les lundis soirs à la Rome Inn, boîte plus grande qu'Antone's.
L'année suivante, ils signent pour la firme Takoma Records qui publie son premier album sans grand succès, (Mike Buck de Fort Worth a remplacé Andy Miller à la batterie).
Girls Go Wild et leur second 33 tours What's The World seront réédités sous la forme d'un unique CD en 1993 par la firme anglaise BGO.
En 1981 leur opus Butt Rockin' est plébiscité par des artistes tels Eric Clapton, Tom Petty & Les Stones.
Sur les conseils de Stevie en 1985, Epic publie le 33 t des T-Birds, Tuff Enough, produit par le chanteur-musicien gallois Dave Edmunds qui cartonne.
A suivre ... Little Niger...

1975 est une année primordiale car elle voit la naissance du club Antone's de Clifford Antone, un collectioneur de blues.
Antone's est inauguré le 15/07 avec en attraction Clifton Chenier. C'est dans cette sorte de havre pour les passionnés de blues d'Austin que font leurs débuts Les Fabulous Thunderbirds de Jimmie Vaughan, qui en devient l'orchestre-maison.
Outre leurs propres sets, ils accompagnent des bluesmen tels James Cotton , Junior Wells, Buddy Guy, Sunnyland Slim ou Jimmy Reed à cette occasion de nouveau associé à Eddie Taylor.
Qualifié par certains de meilleur band blanc de blues et R&B, Les Fab T-Birds sont dorénavant la nouvelle formation de Jimmie qui fait suite à Storm qu'avait rejoint en 1969 le blues/shouter Paul Ray.
La première mouture des Fab T-Birds comprend Jimmie (guitare), Keith Ferguson en provenance de Houston (basse), Andy Miller (batterie), & kim Wilson, né à Houston qui a traîné ses guêtres en Californie, un harmoniciste jouant dans la tradition de Little Walter, qui va composer énormément de morceaux pour le groupe.
Ils sont bientôt rejoints par la chanteuse Lou Ann Barton (surnommée Thunderbroad). Cette dernière ne s'entendant pas avec Wilson sera congédiée à la veille de la première tournée sur la côte Est de la formation.
En 1978, Les T-Birds s'installent tous les lundis soirs à la Rome Inn, boîte plus grande qu'Antone's.
L'année suivante, ils signent pour la firme Takoma Records qui publie son premier album sans grand succès, (Mike Buck de Fort Worth a remplacé Andy Miller à la batterie).
Girls Go Wild et leur second 33 tours What's The World seront réédités sous la forme d'un unique CD en 1993 par la firme anglaise BGO.
En 1981 leur opus Butt Rockin' est plébiscité par des artistes tels Eric Clapton, Tom Petty & Les Stones.
Sur les conseils de Stevie en 1985, Epic publie le 33 t des T-Birds, Tuff Enough, produit par le chanteur-musicien gallois Dave Edmunds qui cartonne.
A suivre ... Little Niger...
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